
Depuis son retour en grâce avec les Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio et Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio, la signature mécanique d’Alfa Romeo repose sur un moteur devenu emblématique : le V6 2.9L biturbo. Un moteur d’origine italienne, aujourd’hui étroitement lié à Maserati avec le moteur V6 Nettuno. Mais à l’heure où les normes évoluent, où l’électrification s’impose, et où Stellantis rebat les cartes de sa stratégie industrielle, une question revient avec insistance : quel moteur pour les futures Quadrifoglio ?
D’une promesse électrique à un retour au thermique électrifié
Il y a encore quelques années, la direction d’Alfa Romeo annonçait une bascule totale vers le 100 % électrique pour ses modèles hautes performances. Une vision radicale, aujourd’hui clairement nuancée. Le contexte économique, les attentes des clients et la réalité du marché ont poussé la marque à revoir sa copie. Les futures générations de Giulia et Stelvio, attendues autour de 2028, devraient bien proposer des versions électriques… mais aussi des déclinaisons thermiques hybrides. Les badges Quadrifoglio pourraient donc survivre grâce à des motorisations électrifiées, à l’image des futures versions Trofeo chez Maserati. Reste à savoir lesquelles.
Le scénario naturel : la continuité du V6 italien
Si l’on suit une logique de marque et d’image, la réponse semble presque évidente. Le rapprochement entre Alfa Romeo et Maserati change la donne. Les deux marques pourront potentiellement partager des bases techniques communes. Dans ce contexte, prolonger la vie du V6 italien apparaît comme une évidence.

Difficile, en effet, d’imaginer une Maserati Trofeo propulsée par un moteur d’origine américaine comme le 6 cylindres en ligne GME. Et si Maserati conserve un V6 italien, Alfa Romeo pourrait logiquement suivre cette voie pour ses Quadrifoglio. Au-delà de la technique, c’est une question d’identité. Une Alfa Romeo hautes performances équipée d’un V6 italien électrifié aurait une force marketing bien supérieure. L’histoire, la sonorité, le caractère : tout plaide en faveur de cette solution.
L’alternative crédible : le 6 cylindres en ligne américain
Pourtant, une autre option existe. Plus rationnelle, plus industrielle : celle du 6 cylindres en ligne GME, surnommé Hurricane. Développé initialement par FCA avant la fusion avec PSA, ce moteur 3.0L est déjà une réalité aux États-Unis. Il équipe notamment certains modèles Jeep avec des puissances allant jusqu’à 510 ch et 780 Nm dans sa version la plus performante.

Sur le papier, il coche de nombreuses cases. Compatible avec l’hybridation, puissant, moderne, et surtout déjà intégré dans l’écosystème Stellantis, il pourrait s’adapter de futures Alfa Romeo. D’autant que la marque utilise déjà le 4 cylindres GME. Passer au 6 cylindres en ligne de la même famille aurait du sens d’un point de vue technique et industriel.
Mais ce scénario soulève plusieurs limites. La principale étant géographique : ce moteur est aujourd’hui produit au Mexique. Pour l’intégrer aux modèles européens, il faudrait lancer une production sur le Vieux Continent. Un investissement lourd, qui n’aurait de sens que s’il est mutualisé avec d’autres marques du groupe (pourquoi pas Lancia !).
Une question de philosophie plus que de technique
Au fond, le choix ne sera pas uniquement technique. Il sera presque philosophique. Alfa Romeo doit décider ce qu’elle veut être dans les années à venir. Une marque profondément italienne avec une identité mécanique forte ? Ou une marque intégrée dans une logique globale Stellantis, où la rationalisation prime sur l’émotion ?
Le 6 cylindres en ligne américain est une solution crédible. Performant, moderne, et déjà amorti, il pourrait parfaitement répondre aux exigences des futures normes. Mais il manque peut-être l’essentiel pour une Quadrifoglio : l’âme. Si l’hypothèse du 6 cylindres en ligne américain n’est pas à exclure, elle ne semble pas la plus évidente. Une Alfa Romeo Quadrifoglio se vend autant pour ses performances que pour ce qu’elle représente. Et sur ce point, un V6 italien électrifié, partagé avec Maserati, reste une proposition bien plus cohérente.
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On peut pas dire que le L6 soit américain, même si comme le V6 F160 il est produit là bas, c’est bien une conception 100% européenne.
Dans son ADN il est européen par le GME L4 mais quand même, le L6 a été conçu par FCA US, produit au Mexique, commercialisé en Amérique du Nord.