Cet Américain découvre le lien entre Alfa Romeo et Ferrari… et se fait livrer la première 33 Stradale des États-Unis : « c’est presque un coup de chance »

Il n’y aura que 33 exemplaires dans le monde. Et l’un d’eux vient tout juste d’être livré aux États-Unis, au Texas, à un entrepreneur américain passionné d’automobile italienne : Glynn Bloomquist. L’homme d’affaires, aujourd’hui Chief Investment Officer de la société de spiritueux premium High Basin Brands, vient de recevoir son Alfa Romeo 33 Stradale lors d’une cérémonie organisée dans une concession Alfa Romeo d’Austin.

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Pour Alfa Romeo, cette livraison n’est pas anodine. La 33 Stradale représente bien plus qu’une supercar ultra exclusive : c’est le manifeste du retour du savoir-faire artisanal italien appliqué à l’automobile moderne. Et Glynn Bloomquist fait partie des seulement 33 clients sélectionnés pour participer à cette aventure.

D’IndyCar aux Alfa Romeo : la naissance d’une passion italienne

L’histoire de Glynn Bloomquist avec Alfa Romeo ne date pas d’hier. Né dans une famille passionnée de muscle cars et de sport automobile américain, il grandit au rythme des courses américaines avant de passer une décennie entière à voyager autour du monde dans l’univers de l’IndyCar.

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Parmi ses souvenirs les plus marquants, il cite notamment Jimmy Vasser lors des 500 Miles d’Indianapolis 1992, lorsque le pilote avait battu le record de vitesse pour un rookie avec plus de 222 mph. Mais c’est surtout la découverte d’une biographie d’Enzo Ferrari qui va changer sa vision de l’automobile. En découvrant les liens historiques entre Ferrari et Alfa Romeo, Bloomquist tombe progressivement amoureux du Biscione. Une passion qui se transforme rapidement en collection. Dans son garage, en plus de quelques muscle cars américaines, et des Ferrari, figurent notamment une Alfa Romeo Giulietta Spider Veloce de 1958 ayant appartenu à Bobby Rahal, ainsi qu’une Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 100th Anniversary.

En 2023, invité par Alfa Romeo sur le Circuit of the Americas à Austin, il rencontre Cristiano Fiorio, responsable du projet 33 Stradale. C’est à ce moment précis que tout bascule.

« La passion pour la course automobile m’est venue dès ma naissance, car je suis né dans un hôpital situé sur une base aérienne qui abritait des bombardiers B-52 de l’US Air Force. Peut-être que ça vient de là, puisque je suis né dans cet hôpital de la base aérienne… peut-être, je ne sais pas, difficile à dire.

L’histoire de la découverte de la 33 Stradale est assez incroyable pour moi, presque un coup de chance pourrait-on dire. En fait, j’avais été invité par le concessionnaire local Alfa Romeo d’Austin à participer à une session de tours rapides sur circuit.

Ensuite, nous avons visité l’espace hospitalité d’Alfa Romeo et je demandais pourquoi, avec un héritage aussi riche, Alfa Romeo n’avait pas de supercar. La responsable marketing avec qui je discutais a un peu réagi en mode “wow”… Je n’ai rien dit de plus, puis elle est revenue me présenter Cristiano, qui m’a parlé du projet de manière confidentielle. Et cela m’a immédiatement rappelé la voiture de course TIPO 33.

J’ai donc voulu en faire une interprétation moderne et, bien sûr, chaque voiture de course doit avoir un numéro. Et moi, je voulais le numéro 14. Le 14 est un numéro spécial pour moi, encore une fois à cause de l’héritage et de l’histoire de la compétition. Quand Enzo Ferrari pilotait pour Alfa Romeo, il portait le numéro 14. Et puis mon héros américain du sport automobile, A. J. Foyt, originaire de Houston au Texas, portait lui aussi le numéro 14, notamment lorsqu’il a remporté quatre fois les 500 Miles d’Indianapolis ainsi que de très nombreuses courses.

Je possède quatre voitures italiennes. Je conduis toutes mes voitures, y compris sur circuit. J’ai dit à Cristiano : assurez-vous que la 33 Stradale ait une très belle sonorité. J’ai fait deux voyages à Turin avec des sessions très détaillées et nous avons travaillé à partir de rendus informatiques pour observer différents angles de la voiture. Ensuite, nous avons continué avec des appels en visio avec l’équipe afin d’arriver à la configuration finale. C’est quelque chose de plus qu’une simple automobile.

C’est véritablement une passion, un art de vivre, le fait d’être client Alfa Romeo et membre de la famille Alfa, c’est ce que j’ai ressentigrâce au processus Bottega. Désormais, j’ai vraiment l’impression de faire partie de cette famille. Et je suis sincèrement reconnaissant et honoré de pouvoir représenter la marque de cette manière. »

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« À une condition : elle devait être rouge »

Lorsque Cristiano Fiorio lui propose de devenir l’un des 33 propriétaires de la nouvelle Alfa Romeo 33 Stradale, Bloomquist accepte immédiatement. Avec une seule exigence : la voiture devait être rouge.

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Quelques mois plus tard, en mai 2024, il se rend personnellement à Arese, au musée Alfa Romeo, pour finaliser la configuration de son exemplaire. Le lieu n’a rien d’anodin : c’est dans la célèbre Sala del Consiglio que le design de la 33 Stradale originale avait été approuvé en 1967. Désormais transformée en “Bottega Alfa Romeo”, cette salle accueille les designers, ingénieurs et historiens de la marque qui travaillent directement avec les 33 clients pour créer des voitures totalement uniques.

À l’intérieur, Glynn Bloomquist a demandé une sellerie spéciale inspirée du monde du mobilier haut de gamme, avec un magnifique cuir. Le numéro 14 est brodé sur les appuie-têtes et apposé sur les portes. Un double hommage à Enzo Ferrari, qui utilisait ce numéro sur ses Alfa Romeo dans les années 1920, et à A.J. Foyt, quadruple vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis.

Une supercar qui ne restera pas enfermée

Contrairement à de nombreuses hypercars ultra limitées destinées à finir dans des collections privées, cette Alfa Romeo 33 Stradale devrait régulièrement prendre la route. Glynn Bloomquist l’a lui-même assuré : sa voiture ne restera pas dans un garage climatisé. Les routes texanes et les circuits autour d’Austin attendent déjà le rugissement de son V6 3.0 litres biturbo de plus de 620 chevaux.

Et quelque part, voir une Alfa Romeo aussi rare rouler librement sur les routes du Texas a quelque chose de particulièrement symbolique : celui d’un constructeur italien qui continue, malgré les mutations du marché, à faire rêver les passionnés des deux côtés de l’Atlantique.

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