L’ancien patron d’Alfa Romeo visait 200 000 ventes par an d’ici 2027… sauf que la marque recule de 25 %

Nous voici entrés dans le quatrième trimestre 2026. Après un premier semestre déjà particulièrement compliqué, il est temps de faire un nouveau point sur les ventes d’Alfa Romeo. Et malheureusement, les chiffres des neuf premiers mois de l’année ne sont pas rassurants. Bien au contraire. Alors que la marque italienne s’apprête à présenter un concept-car très attendu, ses immatriculations continuent de reculer sur presque tous ses principaux marchés. Au point de retrouver des niveaux que l’on pensait appartenir à ses pires années.

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Il faut dire que la situation d’Alfa Romeo est assez paradoxale. La marque dispose toujours d’une image forte auprès des passionnés, les Giulia et Stelvio continuent de séduire par leurs qualités routières malgré leurs dix années de carrière, et le Junior, lancé en 2024, devait permettre de conquérir une nouvelle clientèle. Sans oublier le Tonale, commercialisé depuis 2022 et restylé fin 2025, qui devait lui aussi contribuer à relancer les ventes.

Pourtant, rien ne semble véritablement fonctionner. Depuis plusieurs années, Alfa Romeo évolue autour de 60 000 à 70 000 voitures vendues annuellement dans le monde, bien loin des ambitions affichées lors de son retour sur le marché des berlines et SUV premium. Rappelons-nous qu’il y a quelques années, l’ancien CEO d’Alfa Romeo annonçait vouloir battre un ancien record d’Alfa Romeo avec plus de 200 000 ventes par an, d’ici 2027 ! Alors, où en est réellement Alfa Romeo en 2026 ? Pour le savoir, nous avons analysé les immatriculations de janvier à septembre sur les 13 marchés que nous suivons régulièrement. Et si notre bilan du premier semestre faisait déjà état d’une baisse de 21 %, la situation s’est encore dégradée.

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Italie : même les Italiens n’achètent plus d’Alfa Romeo

Commençons évidemment par l’Italie, le pays de naissance d’Alfa Romeo et, surtout, son premier marché mondial. C’est aussi celui où la marque devrait pouvoir compter sur une clientèle particulièrement attachée à son histoire. Après une année 2024 difficile, Alfa Romeo avait pourtant retrouvé des couleurs en 2025, avec une progression d’environ 23 % de ses immatriculations, portée notamment par l’arrivée du Junior. De quoi espérer que la marque avait enfin trouvé le modèle capable de relancer durablement ses ventes.

Sauf que neuf mois plus tard, le constat est brutal. Entre janvier et septembre 2026, Alfa Romeo a immatriculé seulement 16 050 voitures en Italie, soit une baisse de 28 % par rapport à la même période de 2025. La marque retrouve ainsi des volumes proches de ceux de 2024, effaçant pratiquement le rebond de l’année dernière.

Et lorsqu’on regarde le classement des voitures les plus vendues en Italie, la situation devient encore plus préoccupante. L’Alfa Romeo Junior n’apparaît qu’à la 41e place du Top 50, avec 8 554 immatriculations depuis le début de l’année. Parmi celles-ci, seulement 280 concernent la version 100 % électrique. Quant aux Tonale, Stelvio et Giulia, aucun ne figure parmi les 50 modèles les plus vendus du pays.

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Autrement dit, le Junior représente déjà plus de la moitié des immatriculations d’Alfa Romeo en Italie. Mais cela ne suffit absolument pas à compenser la faiblesse du reste de la gamme. Et c’est probablement ce qui est le plus inquiétant. Comment expliquer qu’une marque aussi emblématique qu’Alfa Romeo peine autant à convaincre sur son propre marché ? Les Italiens continuent d’acheter des SUV, y compris chez les constructeurs étrangers. Des modèles comme les Jeep Avenger, Volkswagen T-Roc, Audi Q3, BMW X1 ou encore Peugeot 3008 trouvent leur clientèle.

Mais chez Alfa Romeo, ni le Junior ni le Tonale ne parviennent à générer les volumes espérés. Pour le premier marché mondial de la marque, ces chiffres sont franchement difficiles à défendre. Et ils montrent que le problème ne se résume probablement pas au simple vieillissement des Giulia et Stelvio.

États-Unis : Alfa Romeo a-t-elle encore un avenir sur ce marché ?

Il y a presque dix ans, les États-Unis représentaient l’un des grands espoirs d’Alfa Romeo. Le retour de la Giulia, puis l’arrivée du Stelvio, devaient permettre à la marque italienne de s’installer durablement sur le marché premium américain. Pendant un temps, les États-Unis ont même été son deuxième marché mondial. Aujourd’hui, cette époque paraît bien lointaine.

Après une baisse de 18 % entre 2023 et 2024, puis de 36 % entre 2024 et 2025, Alfa Romeo poursuit sa descente avec une nouvelle chute spectaculaire : seulement 2 316 immatriculations entre janvier et septembre 2026, contre 4 776 un an plus tôt, soit environ -51 %. La marque a donc perdu plus de la moitié de ses ventes américaines en seulement un an.

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Les raisons sont nombreuses. Les Giulia et Stelvio arrivent en fin de carrière, le Tonale n’a jamais réussi à s’imposer véritablement, le Junior n’est pas commercialisé aux États-Unis, et les droits de douane sur les véhicules importés compliquent encore davantage la situation. Sans oublier un réseau de distribution relativement limité.

Mais au-delà de ces explications, une question mérite désormais d’être posée : Alfa Romeo peut-elle continuer à investir sur le marché américain avec des volumes aussi faibles ? Avec à peine quelques centaines de voitures immatriculées chaque mois, il devient difficile d’imaginer un redressement à court terme sans une gamme profondément renouvelée. Faut-il même envisager un retrait du marché américain ? La question, qui aurait semblé impensable il y a quelques années, mérite aujourd’hui d’être posée.

Allemagne : le Junior ne suffit pas non plus

Autre marché historiquement important pour Alfa Romeo : l’Allemagne. Un pays où les Giulia et Stelvio avaient réussi à trouver leur place auprès d’une clientèle sensible aux performances et au plaisir de conduite. Mais là encore, les chiffres de 2026 sont très mauvais.

Sur les neuf premiers mois de l’année, Alfa Romeo totalise 3 480 immatriculations contre 5 773 en 2025, soit une baisse de près de 40 %. Le détail des ventes est particulièrement révélateur :

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  • Alfa Romeo Junior : 2 104 exemplaires, dont 439 électriques
  • Alfa Romeo Stelvio : 612 exemplaires
  • Alfa Romeo Tonale : 494 exemplaires
  • Alfa Romeo Giulia : 270 exemplaires

Le Junior représente donc environ 60 % des immatriculations de la marque en Allemagne. Sans lui, Alfa Romeo aurait vendu moins de 1 400 voitures en neuf mois. Mais ce qui interpelle surtout, ce sont les résultats du Tonale. Avec seulement 494 immatriculations, le SUV compact fait moins bien que le Stelvio, pourtant beaucoup plus ancien et en fin de carrière. Pour un modèle lancé en 2022 et restylé fin 2025, difficile de parler de réussite commerciale.

France : le Junior empêche un effondrement

En France, la situation est un peu moins catastrophique, même si la tendance reste négative. Alfa Romeo totalise 4 180 immatriculations entre janvier et septembre 2026, contre 4 705 un an plus tôt, soit une baisse de 11 %.

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Mais lorsqu’on regarde le détail des modèles, on comprend immédiatement pourquoi la marque résiste mieux en France qu’ailleurs. Sur ces 4 180 immatriculations, on retrouve :

  • Alfa Romeo Junior : 3 379 exemplaires, dont 1 680 électriques
  • Alfa Romeo Tonale : 665 exemplaires
  • Alfa Romeo Giulia : 82 exemplaires
  • Alfa Romeo Stelvio : 53 exemplaires
  • Alfa Romeo 33 Stradale : 1 exemplaire

Oui, vous avez bien lu : une Alfa Romeo 33 Stradale a été immatriculée en France ! Mais revenons au Junior. À lui seul, le petit SUV représente près de 81 % des ventes d’Alfa Romeo en France. C’est considérable. Autrement dit, huit Alfa Romeo neuves sur dix vendues dans l’Hexagone sont des Junior. Autre particularité française : près de la moitié des Junior immatriculés sont électriques, avec 1 680 exemplaires. Un contraste saisissant avec l’Italie, où cette motorisation reste très marginale.

La France est donc probablement l’un des exemples les plus frappants de la dépendance d’Alfa Romeo à son plus petit modèle. Sans le Junior, la marque aurait immatriculé seulement 801 voitures en neuf mois. Un chiffre qui en dit long sur l’état du reste de la gamme.

Espagne, Pologne, Turquie : la baisse est presque générale

La situation n’est guère meilleure dans les autres pays européens.

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En Espagne, Alfa Romeo totalise 1 914 immatriculations contre 2 391 un an plus tôt, soit une baisse d’environ 20 %. Là encore, le Junior domine très largement les ventes avec 1 497 exemplaires, devant le Tonale (247), le Stelvio (132) et la Giulia (38). Le Junior représente donc plus de 78 % des immatriculations espagnoles de la marque. Comme en France, Alfa Romeo semble presque devenue une marque qui ne vend plus qu’un seul modèle.

En Pologne, où le Junior est justement produit dans l’usine Stellantis de Tychy, les résultats ne sont pas beaucoup plus encourageants. Avec 1 483 immatriculations, Alfa Romeo recule de 10 %. Même le fait de produire localement son modèle le plus récent ne permet donc pas à la marque de progresser.

En Turquie, autre marché que nous suivons, Alfa Romeo passe de 1 146 immatriculations en 2025 à seulement 888 en 2026, soit une baisse de plus de 22 %.

Et les autres marchés européens ne permettent pas davantage de sauver le bilan. La Belgique recule de 21 % avec 950 immatriculations, la Suisse de 10 % avec 662 voitures, l’Autriche d’environ 12 % avec 1 028 unités et les Pays-Bas de 25 % avec 541 immatriculations. Autant de marchés où les volumes deviennent particulièrement faibles.

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Japon et Royaume-Uni : les deux seules bonnes nouvelles, mais pour combien de temps ?

Heureusement, tout n’est pas entièrement négatif pour Alfa Romeo. Au Japon, la marque affiche une progression de 25 %, passant de 1 076 immatriculations sur les neuf premiers mois de 2025 à 1 349 en 2026. Une hausse bienvenue après plusieurs années difficiles, qui s’explique notamment par l’arrivée du Junior. Le SUV urbain a commencé sa commercialisation au Japon au milieu de l’année 2025, avec des livraisons qui ont véritablement pris de l’ampleur au premier trimestre 2026. Il faut donc relativiser cette progression : Alfa Romeo bénéficie d’un effet de lancement et d’une base de comparaison relativement faible.

Au Royaume-Uni, le phénomène est comparable, mais avec un résultat nettement moins spectaculaire. La marque passe de 2 215 immatriculations en 2025 à 2 224 en 2026. Soit une progression de seulement 0,4 %. Autrement dit, les ventes stagnent, malgré l’arrivée plus tardive du Junior sur ce marché.

Ces deux pays montrent que le Junior est encore capable d’apporter de nouveaux clients à Alfa Romeo. Mais ils posent aussi une question : une fois l’effet nouveauté passé, que restera-t-il ? L’exemple italien, où le Junior est déjà commercialisé depuis deux ans et où les ventes reculent fortement, n’incite pas vraiment à l’optimisme.

Le Junior sauve Alfa Romeo, mais le Tonale pose un véritable problème

À ce stade, un constat s’impose : sans l’Alfa Romeo Junior, la situation commerciale de la marque serait probablement bien pire. Sur les quatre marchés pour lesquels nous disposons des immatriculations détaillées du modèle, le Junior totalise à lui seul 15 534 exemplaires entre janvier et septembre 2026.

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PaysJunior immatriculésDont électriques
Italie8 554280
France3 3791 680
Allemagne2 104439
Espagne1 497Non communiqué
Total15 5342 399 minimum

Ce qui est frappant, c’est que le Junior est désormais devenu le modèle central d’Alfa Romeo. En France et en Espagne, il représente environ 80 % des ventes. En Allemagne, 60 %. Et en Italie, plus de la moitié.

Mais cela signifie aussi que les trois autres modèles de la gamme ne jouent quasiment plus leur rôle. Pour les Giulia et Stelvio, on peut comprendre la situation. Ces deux voitures ont environ dix ans de carrière derrière elles. Elles ont longtemps représenté ce qu’Alfa Romeo savait faire de mieux en matière de plaisir de conduite, mais elles ne peuvent pas éternellement rivaliser avec des concurrentes renouvelées beaucoup plus régulièrement.

En revanche, le cas du Tonale est bien plus difficile à expliquer. Lancé en 2022, ce SUV devait devenir l’un des principaux moteurs commerciaux de la marque. Il était positionné sur un segment très porteur, avec des motorisations électrifiées et un format susceptible de séduire une clientèle plus large. Quatre ans plus tard, le bilan est décevant. Même son restylage de fin 2025 ne semble pas avoir provoqué le rebond attendu.

Seulement 37 000 immatriculations en neuf mois

Au total, sur les 13 marchés que nous suivons, Alfa Romeo affiche un bilan particulièrement préoccupant.

PaysJanvier – septembre 2026Évolution
Italie16 050-28 %
France4 180-11 %
Allemagne3 480-39 %
États-Unis2 316-51 %
Royaume-Uni2 224+0,4 %
Espagne1 914-19 %
Pologne1 483-10 %
Japon1 349+25 %
Autriche1 028-11 %
Belgique950-21 %
Turquie888-22 %
Suisse662-10 %
Pays-Bas541-25 %
Total37 065Environ -25 %

Après une baisse de 21 % au premier semestre, le recul atteint désormais environ 25 % sur les neuf premiers mois de l’année, selon notre suivi. Et ce qui frappe, c’est que la situation ne s’améliore pas avec le temps. Au contraire, la baisse semble s’accentuer. Bien entendu, ces 13 marchés ne représentent pas l’intégralité des ventes mondiales d’Alfa Romeo. Mais ils regroupent une grande partie de ses débouchés les plus importants, à commencer par l’Italie, la France, l’Allemagne et les États-Unis.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer comment Alfa Romeo pourrait dépasser les 60 000 immatriculations mondiales en 2026. La marque, qui évoluait déjà depuis plusieurs années autour de 60 000 à 70 000 voitures par an, risque donc de retrouver des volumes dignes de ses périodes les plus difficiles.

Et c’est là tout le paradoxe : Alfa Romeo possède une histoire exceptionnelle, une communauté de passionnés toujours très présente et des modèles qui continuent de faire rêver. Mais commercialement, la marque semble incapable de retrouver une dynamique durable.

C’est dans ce contexte particulièrement compliqué qu’Alfa Romeo s’apprête à présenter, dans quelques jours, un nouveau concept-car. On espère sincèrement que ce concept annoncera une nouvelle Giulia ou une future Giulietta. Car si Alfa Romeo a besoin de vendre davantage de SUV pour assurer sa survie commerciale, elle doit aussi retrouver des modèles capables d’incarner son ADN.

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2 avis sur « L’ancien patron d’Alfa Romeo visait 200 000 ventes par an d’ici 2027… sauf que la marque recule de 25 % »

  1. Aucun investissement sur la Giulia et le Stelvio, le Tonale sous-développé avec le Dodge Hornet qui lui coupe l’herbe sous le pied, et le Junior… bon là je préfère rien dire sur cette chose. Manque une MiTo et ÉVIDEMMENT une Giulietta.

    Ils s’attendaient à quoi ? Que la méthode Coué allait suffire ?

    Répondre
  2. comment tuer une marque mythique…..demandez à Stellantis ! quel gachis…..
    Une VRAI petite Alfa comme la 147, la mito, une nouvelle giulietta….. pas du rebadgeage de Peugeot, Opel, dodge ou je ne sais Quoi d autres…..
    mais bon dans le monde d ajd ne nous faisons, hélas, pas d illusion, des Maserati bientôt chinoise 🤮

    Répondre

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