« On risque un million de dollars » : cette Ferrari F12 de 1 300 ch affronte des BMW et Toyota de drift… pour tenter de gagner un skateboard

Engager une Ferrari F12 dont le moteur préparé monte à 1 300 ch dans une compétition de drift est déjà une idée absurde en soi. Le faire sans réelle préparation, avec très peu de pratique, sans pièces de rechange, et avec pour seul objectif de tenter de remporter… un skateboard, relève presque du délire. C’est pourtant exactement ce qu’a fait Daily Driven Exotics lors du LZ World Tour. Dès le départ, le ton est donné : « Je participe à ma toute première compétition professionnelle de drift… et je suis mort de peur. »

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Une très mauvaise idée ?

Dès les premières secondes, Damon Fryer ne cherche pas à se donner le beau rôle. Il reconnaît lui-même qu’entrer dans sa toute première vraie compétition de drift avec une Ferrari aussi chère que radicale est une mauvaise idée. Pas seulement parce que la voiture vaut une fortune, mais aussi parce qu’il a très peu roulé avec.

Damon Fryer ne cache d’ailleurs pas l’ampleur du pari : « Je participe à ma toute première compétition professionnelle de drift… et je suis mort de peur », explique-t-il dès le début de la vidéo. La raison est simple : il n’a quasiment pas roulé avec la voiture depuis plusieurs mois. « Je n’ai presque aucune expérience en drift », avoue-t-il, précisant qu’il n’avait plus conduit cette Ferrari depuis novembre, hormis quelques tours d’essai la veille de la compétition.

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Mais le problème ne s’arrête pas au pilote. La voiture n’est que partiellement préparée pour le drift. Certes, elle dispose d’un arceau de sécurité complet, mais elle n’a pas les éléments essentiels que l’on retrouve sur les vraies voitures de compétition. « Si je tape l’avant, il n’y a rien pour empêcher l’intercooler de s’écraser dans le reste de la voiture », explique-t-il. En clair, aucun crash bar pour absorber les chocs, et une carrosserie encore très proche de l’origine.

Une Ferrari au milieu des vraies autos de drift

Sur place, le contraste est saisissant. Autour de lui, Damon découvre des voitures ultra-légères, des châssis conçus pour la discipline et des carrosseries facilement remplaçables, capables de subir des contacts répétés sans drame. Dans la vidéo, une BMW E36 de drift illustre parfaitement cette philosophie : environ 1 000 kg, carrosserie en carbone/Kevlar, panneaux démontables, structure pensée pour encaisser les chocs. À l’opposé, la Ferrari F12 conserve des éléments coûteux et fragiles. À titre d’exemple, ses phares d’origine sont évoqués comme pouvant valoir près de 10 000 dollars.

Face à lui, on retrouve aussi des pilotes expérimentés avec des voitures spécialement préparées pour le drift, comme une Toyota Supra dédiée à la discipline. Des autos faites pour être poussées à la limite, réparées rapidement et remises en piste. Même les autres pilotes le lui font comprendre avec humour. En drift, le contact fait partie du jeu. Certains plaisantent déjà sur le moment où quelqu’un viendra poser une roue sur sa portière. « Ce n’est pas une vraie voiture de drift tant qu’il n’y a pas une marque sur la portière », lance l’un d’eux.

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Autrement dit, Damon s’apprête à disputer un événement professionnel avec une auto spectaculaire, très puissante, mais fondamentalement inadaptée à la logique du drift de compétition. Et tout ça pour gagner… un skateboard. Alors que Damon et son entourage évoquent une voiture à près d’un million de dollars, le trophée promis au vainqueur fait doucement sourire : un skateboard. « On risque un million de dollars… pour gagner un skateboard », résume l’équipe avec ironie. Le décalage est total. D’un côté, une Ferrari F12 de 1 300 ch engagée au milieu de pilotes expérimentés, de l’autre, une récompense symbolique qui n’a évidemment rien à voir avec les risques pris.

De la compétition au spectacle

Avant même les qualifications, Damon comprend que sa Ferrari F12 de 1 300 ch n’est pas l’auto idéale pour ce genre d’exercice. Pendant quatre longues années, son équipe a pourtant transformé cette Ferrari F12 de 2013 en une véritable machine hors normes. Deux turbocompresseurs ont été ajoutés pour porter la puissance à environ 1 300 chevaux, le tout alimenté par un carburant haute performance spécifique, l’Ignite Red (E90), réservé aux moteurs les plus extrêmes. Un projet qui va clairement à l’encontre de la philosophie d’origine de Ferrari, mais qui donne naissance à une auto unique.

Très puissante et impressionnante, elle dispose toutefois d’un petit avantage avec des pneus plus larges que ceux de nombreux concurrents, ce qui peut lui offrir davantage de grip et de stabilité. Mais l’expérience tourne vite au casse-tête. L’équipe arrive sur place avec un minimum de moyens : « On n’a littéralement aucune pièce de rechange ». Très vite, un problème de courroie d’alternateur vient perturber la journée. Une panne critique, car la voiture repose sur des systèmes électriques importants (direction assistée, ventilateurs), impossibles à faire fonctionner sans alternateur.

Malgré le stress et les ennuis techniques, Damon parvient à prendre le départ et signe un premier passage correct, noté 55 points. « Au moins, je ne me suis pas crashé », lâche-t-il après son run. Finalement classé avant-dernier, il sauve surtout l’essentiel en évitant l’accident avec une Ferrari bien trop précieuse pour ce type d’épreuve.

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La suite compte d’ailleurs presque davantage pour le spectacle que pour le résultat : Damon repart en piste et transforme son passage en véritable démonstration.

Avant-dernier, mais moment mémorable

Sur le papier, terminer presque dernier n’a rien d’un exploit. Pourtant, cette aventure reste un vrai moment de show. Car au fond, l’intérêt n’était pas vraiment de voir Damon Fryer gagner, mais plutôt d’assister à quelque chose qu’on ne voit presque jamais : une Ferrari F12 engagée sans retenue dans une discipline où elle n’a, en théorie, rien à faire. Comme le dira un commentateur : « Il ne connaît pas les règles du sport… mais quel showman ! »

Youtube vidéo

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