
Ce week-end, la première GT3 réalisée à 100 % par Sant’Agata Bolognese clôture sa saison en IMSA, à l’occasion de Petit Le Mans. C’est l’heure des adieux, des perspectives… et pourquoi pas d’un titre. Le championnat nord-américain d’endurance IMSA dispute ce samedi sa traditionnelle finale, Petit Le Mans, sur le circuit de Road Atlanta (Etats-Unis).En Géorgie, Lamborghini aura l’occasion d’éprouver une nouvelle fois sa Temerario GT3 dans l’une des grandes classiques de l’endurance mondiale. Mais aussi de décrocher une première couronne.
Un titre en GTD Pro possible
L’équipage de la Lamborghini n°9, composé d’Andrea Caldarelli et Sandy Mitchell, est en effet en ballotage pour le titre de champion dans la catégorie GTD Pro. Le duo italo-écossais de l’équipe Pfaff – renforcé ce week-end par le Français Franck Perera – compte 2 676 points après 9 épreuves avant cette ultime manche disputée sur 10 heures. C’est 53 points de moins que la Corvette n°4 de Tommy Milner et Nicky Catsburg. Ou encore six unités de retard par rapport à la BMW M4 pilotée par Connor de Phillippi et Neil Verhagen. En IMSA, un vainqueur de catégorie reçoit 350 points. Les chances de titre pour le Taureau sont minces, mais réelles.

Des débuts difficiles
Un résultat inattendu pour une voiture lancée il y a sept mois dans l’univers ultra-compétitif des GT3 face à Mercedes, BMW, GM, Porsche, Ford ou Ferrari. Lamborghini dispose de moyens nettement plus réduits que ces grands services compétition-client. La Temerario GT3 est aussi la première voiture de la catégorie entièrement conçue en interne, à Sant’Agata, par Lamborghini Squadra Corse. Le développement de sa devancière, l’Huracán GT3, avait été largement partagé avec Dallara, notamment sur l’aérodynamique ou l’utilisation des matériaux composites.

Les débuts de la nouvelle voiture ont d’ailleurs été difficiles. Lancée en mars aux 12 Heures de Sebring, la Temerario GT3 a connu une première campagne très irrégulière. Le constructeur en est encore à comprendre cette nouvelle base, avec son V8 biturbo. Contrairement à la série, la voiture de course est dépourvue de système hybride. « Pour l’instant, on en est encore à tirer des fléchettes dans le noir. Parfois on tombe juste, parfois on est complètement à côté de la plaque », disait récemment Mirko Bortolotti, pilote officiel de la marque en Europe, à nos confrères de GT Report. « On a l’impression d’enchaîner les séances d’essais plutôt que d’arriver au week-end de course avec une base plus ou moins au point, prêts à peaufiner les détails pour s’adapter aux conditions et à la situation. »
Des progrès tangibles
Mais il y a du mieux. Cet été, Mirko Bortolotti a ouvert le palmarès du modèle en remportant la manche d’Oschersleben (Allemagne), dans le championnat « sprint » DTM. Les dernières sorties américaines de la Temerario GT3 ont aussi été très encourageantes. La voiture italienne a remporté sa première victoire de catégorie sur une épreuve longue durée à l’occasion des 6 Heures de Road America, début août.

Une performance rééditée quelques semaines plus tard par une autre victoire, obtenue sur une épreuve plus courte par le tandem Caldarelli-Mitchell au Virginia International Raceway. En septembre, à Indianapolis, les deux hommes ont encore signé une belle performance avec une troisième place finale. Un regain à mettre sur le compte d’une Balance de performance (BoP) favorable, mais aussi d’une connaissance accrue de la base. « En début d’année, beaucoup de personnes ont critiqué à tort assez durement la voiture, expliquait il y a peu Franck Perera à Endurance-Info. De notre côté, nous savions qu’il fallait lui laisser du temps ». Très expérimenté, le pilote tricolore se réjouit d’un autre facteur ayant permis à la Lamborghini d’être toujours dans la course pour le titre : « La voiture casse extrêmement peu et, en IMSA notamment, elle a fait preuve d’une très belle fiabilité ».

La clé pneumatique
L’une des clés du week-end de Road Atlanta sera la gestion des pneumatiques. Comme toutes les voitures engagées en IMSA jusqu’en 2035, la Temerario est équipée de Michelin. Dans les catégories GTD Pro et GTD, le pneu utilisé est le Pilot Sport ProGT H1+. L’allocation définie par les organisateurs et le manufacturier clermontois s’élève à 14 trains par voiture. Le bulletin technique des organisateurs impose un poids de 1 362 kg à la Lamborghini. Une masse supérieure de plus de 30 kg par rapport à la Ferrari 296 GT3, qui imposera une gestion précise de l’usure et des remplacements. Par ailleurs, Petit Le Mans est une course souvent hachée par les neutralisations, avec 54 voitures réparties sur les 4,088 km de ce bref et accidenté circuit. La stratégie visant à conserver un maximum de pneus frais pour attaquer dans les dernières heures est souvent privilégiée par les équipes.
Adieux et perspectives
L’équipe Pfaff Motorsports, chargée de l’exploitation de la Temerario GT3, a souvent fait preuve de flair, notamment lors de la victoire de Road Atlanta. L’équipe canadienne, qui a beaucoup contribué au développement de la nouvelle voiture, dispute d’ailleurs sa dernière course sous les arbres jaunis de Géorgie. Son patron, Chris Pfaff, a récemment annoncé la « pause » du programme en IMSA pour se concentrer sur l’exploitation du circuit de Mosport.
C’est donc la dernière fois que nous verrons l’emblématique livrée à carreaux façon plaid. Décrocher un premier titre pour la Temerario et un dernier pour l’équipe serait évidemment un moment émouvant. Une éventuelle couronne pourrait aussi convaincre d’autres équipes de se lier à Lamborghini Squadra Corse. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir sportif et commercial de la Temerario GT3. Mais ils s’écouleront sans cette pierre angulaire.
- Petit Le Mans 2026
- Départ samedi à 18h10 (heure française)
- Diffusion TV : IMSA-TV et Automoto La Chaîne