Le Junior sauve Alfa Romeo… mais le Tonale s’effondre malgré son restylage

Après une année 2025 marquée par un léger progès avec un retour autour des 70 000 immatriculations, Alfa Romeo entame 2026 avec une question simple : la dynamique est-elle enfin enclenchée… ou déjà en train de s’essouffler ? Les chiffres du premier trimestre apportent une réponse assez nette. Si le Junior tient bon, le reste de la gamme inquiète sérieusement, à commencer par le Tonale.

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Un début d’année en recul sur les marchés clés

Le constat est globalement négatif sur les principaux marchés européens. En Italie, premier pays de la marque, le recul est de 13 % avec 7 383 immatriculations contre 8 500 un an plus tôt. Une baisse loin d’être anodine, surtout quand on regarde le détail : le Junior représente à lui seul 4 380 unités, soit l’écrasante majorité des volumes.

Le plus frappant reste l’absence du Tonale (et sans surprise des Giulia et Stelvio) du top 50 des ventes. Un an plus tôt, le Tonale pesait encore plus de 3 000 immatriculations sur la même période. La chute est donc brutale, et elle explique à elle seule la baisse globale du marché italien.

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Même tendance en France, désormais deuxième marché mondial d’Alfa Romeo. Avec 1 604 immatriculations au premier trimestre contre 2 088 en 2025, la baisse atteint 23 %. Là encore, le Junior domine outrageusement avec 1 328 unités. Derrière, le Tonale tombe à 249 unités, tandis que les Giulia et Stelvio deviennent presque anecdotiques.

L’Allemagne n’échappe pas à la règle, bien au contraire. Marché historiquement important pour la marque, elle affiche une chute de 30 %, passant de 1 934 à 1 352 immatriculations. Le Junior (760 unités) limite la casse, mais le Tonale (206 unités) confirme son décrochage.

Les États-Unis, de pilier à point faible

La situation est encore plus préoccupante outre-Atlantique. Longtemps deuxième marché d’Alfa Romeo, les États-Unis continuent de s’effondrer avec une baisse de 53 % sur le trimestre. Avec seulement 919 immatriculations contre près de 2 000 un an plus tôt, la marque touche un point critique. La tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans la durée : -18 % en 2024, -36 % en 2025, et désormais -53 % en ce début 2026. En trois ans, les volumes ont été divisés par plus de deux. La question de la présence durable d’Alfa Romeo sur ce marché se pose désormais clairement pour Stellantis.

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Le Junior tient la maison… mais plafonne

Lancé en 2024, le Junior reste de très loin le modèle le plus solide de la gamme. Il domine partout : Italie, France, Allemagne, Espagne… et constitue souvent plus de 60 à 80 % des immatriculations selon les pays.

Mais après avoir porté la croissance en 2025, il semble déjà atteindre un plafond. Dans plusieurs marchés, ses volumes sont quasi identiques à ceux de l’an dernier sur la même période. Autrement dit, il ne progresse plus. Ce phénomène est classique : un lancement crée un pic, puis une stabilisation. Sauf que dans le cas d’Alfa Romeo, il n’y a aucun autre modèle capable de prendre le relais.

Le Tonale, un restylage sans effet ?

C’était l’un des enjeux de ce début d’année : le restylage du Tonale pouvait-il relancer sa carrière ? Les chiffres apportent une réponse claire : non, du moins pour l’instant.

Partout où les données sont disponibles, le SUV compact est en net recul. En Italie, il disparaît du top 50. En France et en Allemagne, ses volumes deviennent marginaux face au Junior. En Espagne, il reste derrière le Stelvio et loin du niveau attendu. Le Tonale devait être un pilier, il devient un modèle secondaire. Et sans lui, la gamme manque cruellement de profondeur.

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Quelques exceptions… mais insuffisantes

Tout n’est pas négatif pour autant. Certains marchés affichent une dynamique encourageante.

La Turquie, par exemple, progresse fortement avec 590 immatriculations contre 347 un an plus tôt, portée notamment par un excellent mois de mars. Le Japon surprend également avec 502 unités contre 224 en 2025, retrouvant des niveaux proches de 2023. Le Royaume-Uni, de son côté, reste stable avec 739 immatriculations, confirmant une amélioration déjà observée en 2025.

Mais ces bons résultats restent marginaux en volume et ne compensent pas les chutes observées sur les marchés majeurs.

Une marque toujours dépendante… et toujours bloquée

Au total, Alfa Romeo enregistre environ 15 300 immatriculations sur les marchés suivis au premier trimestre 2026, contre plus de 18 000 un an plus tôt.

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La conclusion s’inscrit dans la continuité des années précédentes. La marque reste enfermée dans une zone de stagnation structurelle. Le Junior maintient le niveau, mais ne permet plus de progresser. Le Tonale décline, et les Giulia et Stelvio ne pèsent presque plus rien dans les volumes. Plus de dix ans après, le plafond des 70 000 immatriculations annuelles semble toujours aussi difficile à briser. Et sans véritable renouvellement de gamme ou succès inattendu, 2026 pourrait bien ressembler… à toutes les années précédentes.

PaysQ1 2026Evolution
Italie7383-13%
France1604-23%
Allemagne1352-30%
Etats-Unis919-53%
Espagne743-21%
Royaume-Uni7390
Turquie59070%
Japon502124%
Pologne494-1,4%
Belgique372-24%
Autriche3600
Suisse242-3,2%
Pays-Bas227-15%
15 300-16%
Chiffres Italpassion. Merci de nous citer en source.
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