24 Heures du Mans : Ferrari « plus offensif » et des gros changements en vue

La marque a remporté trois fois de suite la classique. Gagner une quatrième fois n’aura rien d’aisé.

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« Cette édition sera la plus difficile que Ferrari ait eu à affronter ». Ce constat est signé Ferdinando Cannizzo, responsable technique des programmes endurance du cheval cabré.

Après trois victoires au classement général des 24 Heures du Mans en 2023, 2024 et 2025, la marque italienne aura fort à faire pour défendre ses trophées. 

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Que disent les chronos ? Mercredi soir, la n°83, victorieuse en 2025, était éliminée dès la première séance qualificative. Elle s’élancera à la 17e place samedi après-midi. Les Ferrari n°50 et n°51 ne pointaient pour leur part qu’aux 14e et 15e rangs.

Mais le niveau réel des 499P demeure inconnu. L’an passé, les voitures avaient peiné en qualifications avant de briller en course.

Rappelons ici que les paramètres de la Balance de performance (BoP), chargée d’équilibrer le niveau des voitures de la catégorie Hypercars, est désormais tenue secrète par les organisateurs. Surtout, les conditions devraient être très différentes ce week-end, avec une forte hausse des températures dans la Sarthe.

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Un seul vainqueur…

Mercredi matin, le management de l’équipe Ferrari AF Corse faisait part de son sentiment à l’approche de la 94e édition de la classique à l’occasion d’un point presse dans le paddock du circuit :

« Une seule équipe gagnera, notait Antonello Coletta, responsable endurance et corse clienti de Ferrari. Après trois victoires, on ne peut pas espérer gagner à chaque fois ».

« Ferrari s’efforce toujours de faire les choses au mieux. Nous connaissons la valeur de notre voiture, de notre équipe et de nos pilotes. Nous sommes convaincus d’être toujours compétitifs et capables de se battre pour la victoire ».

Antonello Coletta poursuit : « Je préfère attendre de voir comment se déroule l’épreuve, analyser la situation avec calme et lucidité, comme nous l’avons toujours fait, et ensuite nous verrons. Mais avant de considérer une défaite comme un échec, honnêtement, je préfère attendre. »

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Plus offensifs

La 499P est inchangée cette année, en dehors d’imperceptibles ajustements liés à un nouveau passage en soufflerie aux Etats-Unis cet hiver. Mais le peloton des Hypercar est plus dense que jamais, avec 11 voitures chronométrées dans la même seconde lors de la séance qualificative.

« Nous devons nous montrer plus offensifs, afin de surprendre nos adversaires, car nous savons que sur de nombreux points clés, nous ne pouvons rivaliser avec eux », estime Ferdinando Cannizzo.  

« Il nous faut donc aborder la course différemment, estime l’ingénieur. Nous réfléchissons à la manière de renverser la situation et d’être présents au bon moment. Mais la tâche ne sera pas aisée. »

L’un des leviers sera l’exploitation par Ferrari AF Corse. Pour rééditer ses exploits des éditions précédentes, l’équipe doit réaliser un sans-faute. Donc éviter les pénalités ou petites excursions hors-piste qui avaient perturbé le bilan l’an passé. 

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Une autre clé sera la gestion des pneumatiques. Michelin étrenne pour la première fois au Mans ses Pilot Sport Endurance composés à 50 % de matières recyclés ou renouvelables.

Ferdinando Cannizzo décrypte : « Il s’agit peut-être de l’une des premières 24 Heures où il sera possible d’utiliser les trois composés (tendres, medium et durs, ndlr), étant donné que la course devrait être caractérisée par des températures très, très élevées ».

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Meteo France annonce un mercure à 26 et 27°C pour samedi et dimanche après-midi. Sur l’asphalte, la température pourrait dépasser les 50°C.

Face à ce constat, l’équipe expérimente. Lors de la première séance d’essais libres de mercredi après-midi, la Ferrari n°50 a ainsi été la seule voiture du plateau Hypercar à chausser des pneus durs sur le train arrière.

Ceci permettra de compenser un « retard » sur la connaissance de ces nouveaux pneumatiques. L’équipe Ferrari AF Corse avait notamment été contrainte d’annuler en dernière minute une séance d’essais privés au Qatar au printemps face à la situation au Moyen-Orient.

Une 499P remaniée pour bientôt

Lors de ce point presse, le management a aussi évoqué la suite du programme. Lancée au début de la saison 2023, la 499P n’a subi jusqu’ici qu’une seule évolution côté performance (le terme exact est « Joker EVO » dans le règlement technique).

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A l’été 2024, quelques semaines après les 24 Heures, la 499P s’était présentée à la manche d’Interlagos avec des ailettes sous les feux avant et des nouveaux canaux de refroidissement des freins.

En théorie, chaque voiture peut recevoir cinq modifications avant la fin de la saison 2027. Et contrairement à BMW, Cadillac ou Alpine – qui ont validé plusieurs évolutions auprès des instances ces trois dernières saisons – la Rossa a conservé de nombreux jokers dans sa manche.

Ainsi Maranello mettra en piste une 499P largement modifiée dans les prochains mois. Antonello Coletta et Ferdinando Cannizzo ne veulent pas révéler d’information sur les pièces remplacées ou le timing de l’opération. Mais le début de saison 2027 est l’échéance logique.

Le mot « intégration » a été répété à plusieurs reprises devant nous par Ferdinando Cannizzo, le « père » de l’Hypercar émilienne pour justifier ce choix :

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« Modifier la suspension arrière de l’une de nos voitures a des répercussions sur la transmission, la liaison avec le moteur et de nombreux autres aspects de l’aérodynamisme. Il nous a donc semblé judicieux d’aborder les différentes zones de la voiture de manière intégrée ».

En clair, il s’agit d’effectuer tous les travaux d’un coup à l’image de la récente Toyota TR010, plutôt que d’opter pour de « petites » révisions façon BMW ou Cadillac. Ferrari voulait aussi connaître à fond sa voiture avant de fixer son cap.

Interrogé par Motorsport.com sur le nombre de joker mis en jeu lors de cette évolution, Ferdinando Cannizzo « plus que deux et moins de quatre ». Les modifications doivent en effet faire l’objet d’une évaluation par la Fédération internationale automobile et l’Automobile club de l’ouest (ACO). Ce travail est déjà en cours.

« Au fil des années, en approfondissant sans cesse notre connaissance de notre voiture et en repoussant les limites de ses performances, nous avons identifié les points faibles qui freinaient notre progression, expliquait Ferdinando Cannizzo. Une fois ces points faibles identifiés, nous les avons analysés non pas individuellement, mais comme un ensemble ».

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Quel que soit le résultat ce dimanche, une 499P radicalement différente sera au départ des 24 Heures du Mans 2027.

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