
À peine revenu chez Stellantis, Gilles Vidal donne déjà le ton. Dans une longue interview accordée au magazine britannique Autocar, le nouveau directeur du design Europe du groupe a évoqué sa vision pour les dix marques dont il a désormais la responsabilité… mais aussi le calendrier des premiers modèles qui porteront réellement sa signature. Et visiblement, il ne faudra pas attendre longtemps.
Un retour chez Stellantis qui change beaucoup de choses
Après plusieurs années remarquées chez Renault, où il a participé au retour en grâce de modèles emblématiques comme les Renault 5 et Twingo, Gilles Vidal est revenu chez Stellantis avec une mission immense : redonner une identité forte à chaque marque européenne du groupe.
Dans son entretien, le designer français ne cache pas son ambition. Selon lui, l’industrie automobile traverse « la plus grande révolution depuis plusieurs siècles », entre électrification, intelligence artificielle et nouvelles méthodes de conception. Stellantis ne peut plus se permettre de produire des voitures trop proches les unes des autres.
Un discours qui rejoint directement ses précédentes déclarations sur Alfa Romeo. Il y a quelques semaines déjà, Gilles Vidal expliquait vouloir préserver une marque « pensée pour le conducteur », avec davantage d’émotion, de sensations mécaniques et une vraie connexion entre la voiture et son pilote. Cette philosophie devait notamment permettre à Alfa Romeo de conserver son ADN, même à l’ère électrique. Mais cette fois, le designer va plus loin.
« Beaucoup de choses à montrer » dès le Mondial de Paris
Interrogé par Autocar sur ses premiers travaux chez Stellantis, Gilles Vidal a laissé entendre que plusieurs projets étaient déjà en préparation avancée. Et surtout, qu’ils pourraient être dévoilés très rapidement. Le directeur design évoque directement le Mondial de l’Automobile de Paris, prévu en octobre 2026, comme une échéance importante : il espère y avoir « énormément de choses à montrer ».
Une déclaration loin d’être anodine. Car même si Vidal vient seulement de reprendre ses fonctions, cela signifie que plusieurs concepts, restylages ou orientations stylistiques seraient déjà en cours de finalisation au sein des différentes marques du groupe. Pour rappel, Gilles Vidal supervise désormais le design de Peugeot, Citroën, DS, Fiat, Abarth, Alfa Romeo, Lancia, Maserati et Opel/Vauxhall, sous la direction du patron du design mondial Ralph Gilles et du directeur Europe Jean-Philippe Imparato.
La fin des « clones » chez Stellantis ?
L’un des points les plus intéressants de cette interview concerne justement la différenciation entre les marques. Gilles Vidal estime que Stellantis doit absolument éviter de produire des voitures trop similaires. Selon lui, un client n’achète pas « une Stellantis », mais une Alfa Romeo, une Fiat ou une Peugeot. Chaque constructeur doit donc retrouver une personnalité immédiatement identifiable, aussi bien dans le style que dans l’expérience de conduite.
Le designer semble également confirmer un changement de philosophie depuis l’arrivée d’Antonio Filosa à la tête du groupe. Gilles Vidal explique que le nouveau dirigeant est beaucoup plus ouvert à la diversité des produits et des identités de marque, contrairement à une période où certaines libertés créatives étaient plus limitées. Un détail qui pourrait avoir son importance pour l’avenir de marques comme Lancia, Alfa Romeo ou Maserati, dont les futurs modèles seront particulièrement attendus.
Alfa Romeo, Lancia, Fiat… à quoi faut-il s’attendre ?
Même si Gilles Vidal reste volontairement discret sur les futurs modèles, plusieurs indices apparaissent dans son discours. Il insiste notamment sur l’importance de créer des voitures émotionnelles et reconnaissables immédiatement. Cela pourrait se traduire par des designs plus audacieux, mais aussi par une approche différente des habitacles, avec davantage de commandes physiques et une expérience plus immersive.
Concernant Alfa Romeo, cela confirme encore une fois la volonté de préserver une identité sportive forte, même sur des modèles électrifiés. Pour Lancia, en pleine renaissance, le travail de différenciation sera tout aussi crucial. Quant à Fiat, Vidal cite directement le succès de la 500 comme exemple d’une voiture capable de multiplier rapidement les versions et les personnalités sans perdre son identité.
Reste désormais à voir quelles seront les premières créations concrètes du designer. Réponse, visiblement, dans quelques mois seulement au Mondial de Paris.
On entend tout et son contraire, céder des usines aux constructeurs chinois, trop de marques et de gros problèmes financiers.
Mai .
Garder toutes les marques et les différencier cela Shopi de gros investissements,, une préservation des outils de production et de la recherche innovation
Demain on nous dira le contraire
L’un n’empêche pas l’autre. On peut fabriquer une Opel, une Jeep et une Alfa Romeo chinoise avec un design supervisé en Europe. Si je prends l’exemple de la Lancia Ypsilon, basée sur une Peugeot 208, produite en espagne, un projet piloté depuis Turin. Et la cession d’usines à BYD par exemple n’empeche pas cela non plus.
« Pour rappel, Gilles Vidal supervise désormais le design de Peugeot, Citroën, DS, Fiat, Abarth, Alfa Romeo, Lancia, Maserati et Opel/Vauxhall, sous la direction du patron du design mondial Ralph Gilles et du directeur Europe Jean-Philippe Imparato. »
Honnêtement, la présence de ce dernier, à ce poste qui plus est, le dérange beaucoup. On parle là du plus proche bras droit de Tavares, qui a mis le groupe dans cette position. Chez Alfa Romeo, il n’a fait que dilapider l’image de marque (Junior) et montrer qu’il ne comprenait rien au principe de l’exclusivité (Veloce en diesel 160. encore vu une hier)…