Maserati revient aux volumes qu’elle avait il y a 15 ans… comme si rien ne s’était passé

Début 2026, la situation de Maserati ne surprend plus vraiment. Elle confirme simplement, chiffres après chiffres, ce que l’on voyait venir depuis plusieurs années. Après une année 2025 conclue à seulement 7 800 voitures vendues dans le monde, le premier trimestre 2026 s’inscrit dans la continuité… avec 1 321 immatriculations sur les principaux marchés suivis par Italpassion, soit une baisse de -41 % par rapport à 2025.

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Une chute qui se poursuit, sans surprise

Dans le détail, tous les marchés ou presque sont orientés à la baisse. Les États-Unis, longtemps pilier de la marque, chutent encore de -55 %. L’Italie recule de -42 %, le Japon de -31 %, l’Allemagne de -28 %. Même des marchés habituellement solides comme l’Australie ou l’Espagne plongent. Quelques exceptions existent, comme le Royaume-Uni (+2 %) ou la Suisse (+128 %), mais elles restent marginales et ne changent rien à la tendance globale : la contraction est mondiale, uniforme, structurelle. Ce point est essentiel. Maserati ne souffre pas d’un problème localisé, ni d’un simple trou d’air produit. La marque est en difficulté partout.

PaysQ1 2026Evolution
Etats-Unis466-55%
Italie277-42%
Japon152-31%
Allemagne107-28%
Royaume-Uni1042%
Suisse66128%
Australie54-39%
Turquie33-33%
Espagne45-42%
France17-29%
Autriche3200%
Pays-Bas0-100%
Chiffres italpassion

Une trajectoire écrite depuis longtemps

Si le rythme du premier trimestre se confirme, Maserati pourrait terminer l’année 2026 entre 5 000 et 6 000 unités. Un niveau qui ramène la marque… au début des années 2010. Autrement dit, tout le cycle de croissance porté par les Quattroporte, Ghibli et Levante a été effacé. Plus de dix ans de stratégie industrielle balayés, avec en prime une image de marque fragilisée. Et pourtant, difficile de parler de surprise.

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Infographie Italpassion

Ce qui se passe aujourd’hui chez Maserati n’a rien d’un accident. C’est l’aboutissement logique de choix stratégiques discutables accumulés depuis le début de la décennie. La marque a introduit des motorisations 4 cylindres MHEV, en décalage total avec les attentes du segment luxe. Dans le même temps, elle n’a pas anticipé l’arrivée d’hybrides performants V6 ou V8 PHEV, contrairement à ses concurrents directs.

Le virage électrique avec la gamme Folgore a été tenté, mais sans véritable adéquation avec la clientèle. Miser sur une clientèle urbaine fortunée pour des modèles 100 % électriques relevait plus du pari que d’une stratégie solide.

Côté produits, le constat est tout aussi complexe. La supercar MC20 reste intéressante sur le papier, mais elle entre déjà dans sa sixième année sans évolution majeure. Le Grecale est un bon SUV, mais il manque d’une gamme réellement attractive. Quant aux nouvelles Granturismo et Grancabrio, elles se positionnent sur un segment devenu extrêmement étroit.

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2026 : l’année du reset

Dans ce contexte, 2026 apparaît comme une année charnière. Une année de transition, presque de reconstruction. L’arrivée de Jean-Philippe Imparato à la tête de la marque il y a quelques mois marque un tournant. Après avoir redressé Peugeot puis stabilisé Alfa Romeo (lancement du Tonale et du Junior), il hérite ici d’un chantier bien plus complexe.

Le message est déjà clair : le 100 % électrique ne sera pas l’unique horizon. Une remise à plat stratégique est en cours. En interne, le discours se veut volontairement positif. Le COO Santo Ficili insiste sur la cohésion des équipes et la nécessité d’avancer ensemble. Le CMO Cristiano Fiorio parle de confiance, de vision commune et d’un futur “brillant”. Des mots forts, presque mobilisateurs. Mais à ce stade, ils contrastent forcément avec la réalité des chiffres.

La vraie question n’est plus de savoir si Maserati va mal. Elle est de savoir ce que Maserati veut devenir. Ultra-luxe à la Ferrari ? Volume maîtrisé à la Porsche ? Entre-deux premium comme dans les années 2010 ? Jusqu’ici, la marque a oscillé entre ces positions sans jamais trancher clairement. Et c’est précisément ce flou qui l’a menée là où elle est aujourd’hui.

Il y a plus de deux ans, une question était posée : “Maserati : est-ce que Stellantis sait ce qu’elle fait avec cette marque de luxe ?” Avec le recul, la réponse semble évidente. Non. Ce constat n’est pas une attaque. Il ressemble davantage à une forme de lassitude. Car cette situation était largement prévisible. Les signaux étaient là depuis longtemps. Voir aujourd’hui Maserati revenir à des volumes proches de 2010 est forcément frustrant, presque triste, quand on connaît le potentiel de la marque.

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Une dernière chance ?

Alors que la marque célèbre en ce moment le centenaire de son emblème, le Trident, la période 2026-2030 sera décisive. Avec une nouvelle équipe dirigeante, une stratégie en cours de redéfinition et une volonté affichée de repartir sur des bases plus saines, Maserati entame probablement le chapitre le plus important de son histoire récente. Mais il ne faut pas se tromper : 2026 ne sera pas l’année du rebond. Ce sera celle du reset.

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