« L’un de nous devra partir » : Niki Lauda domine Monaco 1976 avec cette Ferrari… pendant que la Scuderia complote contre lui

La série E du grand prix de Monaco historique correspond aux monoplaces des années 1973-1976, motorisées par des moteurs atmosphériques 3 litres. C’est la grande époque du V8 Cosworth, qui équipe une large majorité du plateau, mais Ferrari se démarque avec son 12 cylindres à plat.  Cette série est surnommée “Niki Lauda”, en hommage au champion Autrichien qui a remis la Scuderia sur les rails et marqué profondément cette période de la F1. Un châssis, ayant été utilisé lors des grands prix d’Espagne et de Monaco au cours de la folle saison 1976, était piloté ici par Chris McAllister.

Publicité

Le succès, mais sans la chaleur

Recruté fin 1973 par le Commendatore à la surprise générale, Lauda fait rapidement taire les sceptiques et exploite parfaitement la nouvelle 312T conçue par Mauro Forghieri. En 1975, il ramène le titre à la Scuderia, après 11 ans de disette et le sacre de John Surtees en 1964. Pourtant, l’ambiance n’est pas si joyeuse chez les rouges. Le caractère de l’Autrichien et son franc-parler heurtent la presse italienne, et au sein de la Scuderia, un clan “italien” semble préférer le suisse d’origine italienne Clay Regazzoni. En 1976, la direction sportive est reprise par Daniele Audetto, qui a dirigé auparavant Lancia en rallye. Audetto est détaché auprès de Ferrari au poste de directeur de l’écurie, Montezemolo ayant été rappelé chez Fiat en tant que cadre supérieur. Le courant entre Daniele Audetto et Niki Lauda passe difficilement, l’Autrichien étant persuadé que l’on veut favoriser Clay Regazzoni comme n°1, malgré sa supériorité intrinsèque en piste.

Photo Ferrari 312 T2. Nicolas Anderbegani pour Italpassion
Photo Ferrari 312 T2. Nicolas Anderbegani pour Italpassion
Photo Ferrari 312 T2. Nicolas Anderbegani pour Italpassion
Photo Ferrari 312 T2. Nicolas Anderbegani pour Italpassion

Un bien gênant tractopelle

Juste avant le grand prix d’Espagne, Niki Lauda est victime d’un accident domestique. Lors de travaux dans sa propriété, la tractopelle qu’il manipule se retourne et manque de le tuer. Il est sévèrement blessé aux côtes. L’affaire s’ébruite. Outre les railleries, une partie de la presse, notamment italienne, doute de sa capacité à se rétablir vite et pousse en faveur du recrutement d’un pilote transalpin, tandis qu’une partie du staff Ferrari pousse pour propulser Clay Regazzoni n°1. Lauda se sent trahi par ces manœuvres, d’autant plus qu’Enzo Ferrari semble laisser la situation s’envenimer. En Espagne, Lauda coupe les ponts avec la presse italienne, ayant de plus créé une polémique en déclarant à un journaliste que « les pilotes italiens sont tout juste bons à faire le tour de l’église de leur village. » Autant dire qu’il se met à dos aussi ses pairs de la péninsule, dont Arturio Merzario, qui estime que l’Autrichien lui a barré la route de la Scuderia en 1974. Et pourtant, c’est ce dernier qui le sauvera des flammes quelques mois plus tard…

Publicité

Intouchable

A Monaco, Lauda réalise sa seconde pole position de la saison devant son équipier Regazzoni. Les Ferrari occupent la première ligne et dominent largement la concurrence. Il a pourtant la tête ailleurs, son épouse Marlène ayant fait une fausse couche. La situation interne se corse quand Niki Lauda s’écharpe sur de possibles consignes de course en faveur de Clay Regazzoni. “A la fin de l’année, l’un de nous devra partir, c’est évident. »  déclare-t-il à son entourage à propos de la direction sportive. En attendant, il domine la course intégralement, menant la totalité des 78 tours.

Youtube vidéo

Le seul qui pouvait le titiller, Ronnie Peterson, abandonne après avoir heurté le rail, tandis que son équipier réalise une course brouillonne. Il s’impose avec 11’’ d’avance sur Jody Scheckter et semble imbattable pour le titre. Le sort en décidera autrement sur le Nürburgring…

Photo Ferrari 312 T2. Nicolas Anderbegani pour Italpassion
Publicité

Vous aimez cet article ? Partagez !

Partagez votre avis