
Il vend des Ferrari LaFerrari à plusieurs millions d’euros, possède un stock de plus de 30 millions de livres sterling (35 millions d’euros, 40 millions de dollars). Quand Tom Hartley Jr parle de Ferrari, le monde des propriétaires de supercars écoute attentivement.
Dans une très longue interview diffusée sur YouTube, le célèbre vendeur britannique spécialisé dans les voitures de collection et hypercars s’est longuement exprimé sur la nouvelle Ferrari F80. Et ses propos sont loin d’être tendres. Selon lui, Ferrari reste probablement la marque automobile la plus puissante au monde… mais cela ne veut pas dire que la F80 est une réussite.

« Une brique de Lego avec un V6 »
Dès les premières minutes consacrées à la F80, le ton est donné. Face à l’animateur qui compare la nouvelle hypercar de Ferrari à une « brique de Lego », Tom Hartley Jr ne cherche pas vraiment à défendre le modèle italien.

Le vendeur explique d’abord que le contexte a changé. Les constructeurs doivent désormais réduire les émissions, électrifier leurs gammes et adopter des mécaniques hybrides plus compactes. Selon lui, Ferrari n’a plus vraiment le choix : pour continuer à produire autant de voitures performantes et rentables, la marque doit passer par des moteurs plus petits et des technologies hybrides.
Mais cette justification technique ne suffit visiblement pas à le convaincre sur le plan émotionnel. Il compare directement la F80 à la Ferrari Daytona SP3, qu’il considère comme l’une des meilleures Ferrari modernes jamais produites. Une voiture équipée d’un V12 atmosphérique, au design spectaculaire et déjà devenue extrêmement recherchée sur le marché.

Selon lui, le contraste est brutal : d’un côté une SP3 Daytona au moteur V12 atmosphérique produite à environ 500 exemplaires, de l’autre une F80 plus chère, produite en plus grand nombre et équipée d’un V6 hybride. Pour Tom Hartley Jr, le problème principal est simple : la F80 serait une voiture extrêmement performante… mais qui manque d’âme.
Dans l’interview, le vendeur britannique évoque également le prix de la F80. Selon lui, une fois les taxes ajoutées, les exemplaires dépassent les 4 millions d’euros sur certains marchés. Un tarif difficile à justifier face à une SP3 Daytona qui, selon lui, possède davantage de charisme mécanique et émotionnel.
Il prend l’exemple de la Formule 1 pour illustrer son propos. D’après lui, si l’on demandait à Lewis Hamilton de choisir entre une ancienne F1 V10 atmosphérique de la fin des années 2000 et les monoplaces hybrides actuelles, le Britannique choisirait probablement l’émotion sonore et mécanique des anciennes générations. Pour Tom Hartley Jr, les hypercars modernes deviennent toujours plus rapides, mais perdent progressivement ce qui faisait rêver.
« Je pense que la F80 va être un flop »
Un autre passage marquant de l’interview arrive lorsqu’il évoque le potentiel commercial de la F80 sur le marché secondaire. Sans détour, il explique qu’il pense que la voiture pourrait être un flop. Selon lui, beaucoup d’acheteurs voudront simplement posséder « la nouvelle Ferrari avant leur voisin », mais peu tomberont réellement amoureux de la voiture.
Il estime également que très peu de personnes regarderaient spontanément une F80 en se disant qu’elle mérite plusieurs millions d’euros. Pourtant, malgré cette critique très dure, Tom Hartley Jr reconnaît immédiatement la force de la marque Ferrari.
« Ferrari pourrait vendre n’importe quoi »
Au milieu de cette discussion sur la F80, Tom Hartley Jr lâche une phrase qui résume son point de vue sur la marque italienne :
« Même si Ferrari te vendait un seau de crottin de cheval, tu les remercierais de te l’avoir vendu. »
Une déclaration provocatrice, mais qui traduit surtout l’aura incroyable de Ferrari dans le monde automobile. Selon lui, aucune autre marque ne possède un tel pouvoir émotionnel et marketing. Même lorsqu’un modèle divise fortement, Ferrari parvient toujours à vendre l’intégralité de sa production. Tom Hartley Jr estime que rien ne peut réellement détruire Ferrari aujourd’hui tant la marque est installée au sommet de l’automobile de prestige.
La Ferrari LaFerrari reste sa référence
Tom Hartley Jr ne critique pas Ferrari dans son ensemble. Bien au contraire. Tout au long de la discussion, il explique que la Ferrari LaFerrari reste selon lui la meilleure des grandes hypercars modernes à conduire. Il la préfère même à la Pagani Huayra sur de nombreux aspects dynamiques. Il affirme également qu’une LaFerrari bien positionnée en prix pourrait se vendre immédiatement tant la demande reste forte.
