
Longtemps pointé du doigt pour ses problèmes de fiabilité, le moteur 1.2 PureTech du groupe Stellantis, malgré son changement de nom pour Turbo 100, continue de faire parler de lui. Mais cette fois, ce n’est pas pour une nouvelle polémique, plutôt pour une solution alternative qui pourrait bien intéresser de nombreux propriétaires : un kit permettant de remplacer la fameuse courroie de distribution « à bain d’huile » par une chaîne.
Une faiblesse bien connue des premières générations
Les premières générations du moteur PureTech, notamment produites entre 2014 et 2017, ont accumulé les critiques. En cause, une courroie de distribution plongée dans l’huile moteur, censée réduire les frottements et améliorer le rendement. Sur le papier, l’idée était séduisante. Dans la réalité, elle s’est souvent traduite par des dégradations prématurées. La courroie peut se fissurer, se désagréger ou gonfler, laissant des résidus dans le circuit d’huile. Résultat : crépine bouchée, lubrification défaillante et, dans les cas les plus graves, casse moteur. Un problème suffisamment répandu pour impacter la valeur de revente des véhicules équipés de ce moteur.

Une conversion vers la chaîne pour tourner la page
Face à cette situation, une entreprise spécialisée, Pro Chain, propose désormais une solution radicale : convertir le système de distribution en chaîne. Concrètement, il s’agit d’un kit complet permettant de remplacer la courroie par une chaîne de distribution, réputée plus robuste et durable. Ce kit inclut tous les composants nécessaires : chaîne, pignons, guides, tendeur et même une ligne d’alimentation en huile adaptée. L’ensemble a été conçu comme une solution « plug and play », c’est-à-dire sans modification lourde du moteur. Autre point important : l’installation reste proche d’un remplacement classique de courroie, ce qui facilite le travail des professionnels.

Deux kits selon le type de moteur
Tous les moteurs PureTech ne sont pas identiques, et Pro Chain en tient compte. L’entreprise propose ainsi deux versions de son kit : une pour les moteurs atmosphériques et une autre pour les moteurs turbo. Cette distinction est essentielle car les versions turbocompressées présentent des différences mécaniques importantes. Chaque kit est donc spécifiquement adapté aux caractéristiques de chaque configuration, avec des compatibilités définies selon les codes moteurs (comme EB2, EB2DT, etc.) que l’on retrouve dans la documentation technique ou le numéro VIN.

Solution réservée aux professionnels
Attention toutefois, cette solution n’est pas accessible directement au grand public. Le kit est uniquement destiné aux professionnels de l’automobile. Concrètement, ce sont les garages et mécaniciens qui doivent le commander, puis proposer la conversion à leurs clients. Autre élément à prendre en compte : le kit est actuellement en précommande, avec des premières livraisons attendues dans le courant du second semestre 2026. Les quantités annoncées sont limitées, signe d’un lancement progressif.

Côté tarif, le kit est annoncé entre 830 et 950 euros, hors main-d’œuvre. Une fois l’installation prise en compte, la facture dépassera facilement les 1 000 euros. Un coût qui peut sembler élevé, mais qui mérite d’être relativisé. Un remplacement classique de courroie avoisine déjà les 500 euros, sans compter les éventuels problèmes annexes. Sur la durée, et avec plusieurs interventions, la conversion vers une chaîne peut donc s’avérer rentable.
Au-delà de l’aspect financier, cette transformation pourrait aussi rassurer les futurs acheteurs lors d’une revente. Un moteur PureTech converti en chaîne pourrait inspirer plus de confiance qu’un moteur encore équipé de sa courroie d’origine.
Avec la troisième génération du moteur PureTech, Stellantis semble avoir corrigé une grande partie des problèmes. Mais pour les modèles plus anciens encore en circulation, cette solution alternative arrive à point nommé. Elle ne fera sans doute pas disparaître complètement les débats autour de ce moteur, la solution de Prochain offre au moins une porte de sortie concrète pour les propriétaires les plus inquiets. Une initiative qui pourrait bien trouver son public, surtout si les premiers retours s’avèrent positifs.