Essai Alfa Romeo Giulia essence 200 ch : 10 000 km au volant

Cela fait maintenant plusieurs mois qu’ItalPassion et plus précisément son fondateur, moi-même, roule en Alfa Romeo Giulia. D’ailleurs, nous allons utiliser le « je » pour cet essai. Voilà c’est fait. Donc, cela fait précisément depuis début décembre 2016 que je roule en Alfa Romeo Giulia. Je vous présente donc mon essai après 10 000 km au volant. Je ne serai pas vraiment impartial vous vous en doutez… Mais en réalité qui l’est vraiment ? Quand on voit comment les marques chouchoutent les journalistes… Mais je m’égare.

Pour en revenir à l’introduction de l’essai, et pour l’anecdote, ma Giulia est l’un des premiers modèles essence français car je dois être un des seuls fous à avoir commandé la mienne sur catalogue alors que les modèles essence n’avaient toujours pas été essayés par la presse et aucun modèle de démonstration n’avait été livré. Deuxième anecdote, ma Giulia est arrivée en même temps que les premiers modèles de démonstration. Donc si la Giulia avait des défauts de jeunesse la mienne en aurait pâti. Troisième et dernière anecdote, après j’arrête, je suis de près le développement de cette voiture depuis 2012 et, alors qu’il n’y avait plus d’espoir pour remplacer ma 159, la Giulia est enfin entre mes mains… Oh joie ! 🙂

La Giulia qui arrive d’Italie, c’était en décembre 2016.
La Giulia qui attend dans le showroom Alfa Romeo

Allez roule, on passe à la suite.

La découverte de la belle italienne

Je récupère donc mon Alfa Romeo Giulia début décembre 2016. Il s’agit d’une blanche, finition Super, intérieur mixte cuir-textile (oui j’avais du full cuir dans ma 159 et je trouve personnellement que le mixte cuir-textile évite d’avoir les fesses froides l’hiver et brûlantes l’été), pack Harman Kardon, pack confort, pack assistance (caméra de recul, radar parking avant et arrière), options palettes au volant et enfin étriers rouges.

Je m’arrête là au niveau des options car ça monte vite ! 1 500 € pour le toit ouvrant, 1 100 € les suspensions actives, 800 € l’écran de navigation 8,8″, etc. Il faut faire des choix. D’ailleurs mon avis sur quelques options :

Pack Harman Kardon : étant audiophile amateur, je ne voulais pas faire l’impasse sur le pack audio Harman Kardon qui chiffre pourtant à 1 000 €. Il est bien décevant. Le son est bon, très bon mais pas excellent. Déjà, j’ai désactivé le mode « surround » qui modifie trop la musique avec un effet de résonance pas toujours agréable. Je suis très mitigé sur l’intérêt du pack Harman Kardon et je me demande si le pack « Sound Theatre » à 540 € n’est pas suffisant. A titre de comparaison du Bose dans une Renault fait aussi bien et si on compare une voiture dans une même gamme de prix, le système audio d’une Lexus IS300h est bien bien au dessus. Pour appuyer mon propos, un ami roule en SUV Maserati Levante, lui aussi équipé en Harman Kardon, il a le même ressenti que moi. C’est du bon son, mais il y a encore un effort à faire de ce côté-là.

Pack confort : alors lui ,c’est le pack que tu es obligé de prendre si tu prends le pack Harman Kardon, merci Alfa Romeo pour les 580 € en plus. Il offre un paresoleil conducteur éclairé, l’éclairage des poignées de porte (plutôt sympa la nuit), et un système d’entrée sans clé (très pratique aussi mais ne devrait limite pas être en option, de nombreuses voitures l’ont aujourd’hui).

Pack assistance : pour 550 €, c’est le pack INDISPENSABLE. Il offre la caméra radar de recul et le radar de parking avant et arrière. Je ne me vois pas utiliser la Giulia au quotidien sans la caméra de recul et sans le radar de parking.

Palettes au volant : c’est l’option que presque tout le monde prend pour faire « sport ». C’est l’option où quand quelqu’un monte dans ta voiture il fait « ouahh les belles palettes ». Dans la réalité, je ne m’en sers presque jamais sauf pour tapoter des doigts dessus dans les bouchons. Si je les utilise rarement, c’est parce qu’avec la boite auto 8 vitesses qui est parfaite (j’y reviendrai), je ne vois plus vraiment l’intérêt des palettes au quotidien. Encore que, il y aurait 6 vitesses c’est jouable, mais 8 vitesses… Les rares fois où elles sont utilisées c’est pour certains dépassement où je sais que la boite ne pourra anticiper un retrogradage.https://www.youtube.com/embed/PlSqWx13CjU?feature=oembed&wmode=opaque

J’ajoute que l’ergonomie de l’habitacle est très bien pensée que ce soit pour le conducteur, comme pour le passager. Ce dernier appréciera par exemple le petit bouton facilement accessible a gauche de son siège permettant de régler le volume ou de passer la musique sans avoir à tendre le bras. Pour le conducteur tout est sous la main : démarrage du moteur, radar, start & stop, régulateur, téléphone, feux de détresse, climatisation, fermeture centralisée des portes, etc. Tout l’essentiel est là où il faut, du beau boulot.

Et sinon, elle a de la gueule cette Giulia ?

Il faut être un peu schizophrène pour répondre à cette question. Quand on connait bien la marque et toutes les merveilles qu’elle a pu produire au niveau design ces dernières décennies, la présentation de la Giulia en 2015 a laissé beaucoup de monde perplexe voir déçu. Et oui, adieu le design européen des précédents modèles, bienvenue dans la mondialisation. Il faut que les nouvelles Alfa Romeo plaisent en Europe, en Chine et aux Etats-Unis. Cela passe par un design qui reste propre à Alfa Romeo mais qui est plus aseptisé de ce que l’on a pu connaître. Et là, vous me dites : tu le donnes ton avis sur le design de la Giulia ? J’y viens !

Personnellement, je trouve que la Giulia a un design moins intemporel qu’une 159, une brera, une MiTo ou une Giulietta lorsqu’elles ont été lancées à leurs époques. Pourtant, la Giulia, on s’y fait à son design. Avec la peinture, la couleur de l’habitacle et les jantes qui vont bien, il est possible d’avoir une Giulia au look plutôt sport ou une Giulia au look plutôt « luxe ». Bref, on a été par le passé habitué a mieux mais personnellement j’adhère (et en fintion Veloce, elle est encore plus belle !). Après, si je compare à la concurrence, c’est vrai que Lexus ou Mazda font des choses pas mal. Comme l’a aussi expliqué Ralph Gilles, responsable du design pour le groupe FCA, ces derniers années les meilleurs designers ont été embauchés à prix d’or par des groupes automobiles qui n’étaient pas réputés pour leur design…

Ce qu’il faut aussi comprendre avec le design des nouvelles Alfa Romeo, c’est que beaucoup de non-alfistes trouvent que la Giulia a de la gueule. N’est-ce pas l’objectif atteint du groupe FCA ? Pour l’anecdote (oui encore) quelques jours après avoir récupéré ma Giulia début décembre 2016, je me souviens l’avoir laissé sur un parking d’hypermarché et à mon retour, une personne tournait autour et était intriguée. Il n’avait jamais entendu parler de la Giulia et connaissait très peu Alfa Romeo. Le design de la Giulia a attiré son attention. Pari gagné ?

Tout le monde peut conduire une Giulia

Le gabarit de la Giulia impose. Comme d’habitude chez Alfa Romeo, pas de protèges-carrosserie en plastique sur les côtés, à l’avant et à l’arrière et c’est tant mieux. Par contre, attention à la conduite. Avec une longueur de 4,64 m et une largeur de 1,86 m, c’est un beau bébé. Pourtant, la conduite de l’Alfa Romeo Giulia est vraiment agréable et facile. A titre de comparaison, elle est aussi maniable qu’une Fiat 500, je caricature à peine. Elle est bien plus légère et directe que beaucoup de voitures que j’ai pu essayer. Ma femme qui roule régulièrement en MiTo et qui n’aimait pas conduire mon ex-159 apprécie rouler avec la Giulia. C’est elle qui demande à la conduire lorsque l’on fait certains trajets car elle la trouve vraiment maniable. Donc pas d’inquiétude pour les citadins, ça passe partout !

La Giulia n’est pas une voiture pour les Geeks

J’ai déjà parlé de ma déception pour le pack Harman Kardon mais au delà de l’audio, il faut avouer que la Giulia n’est pas une voiture hyper high-tech. Oui, elle utilise de la fibre de carbone, elle offre le système DNA, un système de navigation (encore heureux) et la pression des pneus… Mais voilà, ça s’arrête là. En options, vous aurez les sièges chauffants, les sièges électriques, le régulateur de vitesse adaptatif, l’alerte de franchissement de ligne (en option quand j’ai commandé la voiture, semble être de série maintenant).

Pas de feux full-led, pas de système de conduite autonome, pas de lecture des panneaux, pas de « park assist », pas d’Apple Car Play ou de Google Android Auto… Pour le moment. Même le GPS est un peu galère à utiliser.https://www.youtube.com/embed/wQD9P5UzQio?feature=oembed&wmode=opaquehttps://www.youtube.com/embed/PUTs0oXtP-A?feature=oembed&wmode=opaque

Ce sont quelques fonctionnalités que l’on aimerait voir de série ou en option. Roberto Fedeli, directeur technique d’Alfa Romeo, avait expliqué la raison il y a quelques mois : la marque est partie d’une feuille blanche. Il y a donc eu des priorités dans le développement de la voiture. Espérons que ces fonctionnalités arriveront dans quelques mois / années. Et puis Alfa Romeo a même réussi à en faire un argument de vente comme vous pouvez le voir ci-dessous !

La Giulia est une voiture pour les vrais conducteurs

https://youtube.com/watch?v=GoALrqBhknc%3Ffeature%3Doembed%26wmode%3Dopaque

Vous arrivez à la partie la plus importante de cet essai, le comportement sportif de l’Alfa Romeo Giulia. Harald Wester, ex-directeur technique d’Alfa Romeo, l’avait promis juré craché lors de la présentation du plan produit Alfa Romeo en 2014, les futures Alfa Romeo doivent avoir :

  • Des moteurs innovants et en avance technologiquement ;
  • Une parfaite répartition du poids (50 – 50) ;
  • Un ensemble de technologies exclusives ;
  • Un excellent rapport poids / puissance ;
  • Un design italien.

Reid Bigland, actuel directeur d’Alfa Romeo va même plus loin en annonçant que les nouvelles Alfa Romeo doivent rivaliser avec BMW et même Porsche. Alors c’est du flan ou pas ?

Et bien non. Déjà sachez que chez Alfa Romeo, les moteurs essence c’est 200 ch, 280 ch ou 510 ch. Pas moins. Ensuite une Giulia c’est de 1 374 à 1 580 kg en poids à vide. C’est des transmissions propulsion ou intégrale. C’est de 330 à 600 Nm en couple.

Pour vous donner une idée, l’Alfa Romeo Giulia essence 2.0 turbo de 200 ch c’est, selon les données constructeur 235 km / h de Vmax et un 0 à 100 km / h en 6,6 sec. Le rapport poids / puissance offre à l’Alfa Romeo Giulia un comportement sportif très joueur. On est tout le temps au dessus des limitations de vitesse au point de me dire qu’avec une Giulia 200 ch, il faudrait faire du circuit pour vraiment l’exploiter avec tout son potentiel. Cela est encore plus vrai avec la Giulia 280 ch (voir l’essai de l’Alfa Romeo Giulia 280 ch) et même obligatoire pour une Giulia de 510 ch.https://www.youtube.com/embed/vu08q8xohQc?feature=oembed&wmode=opaque

Je ne me lasse jamais de faire le trajet maison / boulot en Giulia. Chaque trajet est agréable. Soit en conduite douce en mode N du sélecteur DNA, soit en conduite dynamique du mode D du DNA. Pour se rendre compte de la sensation de conduite, il faut l’essayer. Je ne regrette pas que la motorisation démarre à 200 ch, je pense qu’en dessous (du mois en essence) cela aurait dégradé l’image qu’Alfa Romeo veut donner à ces nouveaux modèles. Vous vous en doutez, ce n’est pas fait pour des conducteurs « fou fou » car il y a sous la pédale de quoi devenir un danger sur la route…

Niveau consommation, par rapport aux 5,8 L / 100 km annoncés par le constructeur, la première semaine, j’ai tourné à environ 15 L / 100 km. Puis elle a progressivement baissé et aujourd’hui je tourne à 7,5 L / 100 km en conduite mixe. Ça reste correct pour une essence de 200 ch.

La sonorité du 2.0 turbo essence est agréable. Elle est silencieuse comme il faut à bas régime en conduite douce, et elle sait se faire entendre à haut régime. Alors bien sûr, oubliez les anciens moteurs atmosphériques Alfa Romeo. Aujourd’hui on pense à la consommation, au CO2 et on ajoute un turbo pour augmenter le couple.https://www.youtube.com/embed/q3Hq843Ud-4?feature=oembed&wmode=opaque

Si vous rouliez en diesel et que vous passez à l’essence, ce sera le jour et la nuit !

Lâche ton allemande, ta française, ta japonaise, 5 raisons de passer à l’italienne !

Quoi ? Tu es encore là à lire cet essai ? Tu n’a pas encore contacté ton concessionnaire Alfa Romeo le plus proche ? Dans ce cas, je vais t’expliquer pourquoi il faut vraiment que tu oublies tes préjugés sur Alfa Romeo :

1 – Les nouvelles Alfa Romeo dont la Giulia sont développées à partir d’une feuille blanche par des ingénieurs Ferrari et Maserati et notamment Philippe Krief, directeur technique de Ferrari. Tu seras donc assis au volant d’une voiture pensée par des personnes qui conçoivent des superscars !

2 – Si tu as des préjugés sur la fabrication et les finitions des Alfa Romeo, c’est du passé. Les nouvelles Alfa Romeo, c’est du premium. En 10 000 km pas un bruit bizarre dans l’habitacle, pas une pièce qui a bougé. En plus, c’est fabriqué en Italie dans l’usine entièrement modernisée de Cassino.

3 – La Giulia est une berline pour les conducteurs qui aiment les sensations de conduite. Si toi aussi tu t’amuses à bien prendre chaque virage sur la route comme sur un circuit, cette Giulia est faite pour toi.

4 – Si tu fais partie de ceux qui en ont marre du diesel, les moteurs essence 200 ch, 280 ch et 510 ch te donneront raison à 200 %.

5 – Tu as fais le tour des différentes marques : Audi, Volvo, BMW, Lexus ? Jamais 4 sans 5, go chez Alfa Romeo !

6 (bonus) – Tu pourras enfin apprendre tes premiers mots d’italien avec « la meccanica delle emozioni ».

2 Comments

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  1. Je roule en Giulia depuis 2 ans. Finition lusso, rouge Alfa avec à peu près toute les options imaginables.
    Si j’avais le choix de garder que le volant, le chassis et le moteur de cette voiture, je le ferais sans hésitation, car au final, on s’habitue à tout sauf au plaisir de la regarder et de la conduire.

    J’aime faire des trajets avec, des centaines d’une traite sans avoir mal au dors. Enchainer les virages sans avoir la nausée. Son habitacle est magnifiquement dessiné son comportement envoûtant.
    Je recommande sans hésitation cette voiture que j’aime de plus en plus

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