
En décembre dernier, nous vous annoncions que la Fiat Topolino allait officiellement partir à la conquête des États-Unis. Quelques mois plus tard, la petite italienne est bien arrivée dans les concessions américaines, avec un prix particulièrement étonnant : 14 985 dollars. Mais Fiat s’est retrouvée face à un problème assez cocasse. Dans sa configuration d’origine, la Topolino est… trop lente pour être homologuée comme véhicule lent sur les routes américaines. Une situation paradoxale qui oblige désormais Fiat à proposer gratuitement à ses clients américains un véritable kit de débridage.
De 30 à 40 km/h pour avoir le droit de prendre la route
La Fiat Topolino commercialisée aux États-Unis est initialement limitée à seulement 19 mph, soit environ 30 km/h (contre 45 km/h pour la version européenne). À cette vitesse, impossible de profiter de la réglementation fédérale américaine concernant les Low-Speed Vehicles (LSV). Pour entrer dans cette catégorie, un véhicule à quatre roues doit notamment pouvoir dépasser 20 mph, sans toutefois aller au-delà de 25 mph (40 km/h).
Fiat a donc trouvé une solution pour le moins inhabituelle : débrider sa propre voiture. Une intervention logicielle permet de relever la vitesse maximale de 19 à 25 mph, soit environ 40 km/h. Mais augmenter la vitesse ne suffit pas. Pour devenir un véritable LSV, la Topolino doit également recevoir quelques équipements supplémentaires. Le kit comprend ainsi une caméra de recul associée à un nouvel écran intégré au rétroviseur, un avertisseur sonore destiné aux piétons, les différents marquages réglementaires et, surtout, un véritable numéro VIN permettant d’immatriculer le véhicule. La Topolino possède déjà de série les autres équipements nécessaires, comme les clignotants, les ceintures, les feux, le klaxon ou encore le pare-brise adapté.
Fiat offre même le débridage et son installation
Le plus étonnant est peut-être que Fiat a décidé de prendre entièrement en charge cette transformation. Le kit ne coûte rien au propriétaire et la marque rembourse également aux concessionnaires le coût de la main-d’œuvre nécessaire à son installation. « Nous payons le kit, donc nous absorbons ce coût », explique Andrew Waterhouse, patron de Fiat USA. L’objectif est de laisser aux acheteurs le choix entre une Topolino destinée uniquement à une propriété privée et une version capable de circuler sur certaines voies publiques.
Car même débridée à 40 km/h, la petite Fiat ne devient évidemment pas une voiture américaine comme les autres. La réglementation fédérale limite notamment les LSV aux routes dont la vitesse maximale autorisée ne dépasse pas 35 mph, soit environ 56 km/h. Et chaque État conserve ses propres règles : certains, comme le Delaware, Hawaï, le Maryland, le Missouri ou Rhode Island, interdisent même ces véhicules sur les voies publiques.
Une Topolino à près de 15 000 dollars, mais pour quel usage ?
Fiat ne semble d’ailleurs pas imaginer la Topolino remplacer la voiture familiale américaine. Avec environ 46 miles d’autonomie, soit 74 km, elle vise plutôt les grands complexes hôteliers, les entreprises, les propriétés privées et surtout certaines communautés résidentielles de Floride ou d’Arizona où les voiturettes de golf sont déjà omniprésentes.
La marque avance d’ailleurs avec prudence : selon Andrew Waterhouse, le premier arrivage compterait environ 300 exemplaires seulement. Fiat veut d’abord tester l’appétit des Américains avant d’envisager des volumes plus importants. Et la clientèle visée pourrait être assez différente de celle que l’on connaît en Europe. Fiat affirme déjà avoir entendu parler de propriétaires souhaitant personnaliser leur Topolino pour l’assortir à leur Ferrari !