Ce collectionneur à 200 millions de $ affirme que Ferrari savait que ses clients n’aimeraient pas la Luce

Lors de sa présentation en mai dernier, la Ferrari Luce avait provoqué une véritable onde de choc. Design déroutant, motorisation 100 % électrique, prix très élevé : rarement une nouvelle Ferrari aura autant divisé. À l’époque, le célèbre collectionneur américain David Lee avait refusé de condamner la voiture avant de l’avoir essayée. Pour rappel, David Lee est un des plus grands collectionneurs de Ferrari, avec une collection estimée à 200 millions de dollars, aussi surnommée Ketchup, Moutarde, Légume. Quatre mois plus tard, il revient sur le sujet et livre surtout de nouvelles explications sur les raisons qui auraient poussé Ferrari à prendre un tel risque avec la Luce.

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« Ils savaient que ce produit n’était pas vraiment destiné au client existant »

Invité du podcast Road To Success, David Lee raconte avoir discuté avec des dirigeants de Ferrari au sujet de la Ferrari Luce. Selon lui, il faut d’abord revenir plusieurs années en arrière pour comprendre cette voiture. « Ils avaient la pression de l’Union européenne », explique-t-il, rappelant qu’un modèle automobile se décide bien avant sa commercialisation. Ferrari aurait donc engagé ce programme électrique dans un contexte très différent de celui de 2026.

Mais surtout, David Lee confirme ce qu’il pressentait déjà en mai : la Luce n’a pas été imaginée en priorité pour les clients Ferrari traditionnels. « Ils savaient que ce produit n’était pas vraiment destiné au client existant. Ils voulaient créer quelque chose pour un autre client, peut-être le client technologique ou différents types de clients. » Une stratégie qui expliquerait en partie son style si éloigné des codes habituels de Maranello.

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Ferrari savait que ses clients historiques pourraient ne pas aimer

Selon David Lee, Ferrari aurait parfaitement anticipé le rejet d’une partie de sa clientèle. « Le fait que le client Ferrari traditionnel ne l’aime pas, ils le savaient », affirme-t-il. Le pari était ailleurs : convaincre de nouveaux acheteurs et gagner des parts de marché plutôt que vendre une Ferrari supplémentaire aux collectionneurs qui achètent déjà les autres modèles.

Lee précise même que Ferrari n’aurait exercé aucune pression sur ses meilleurs clients pour qu’ils commandent la Luce : « Ils nous ont dit que nous n’étions pas obligés de l’acheter. Nous avions le choix. Ils recherchaient vraiment un nouveau client. » Voilà qui permet de comprendre pourquoi cette Ferrari divise autant. Apposer le Cavallino sur une voiture crée automatiquement certaines attentes, reconnaît David Lee. Lorsqu’un modèle s’en éloigne fortement, la réaction peut devenir particulièrement violente.

Son avis a-t-il changé depuis la présentation ?

Pas vraiment, mais son discours est désormais plus nuancé. En mai, David Lee expliquait qu’il achèterait la Luce avant de la juger définitivement. En septembre, il continue de défendre le droit de Ferrari à expérimenter, tout en reconnaissant que le constructeur aurait peut-être pu mieux faire.

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Il se demande notamment si Ferrari n’aurait pas gagné à consulter davantage ses clients pendant le développement, alors que la marque cultive traditionnellement le secret autour de ses futurs modèles. Il soulève également la question du prix et admet qu’une Ferrari électrique dérivée d’un concept plus proche du Purosangue aurait pu sembler plus logique. Mais il rappelle aussi que toutes les Ferrari aujourd’hui recherchées n’ont pas nécessairement été bien accueillies à leur naissance.

La Ferrari Luce apparaît ainsi comme un pari inhabituel : une Ferrari dont Maranello savait qu’elle risquait de déplaire précisément à ceux qui aiment le plus Ferrari.

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