
Alors que Stellantis affiche une progression de ses ventes sur le marché italien, l’ambiance reste particulièrement tendue à Mirafiori. L’usine turinoise, qui devait retrouver des couleurs grâce à la nouvelle Fiat 500 hybride, traverse de nouveau une période d’incertitude. Entre semaines d’arrêt, vacances prolongées et volumes revus à la baisse, les salariés interrogés par le média local Torino Cronaca dressent un constat préoccupant : beaucoup craignent le retour du chômage partiel.
Il y a encore quelques semaines, nous évoquions déjà les premiers signaux d’alerte. Les objectifs de production semblaient difficiles à atteindre et plusieurs syndicats réclamaient déjà l’arrivée d’un second modèle pour assurer l’avenir industriel du site. Les témoignages recueillis à la sortie des ateliers montrent désormais que ces inquiétudes se sont largement installées dans l’usine.
« Nous avons compris que quelque chose n’allait pas »
À la porte 2 de l’usine, au moment du changement d’équipe, plusieurs salariés ont accepté de témoigner. Beaucoup rappellent que la Fiat 500 hybride, censée relancer Mirafiori, repose sur un modèle qui a déjà plusieurs années d’existence. « Oui, il y a un nouveau moteur pour la 500 hybride, mais le modèle a déjà plus de six ans », explique un salarié. « Nous avons toujours dit que cela ne suffirait pas. »
Certains pensaient que les difficultés de production n’apparaîtraient qu’à la fin de l’année. La réalité a été bien plus rapide. Les semaines d’arrêt se sont multipliées, les ponts se sont ajoutés au calendrier et les vacances d’été ont été progressivement allongées.
« Quand on nous a annoncé qu’il n’y aurait pas de samedis travaillés, cela a été le premier signal d’alarme », raconte un autre employé. « Puis sont arrivés les ponts et les semaines de fermeture. Là, nous avons compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. »
« Le cauchemar de la chômage partiel revient »
Ce qui inquiète le plus les salariés n’est pas uniquement le niveau des ventes de la Fiat 500 hybride. Beaucoup redoutent surtout un retour massif du chômage partiel qui a déjà touché Mirafiori ces dernières années.
« Nous espérions que cette année permettrait enfin de sortir du cauchemar du chômage partiel. Aujourd’hui, on a l’impression qu’il revient à notre porte. »
Un autre ouvrier résume le sentiment général : « Nous sommes très inquiets. Une quatrième semaine de fermeture a été annoncée pour l’été. Une telle situation n’arriverait jamais avec un produit qui se vend vraiment. » Pour plusieurs salariés, l’absence de montée en cadence constitue le principal problème. Lors du lancement d’un nouveau modèle, les usines fonctionnent généralement avec des heures supplémentaires et des samedis travaillés. À Mirafiori, c’est exactement l’inverse qui se produit.

Les jeunes intérimaires dans l’incertitude
Les inquiétudes concernent particulièrement les nombreux intérimaires recrutés ces derniers mois. Plusieurs contrats arrivent à échéance dès la fin du mois de juillet et personne ne sait s’ils seront renouvelés. Un jeune salarié explique qu’il avait déjà anticipé cette éventualité au moment de son embauche. « Je sais comment fonctionne le marché du travail aujourd’hui. Si cela ne continue pas ici, il faudra trouver autre chose. »
D’autres se montrent plus fatalistes encore. « Nous sommes tous inquiets parce que le travail se fait rare », explique un intérimaire. « Nous avons peur qu’il y ait de nouveau du chômage partiel. »
Même les salariés les plus anciens partagent ce sentiment. Un employé présent depuis près de trente ans estime que l’usine a « beaucoup changé, plutôt en pire ». Un autre, bientôt à la retraite, se dit surtout inquiet pour les jeunes générations. « Moi, je partirai bientôt à la retraite. Mais pour les jeunes, oui, je suis très préoccupé. »
« Sans un autre modèle, cela ne suffira pas »
Le message qui revient le plus souvent dans les témoignages est celui d’un deuxième modèle. Pour de nombreux salariés, la Fiat 500 hybride ne peut pas, à elle seule, assurer l’avenir de Mirafiori. « Sans un autre modèle, les jeunes qui viennent d’être recrutés ne seront pas confirmés. »
Certains vont même plus loin. Un salarié affirme que la baisse des volumes n’est pas une surprise : « Quand la nouvelle Fiat 500 est arrivée, nous pensions produire beaucoup. Mais la réalité, c’est que les volumes diminuent sans cesse. Ici, il n’y a pas de nouveaux modèles. » L’un d’eux va jusqu’à évoquer le risque d’une fermeture progressive du site : « C’est mathématique. Dans cinq ans, une grande partie de ma génération sera partie. »

Les syndicats réclament désormais une rencontre urgente avec Stellantis afin d’obtenir des réponses sur les embauches, les volumes de production et les projets industriels de Mirafiori. Car derrière les chiffres de ventes et les objectifs de production, c’est surtout l’avenir de plusieurs centaines de jeunes salariés qui inquiète aujourd’hui les ouvriers de l’usine de la Fiat 500.

Qui est étonné ?
Tavares a tout fait pour tuer la 500, et remplacer le reste de la gamme par du Peugeot rebadgé. Évidemment que la production italienne est lésée. Comment cela pourrait en être autrement ?
Mon avis personnel est que la 500 a été rapidement dépassée au niveau de la batterie (autonomie) et n’a pas réussi à proposer un rapport autonomie/prix compétitif. La motorisation hybride revient mais au final, pour 20 000 € dans le segment A, la clientèle se tourne paradoxalement… vers de l’électrique. Il faut que la 500 revienne avec soit du vrai hybride (pouvoir vraiment rouler en 100 % électrique) ou une version 100 % électrique vraiment compétitive (batterie plus grosse et moins chère).