Luca Napolitano esquisse l’avenir de Lancia !

La toujours aussi exquise Lancia Ypsilon 3ème du nom a été récemment restylée (nouvelle calandre, nouvelle signature lumineuse à LED, système d’info-divertissement revu avec écran tactile 7 », nouvelle teinte Elegant Blue). De quoi poursuivre encore (un peu) sa carrière en Italie et faire perdurer encore (un peu) la carrière de la déclinante marque italienne, réduite à un unique modèle et un unique marché depuis quelques années.

Cependant, les désormais 10 ans au compteur de la puce italienne ne semblent guère avoir d’emprise sur la marque, elle qui vend plus d’Ypsilon sur l’unique marché italien qu’Alfa Romeo de toute sa gamme dans toute l’Europe. Bon, il est vrai que les prix ne sont pas les mêmes mais

ne semble pas destinée à vouloir mourir et lutte avec l’énergie du désespoir pour qu’on ne la débranche pas…

Avec désormais Luca Napolitano, nouveau PDG de la marque Lancia (et ex-directeur Fiat et Abarth de la zone EMEA), la marque pourrait retrouver un peu de sa splendeur, sous l’égide du nouveau groupe Stellantis.

Premier indice apporté par Stellantis : la marque Lancia a officiellement été placée dans le pôle premium du groupe, aux côtés d’Alfa Romeo et DS. Cela nous aura ravis et aura été un premier signe d’amélioration, alors qu’on aurait pu craindre que la marque ne soit même pas évoquée par le patron du groupe : Carlos Tavares. Que nenni ! Bien sûr, on pourra aussi dire que placer un logo dans un Powerpoint, ça ne mange pas de pain et que pour l’heure les investissements sont loin d’être faits. Certes ! Mais on ne commence pas à bâtir un groupe comme Stellantis en baladant ses actionnaires et les observateurs de la vie automobile. Il en va de la crédibilité du groupe, lui qui a déjà assez souffert, pour sa partie italienne, des atermoiements et changements de plans stratégiques de feu Sergio Marchionne !

Second indice apporté par Stellantis : les propos de Luca Napolitano lui-même apportés ces dernières heures dans un entretien avec la presse. Voici en substance ce qu’il faut retenir.

• Un retour dans le premium ?

D’abord, Luca Napolitano déclare que «Lancia a enfin un leader dans le groupe et fait partie des marques phares de Stellantis, ce qui est un signe d’intentions très fort, combiné avec le fait que la marque ne se concentre pas sur l’Ypsilon d’aujourd’hui, auquel cas elle aurait été incluse dans le segment « généraliste » avec Citroën et Fiat».

• Une évolution à prévoir du profil-type du client ?

Par ailleurs, le nouveau PDG de Lancia affirme être amoureux des nouvelles perspectives potentielles de la marque. «Je suis passionné de voitures et je travaille désormais chez Lancia. J’ai donc beaucoup d’idées, que je ne peux pas encore révéler. Ce que je peux dire, c’est que le client de demain ne sera pas la simple évolution du client d’aujourd’hui». Il ajoute, pour préciser sa pensée : « En termes simples, aujourd’hui, 75% de nos clients sont des femmes et elles achètent des voitures de moins de 4 mètres. Si l’on considère que 10% d’entre eux changent de voiture chaque année et que la moitié d’entre eux est fidèles à la marque Lancia, force est de constater que c’est un héritage qui n’est pas perdu. Mais nous comprenons que le client de la marque que nous imaginons – sur le marché premium – sera en partie différent». Il ajoute que ce public est un profil à étudier et comprendre : « Nous devons comprendre leurs attentes et voir comment elles peuvent être satisfaites. Et cela affectera la position des futurs produits».

Un retour en France ?

D’un point de vue géographique, on le sait, Lancia est cantonnée au marché italien. Mais de nouvelles opportunités d’expansion territoriale peuvent-elles se faire jour ? C’est en tout cas l’avis de Luca Napolitano qui déclare que «ce n’est pas vrai que personne ne connaît Lancia à l’étranger Il y a des marchés sur lesquels elle a très bien fait, par exemple la France, la Belgique, la Grèce et où elle est reconnue. Les Français en particulier ont une image très positive de la marque». De quoi nous rendre heureux si effectivement la marque refranchissait les Alpes pour notre plus grand plaisir !

Quelle philosophie pour le futur ?

Miser sur l’Ypsilon semble un cas évident car sans elle, la marque n’existerait tout simplement plus. Elle est le vivier de clientèle à maintenir. Mais si Napolitano peut espérer un successeur à la citadine, il met particulièrement l’accent sur les opportunités de synergies au sein du pôle premium de Stellantis. Il déclare ainsi que

«si nous nous positionnons à côté d’Alfa Romeo et DS, nous ferons quelque chose avec eux. Et si l’on regarde leurs positions respectives, je crois que Lancia peut facilement trouver la sienne. Désormais, en simplifiant, si Alfa Romeo est synonyme de performance et de caractère sportif, tandis que DS est le Louis Vuitton de la voiture, nous avons certainement pour nous l’élégance, le style italien intemporel et l’innovation technologique qui sont les valeurs les plus pertinentes de la marque».

Quelle plateforme ?

Napolitano n’y va pas par 4 chemins. Il fait l’éloge de la plate-forme CMP du groupe PSA. «Aujourd’hui, la 208, la Corsa, la DS3, la Mokka et la 2008 en sont nées. Ce sont 5 voitures qui, pour différentes raisons, son ttrès appréciées sur le marché. Si je vois des opportunités pour Lancia ? Bien sûr que oui. Ensuite, nous verrons comment nous pouvons interpréter ce problème. Construire une berline plus traditionnelle ou un crossover ? Ainsi que l’horizon temporel. Il vaut mieux faire les choses correctement que de faire quelque chose rapidement». Enfin, interrogé sur la possibilité d’utiliser la plate-forme 100% électrique de la Fiat 500E, le PDG de Lancia répond tout net . «L’électricité est une voie que nous suivons tous. Mais plus que celle de la nouvelle 500, je serais intéressé par l’architecture CMP dans sa version pour le véhicule électrique». Pourquoi ? Il n’en dit mot…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.