
Ferrari savait que sa première voiture 100 % électrique allait faire parler. Mais sans doute pas à ce point-là. Avec la nouvelle Ferrari Luce, la marque de Maranello vient peut-être de signer le lancement le plus controversé de son histoire récente. Car au-delà de la fiche technique impressionnante, ce sont surtout les réactions des passionnés, propriétaires et collectionneurs Ferrari qui frappent : rarement une Ferrari aura provoqué un tel rejet dès sa présentation.
Présentée officiellement à Rome, la Ferrari Luce marque une rupture totale avec les codes habituels du constructeur italien. Longue de plus de 5 mètres, électrique, cinq places, dotée de quatre moteurs pour 1050 ch et d’une batterie de 122 kWh, elle ne ressemble à aucune Ferrari connue jusqu’ici. Ferrari revendique même une approche radicalement différente, confiée en partie au studio LoveFrom de Jony Ive, célèbre ancien designer d’Apple. Une décision qui, manifestement, ne passe pas auprès d’une partie des tifosi.



Sur les forums de propriétaires Ferrari, les réactions ont été immédiates. Et souvent extrêmement dures.
« Comment a-t-on pu valider un tel design ? », écrit un propriétaire. Un autre parle d’« une des voitures les plus laides des vingt dernières années ». Sur les forums, plusieurs membres comparent la Ferrari Luce à une Toyota Prius, une Honda, voire à un Fiat Multipla revisité. D’autres dénoncent une voiture « sans âme », « sans émotion » ou encore « sans identité italienne ».
Le plus frappant reste sans doute le sentiment de trahison exprimé par de nombreux propriétaires historiques. « Sergio Pininfarina doit se retourner dans sa tombe », écrit un membre. Un autre résume : « Ce n’est pas une Ferrari. »
La présence de Jony Ive et de son studio LoveFrom dans le projet revient d’ailleurs constamment dans les critiques. Plusieurs passionnés estiment que la voiture ressemble davantage à un produit Apple qu’à une Ferrari. « C’est un iPhone à roulettes », ironise un propriétaire. Un autre ajoute : « Elle aurait été badgée Apple, c’était la même. »


Et ce rejet ne concerne pas uniquement le design. Le passage à l’électrique reste un sujet extrêmement sensible chez les clients Ferrari. Un sondage réalisé auprès de près de 400 propriétaires Ferrari est particulièrement révélateur. À la question « Achèterez-vous la nouvelle Ferrari Elettrica ? », 76,6 % répondent simplement… « jamais ». Seuls 4,2 % déclarent vouloir en acheter une rapidement. Plus intéressant encore : 13,7 % expliquent qu’ils pourraient l’acheter uniquement pour espérer obtenir ensuite une allocation pour une Ferrari Icona ou une future série spéciale thermique (pourtant le CEO de Ferrari a bien indiqué que ce ne serait pas possible).
Autrement dit, même parmi les clients les plus fortunés et fidèles, beaucoup voient la Luce davantage comme un ticket d’entrée vers des modèles plus désirables que comme une Ferrari réellement désirable.
Sur un forum, certains commentaires sont particulièrement mordants. « Quiconque achète ce modèle mérite de recevoir la prochaine supercar en prime », écrit un membre. Plusieurs propriétaires évoquent également la peur d’une décote massive, certains prenant l’exemple des Porsche Taycan ou des Maserati électriques qui peinent déjà à convaincre sur le marché de l’occasion.
Même les performances pourtant impressionnantes de la Luce semblent laisser les tifosi indifférents. Avec un 0 à 100 km/h annoncé en 2,5 secondes et une vitesse maximale de 310 km/h, la Ferrari électrique affiche pourtant des chiffres de supercar. Mais pour beaucoup, cela ne suffit plus. « Le client veut de l’émotion. Visuelle, auditive… là ? », résume un propriétaire.
Sur les réseaux sociaux, les réactions récupérées dans des groupes de propriétaires Ferrari sont tout aussi violentes. « C’est hideux », « Affreuse », « Une honte », « Poisson d’avril ? », « Même les chinoises sont plus jolies désormais » : les commentaires négatifs se multiplient. Certains propriétaires assurent même qu’ils conserveront leurs V12 atmosphériques coûte que coûte.
Ferrari semble toutefois assumer totalement ce virage. La marque estime qu’en 2030, ses ventes seront réparties entre 40 % de thermiques, 40 % d’hybrides et 20 % d’électriques. Reste à savoir si la Luce parviendra réellement à séduire une nouvelle clientèle technophile et ultra-fortunée, comme semblent le penser certains observateurs, ou si elle deviendra un simple accident de parcours dans l’histoire de Maranello. Le carnet de commande sera le seul juge !

Une horreur sans nom, tout mon entourage l’a trouve degueu, passionnés de voitures ou non. Et Montezemolo a bien résumé la situation « le mythe est détruit », « qu’on enlève le cheval » ou encore « au moins les chinois ne copieront pas » 😂
Par contre je trouve l’intérieur « néo rétro » pas trop mal.