
Acheter la Lamborghini de ses rêves est déjà une décision rarement raisonnable. Mais lorsqu’il s’agit d’une Murciélago de 2002 à boîte manuelle, accidentée il y a près de vingt ans et restée hors de la route pendant presque six ans, l’opération ressemble davantage à un pari. C’est pourtant exactement ce qu’a fait Will, de la chaîne YouTube Two Dead Center. Et surtout, nous avons retrouvé combien il a réellement déboursé pour cette Lamborghini : 264 500 £, frais compris, soit environ 305 000 euros.
Sur le papier, l’exemplaire avait pourtant de sérieux arguments. Première année de production, V12 6,2 litres atmosphérique, boîte manuelle à six rapports, conduite à droite et seulement 17 800 miles, soit environ 28 600 km. Une configuration particulièrement recherchée aujourd’hui. Mais derrière cette fiche séduisante se cachait une histoire nettement moins rassurante.
305 000 euros pour une Lamborghini immobilisée depuis presque six ans
Si l’auteur de la vidéo ne pécisait pas le prix de la Lamborghini, on a retrouvé l’annonce de celle-ci ! La voiture est passée aux enchères chez Bonhams à Goodwood en avril 2026, sans prix de réserve. Son historique mentionnait bien un accident en 2007. La Murciélago venait de recevoir une importante intervention d’entretien. En mars 2026, quelques semaines seulement avant la vente, pas moins de 30 000 € avaient été dépensées pour une révision majeure et notamment le remplacement du réservoir de carburant.






De quoi rassurer ? Pas totalement. Will explique que la Lamborghini était restée hors de la route pendant presque six ans et veut désormais savoir s’il vient d’acheter « un cauchemar absolu » ou, au contraire, un très bon exemplaire.
L’inspection commence mal
Avant même que les spécialistes puissent examiner la voiture, premier problème : impossible de la démarrer. La télécommande de l’antidémarrage Clifford a été endommagée et la Lamborghini Murciélago doit être poussée dans l’atelier.




Une fois sur le pont, le diagnostic est encourageant. La voiture est loin d’être parfaite esthétiquement, mais son châssis n’est pas rongé par la corrosion et plusieurs éléments montrent que de l’argent a déjà été dépensé. Certaines suspensions ont été rénovées, des silentblocs remplacés et le dessous de la voiture semble avoir été protégé et entretenu.


Tout n’est évidemment pas parfait. Le système permettant de relever l’avant fuit au niveau d’un amortisseur, un défaut présenté comme assez classique sur les Murciélago. Les supports moteur sont également affaissés. Mais même une pièce aussi banale coûte déjà plus de 350 € l’unité. Quelques traces d’huile apparaissent également, le système d’échappement est dégradé et certains détails témoignent d’interventions peu élégantes, comme un capteur d’usure de plaquettes attaché au faisceau. Mais rien, à ce stade, ne ressemble au désastre mécanique que pouvait laisser craindre une Lamborghini restée aussi longtemps immobilisée.

Les premiers kilomètres pour connaître la vérité
Plutôt que de la remettre immédiatement au garage, Will choisit ensuite la meilleure méthode pour révéler les défauts d’une ancienne supercar : rouler. Beaucoup. En une semaine, il effectue environ 500 à 600 miles, soit entre 800 et 965 km, en utilisant sa nouvelle Lamborghini quotidiennement.


C’est là que les problèmes commencent réellement à apparaître. La voiture refuse parfois de démarrer. Son moteur V12 se met occasionnellement à avoir de violents ratés. Lors d’un trajet, Will doit s’arrêter cinq ou six fois sur le bord de la route. Le moteur pétarade, un voyant apparaît et l’alerte de température des catalyseurs finit par s’allumer. Étrangement, couper puis redémarrer le moteur peut faire disparaître complètement le problème pendant plusieurs centaines de kilomètres. Le diagnostic fait notamment remonter plusieurs défauts liés au système EGR.
Alors, cauchemar ou bonne affaire ?
Pour l’instant, la réponse se situe probablement quelque part entre les deux. À 264 500 £ ou environ 305 000 €, cette Murciélago n’était certainement pas une Lamborghini bon marché. Elle réclame encore du travail, son problème moteur doit être identifié, son démarrage reste capricieux et plusieurs petites réparations s’accumulent. Mais après presque six ans d’immobilisation, l’essentiel est là : son V12 fonctionne, la voiture roule et son état général est bon. Will résume finalement assez bien la situation : il reste beaucoup de petites choses à régler, mais « c’est toujours une Murciélago et elle est à moi ».
Et lorsqu’on parle d’une Murciélago de première année, équipée du V12 atmosphérique et surtout de la désormais très recherchée boîte manuelle, avec de nombreux exemplaires dépassant les 400 000 € ou même 500 000 €.. Cela suffit peut-être à faire oublier quelques sueurs froides.
