« J’ai grandi dans une ferme sans rien » : il raconte son parcours qui lui a permis d’acheter sa Ferrari F50 jaune

C’est une histoire comme l’automobile en produit parfois. Celle d’un enfant élevé dans une ferme, sans privilège particulier, qui rêvait devant un poster de Lamborghini Countach. Des années plus tard, cette même personne roule dans une Ferrari F50 jaune, l’une des plus rares hypercars jamais produites par Maranello.

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Son nom : Louis Flory. Sa voiture : une Ferrari F50 de 1996, jaune, châssis numéro 17. Et selon lui, cette voiture aurait une particularité encore plus folle : il s’agirait de la première F50 peinte en jaune par Ferrari.

Un rêve devenu réalité

Pour Louis Flory, l’achat de cette Ferrari F50 n’a jamais été une simple affaire de collection. Il ne cherchait pas à réunir toutes les grandes Ferrari modernes. Il avait surtout deux rêves : la F40, puis la F50. Après avoir acquis une F40, l’étape suivante s’est imposée naturellement. Il lui fallait une F50. Et pas n’importe laquelle. Pour lui, si les Ferrari rouges sont magnifiques, la F50 est une voiture qui prend toute sa dimension en jaune (comme l’ancienne F50 Spider de Ralph Lauren).

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Il reconnaît pourtant que posséder une telle voiture lui semblait autrefois totalement inaccessible. Un rêve trop lointain, irréel. Aujourd’hui encore, il semble mesurer le chemin parcouru lorsqu’il parle de cette voiture, non pas comme d’un actif financier, mais comme l’accomplissement d’une vie.

La Ferrari F50, longtemps incomprise

La Ferrari F50 occupe une place particulière dans l’histoire de Ferrari. Elle arrive après l’immense F40, dont l’aura a longtemps éclipsé sa descendante. À sa sortie, son style, et son positionnement n’ont pas fait l’unanimité. Pourtant, avec le temps, son image a profondément changé. Son V12 dérivé de la Formule 1, sa boîte manuelle et son architecture radicale en ont fait l’une des Ferrari les plus pures de son époque. Là où la F40 impressionne par son caractère brutal, la F50 propose une autre forme d’intensité : plus mécanique, plus sonore, plus aboutie.

Et surtout, elle est beaucoup plus rare. Ferrari a produit environ 1 300 F40, contre seulement 349 F50. Dans le cas de l’exemplaire de Louis Flory, la rareté devient presque vertigineuse : seulement 31 F50 auraient été produites en jaune.

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Achetée 5 millions, désormais estimée plus du double

L’histoire devient encore plus folle lorsqu’il évoque la valeur de sa voiture. Louis Flory explique avoir acheté cette F50 autour de 5 millions de dollars, à une époque où ce prix lui semblait déjà très élevé. Depuis, le marché s’est envolé. Selon la vidéo, il aurait récemment reçu une offre supérieure à 12 millions de dollars. Lui-même estime qu’une F50 jaune pourrait aujourd’hui valoir entre 12 et 15 millions de dollars.

“Je n’ai qu’une vie, alors je la conduis”

Louis Flory refuse l’idée de posséder une Ferrari pour la laisser immobile. Il explique conduire toutes ses voitures, au point d’utiliser une application pour s’assurer qu’aucune ne reste plus de 30 jours sans rouler. Avec près de 28 ou 29 voitures dans sa collection, cela signifie conduire un modèle différent presque chaque jour !

Sa philosophie est simple : une voiture existe pour être vécue. Même lorsqu’elle vaut plus de 10 millions de dollars. Même lorsqu’elle est irremplaçable. Même lorsqu’un simple accident pourrait devenir une catastrophe financière. Il le dit clairement : il n’a qu’une vie. Il possède cette F50 parce qu’elle lui procure de la joie. Alors il la conduit.

Avec son épouse, il a même effectué un road trip entre Houston et Palm Beach, en Floride, au volant de cette F50. Plus de 2 000 kilomètres, dont plusieurs heures sous une pluie battante. À l’arrivée, la voiture a été présentée à Cavallino, où elle a remporté un prix Platinum ainsi que le titre de meilleure F50 de l’événement.

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Aujourd’hui les Ferrari les plus rares sont devenues des objets financiers, alors le discours de Louis Flory tranche. Il distingue les passionnés, qui achètent pour rouler, des spéculateurs, qui achètent pour stocker.

Selon lui, conserver une voiture sans jamais l’utiliser revient davantage à collectionner de l’art qu’à vivre l’automobile. Ce n’est pas forcément condamnable, mais ce n’est pas sa vision. Lui préfère entendre le V12 dans l’habitacle, sentir la mécanique vivre, partager la voiture sur la route. Et c’est peut-être ce qui rend son histoire si attachante : malgré la valeur délirante de sa F50, il continue de la traiter comme une voiture, pas comme un coffre-fort.

Un enfant de la ferme devenu entrepreneur

Le passage le plus fort de son témoignage n’est pourtant pas celui sur la Ferrari. C’est celui sur son parcours. Louis Flory raconte avoir été élevé par ses grands-parents dans une ferme. Son amour pour les voitures naît très tôt, lorsqu’il gagne à huit ans un poster de Lamborghini Countach. Il n’a jamais vu une voiture aussi spectaculaire. À cet instant, quelque chose se déclenche : un jour, il possédera une voiture de ce genre, peu importe les efforts nécessaires.

Plus tard, il quitte l’université avant d’obtenir son diplôme. Il lui manque encore quelques heures de cours pour terminer, mais il entre dans la vie active. Sans compétence particulière, selon ses propres mots, mais avec une certitude : il sait vendre.

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Il trouve alors un emploi dans une agence de recrutement. La formation est minimale. On lui donne un annuaire et on lui demande d’appeler des entreprises. Nous sommes en 1998, Internet est encore jeune, et il apprend sur le terrain. Très vite, il comprend qu’il peut faire mieux. Il n’aime pas vraiment le modèle de l’industrie dans laquelle il travaille. Il pense qu’il est possible d’apporter plus de valeur aux clients, de changer la façon de faire, de créer quelque chose de plus utile. Lorsqu’il propose son idée à sa supérieure, la réponse est sèche : l’entreprise fonctionne de la même manière depuis 1974, il n’a qu’à retourner à son bureau. Il refuse intérieurement cette réponse.

Louis Flory commence alors à vendre son propre modèle, tout en travaillant encore dans l’entreprise. Il improvise, teste, ajuste. Et ça fonctionne. À seulement 24 ans, il affirme générer à lui seul 42 % du chiffre d’affaires de cette société. Lorsqu’il comprend que l’entreprise pourrait être revendue, il demande à participer à la sortie, estimant que son poids dans les revenus le justifie. Refus.

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Il quitte alors son emploi et fonde sa propre entreprise dès le lendemain. Aucun client. Aucun salarié. Aucun revenu. Seulement une idée, de l’énergie et une volonté immense. La première année, son entreprise réalise 18 millions de dollars de chiffre d’affaires. Trois ans plus tard, elle atteint environ 70 à 74 millions de dollars. Plus de vingt ans après, il explique avoir bâti l’une des plus grandes sociétés privées de son secteur, aujourd’hui dirigée par une équipe pendant qu’il profite davantage de sa vie, de ses voyages et de ses Ferrari.

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