
Imaginez tomber sur une annonce comme celle-ci en faisant défiler votre fil Facebook ou un site de petites annonces. Un SUV Maserati Levante S, V6 biturbo essence de 430 ch, boîte automatique, première mise en circulation en janvier 2016. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Puis viennent les deux lignes qui changent tout : 720 000 km au compteur… et 15 000 € seulement.
Oui, vous avez bien lu. Le prix d’une citadine d’occasion pour un SUV de luxe italien qui dépassait largement les 100 000 € neuf. L’annonce provient d’un vendeur situé à Augsbourg, en Allemagne, et indique même que le kilométrage serait certifié. Mieux encore, elle promet une garantie de 24 mois sur le moteur, les pièces et la main-d’œuvre.
Alors forcément, la question se pose : est-ce une opportunité incroyable… ou le début d’une longue série de factures ?
Quand un Maserati coûte le prix d’une citadine
Le Maserati Levante occupe une place particulière dans l’histoire de la marque. Lancé en 2016, il s’agit du premier SUV produit par Maserati, assemblé dans l’usine de Mirafiori à Turin. Positionné face aux Porsche Cayenne, BMW X5 ou Range Rover Sport, il proposait un mélange de luxe italien, de performances et de polyvalence familiale.

À l’époque, les tarifs démarraient autour de 80 000 € et pouvaient dépasser 150 000 € selon les versions. Aujourd’hui, le marché de l’occasion est extrêmement large. Un Levante en bon état avec 60 000 à 120 000 km se négocie généralement entre 40 000 et 70 000 €.
Mais comme souvent avec les voitures haut de gamme, il existe aussi un “sous-sol du marché”. On y trouve des exemplaires à moins de 25 000 €, généralement très kilométrés, souvent issus de flottes de gros rouleurs ou de chauffeurs. Et parfois, certaines annonces vont encore plus loin.
720 000 km : un chiffre choquant… mais pas totalement inédit
Voir un Levante afficher 720 000 km peut sembler totalement irréaliste. Pourtant, ce chiffre n’est pas aussi absurde qu’il en a l’air.
Dans un précédent guide consacré à l’achat d’un Levante d’occasion, nous avions déjà repéré des exemplaires particulièrement kilométrés. Certains V6 diesel dépassent les 300 000 km, ce qui n’est pas si rare pour des véhicules utilisés intensivement sur autoroute. Plus surprenant encore, il existe même un Levante V6 essence de 2017 affichant près de 780 000 km dans certaines annonces. Autrement dit, ces SUV ont parfois vécu une vie de gros rouleurs professionnels : autoroutes, trajets longue distance, utilisation quasi quotidienne.


Cela ne signifie évidemment pas que tous les Levante sont capables d’atteindre de tels chiffres. Mais cela montre que la base technique du modèle peut encaisser énormément de kilomètres lorsque l’entretien est suivi.
Le V6 essence
L’exemplaire proposé dans l’annonce n’est pas un diesel, mais un Levante S, équipé du V6 3.0 biturbo essence de 430 ch. Ce moteur est particulièrement intéressant dans l’histoire récente de Maserati. Conçu par la marque au trident mais assemblé par Ferrari à Maranello, il fait partie de la famille de moteurs F160. Bloc aluminium, double turbocompresseur, injection directe : sur le papier, c’est une mécanique noble.

Sur la route, ce V6 transforme complètement le caractère du Levante. Là où le diesel privilégie le couple et l’efficacité sur long trajet, l’essence apporte une sonorité beaucoup plus expressive, une montée en régime plus vive et une sensation plus “sportive”.
Côté fiabilité, les retours d’expérience sont plutôt bons. Il n’existe pas de défaut majeur connu sur le moteur lui-même, même si les périphériques modernes (injecteurs, capteurs, …) peuvent évidemment nécessiter des interventions avec le temps. Mais une chose est certaine : 720 000 km reste un kilométrage extrême, même pour une mécanique solide.
Le vrai piège d’un Maserati très bon marché
Car la vraie question n’est pas seulement de savoir si ce Levante peut encore rouler. La vraie question est plutôt : combien coutera-t-il dans les prochaines années ?
Un Levante reste un SUV de luxe conçu pour un prix neuf à six chiffres. Les pièces, la main-d’œuvre, les pneus, les freins ou les suspensions sont calibrés pour ce niveau de gamme. Autrement dit, même si vous l’achetez 15 000 €, l’entretien ne sera jamais celui d’une voiture à 15 000 €. Sur une voiture ayant parcouru plus de 700 000 km, presque chaque élément mécanique a potentiellement déjà été remplacé… ou pourrait l’être bientôt. La présence d’une garantie de 24 mois dans l’annonce peut rassurer, mais il reste toujours essentiel de comprendre précisément ce qui est réellement couvert.
Alors, bonne affaire ou pari risqué ?
Dans l’absolu, rouler en Maserati Levante pour 15 000 € est évidemment séduisant. L’image de marque, le design italien, le moteur V6 Ferrari et les performances restent très attractifs. Mais face à un compteur affichant 720 000 km, l’achat devient presque une décision philosophique.
Pour certains, ce genre d’annonce représente une curiosité fascinante : la preuve qu’un SUV Maserati peut parcourir des distances dignes d’un taxi allemand. Pour d’autres, c’est tout simplement un pari mécanique difficile à justifier. Car à ce niveau de kilométrage, la voiture a déjà largement vécu sa vie.
Et dans ce cas précis, la vraie question n’est peut-être pas “combien coûte-t-elle ?”, mais plutôt “combien de kilomètres peut-elle encore parcourir ?”.

Des versions qui ont passé les 300.000km en Suisse chez Maserati il y en a à la pelle. Mieux vaut se méfier des modèles qui roulent peu ou pour lés refaire et les garder en collection ou pour un restomod.
Ce qui me sidère surtout c’est que 720000km c’est aussi au moins 72000 litres d’essence ( et je doute fort que ce V6 ne consomme que 10l/100). A 2 euros le litre ça ferait presque 150000 euros d’essence !!! Quel taf vaut 150000 eur d’essence en 10 ans dans un SUV
Il en consomme pas 10 mais 15 et passe sans problème à l’éthanol.
Salut les passionnés.
Je serai curieux de savoir si la base de ce v6 est le même que le quadrifoglio. Et par contre la. Plate-forme est commune avec le Stelvio ? Giorgio?
Un abbraccio a tutti
Biagio
Bonjour, le V6 et la plateforme sont différents du Stelvio Quadrifoglio. Le V6 est un pentastar retravaillé et fabriqué par Ferrari à Maranello. La plateforme est une Maserati commune aux ghibli et quattroporte.
Euh non c’est l’inverse. C’est bien un moteur Ferrari comme le V8 mais produit aux USA.
Si vous regardez les cotes sont totalement différentes des V américain.
Marchionne voulut un temps le faire sur les V6 et V8 Dodge mais cela n’a pas fonctionné et la clientèle a bien pété un cable en apprenant cela.
Ferrari n’avait tout simplement pas les chaînes de production appropriées pour rajouter 2 moteurs supplémentaires à produire.
Je parle du 3.0l v6, pas du v8 de la trofeo
Oui j’a bien compris mais c’est bien un bébé Ferrari/VM Motori.
La seule chose incompréhensible c’est d’avoir produit ces moteurs aux USA pour faire des économies au lieu de vendre le concept directement à Maserati et le produite à Modena.
C’est ce V6 que j’aimerais voir à jour posé chez Lancia et Citroën comme cela Chacun aurait leur V6
Citroën/Lancia
Alfa/Maserati
Et on a beau dire beaucoup achètent encore des V6 diesel ou PSA a bien réussi à en faire des hybrides tournant au. Colza alors qu’est-ce qu’ils attendent?!🤷🏻♂️
La plate-forme est la dernière évolution de la précédente qui a servi sur la Quattroporte 5 et la Granturismo et Cabrio.
Mouais pas sûr de ça … pour les Ghibli, Quattroporte , levante il a longtemps été suspecté que c’était un dérivé de chrylser et ça tombe bien Fiat venait de racheter Chrysler quelques années avant.
Les premiers prototypes ont été il est vrai étudié sur la LC (Dodge) mais cela n’a pas fait car pas assez prestigieuse pour la clientèle et surtout comme Marchionne l’avait expliqué, Dodge et Chrysler eux même étaient arrivés au bout du bout avec cette plate-forme et la faire fortement évoluer aurait apporté un prix conséquent sur les berlines Chrysler et Dodge et les clients aux USA achètent en grand partie « un prix » pour les faire préparer en suite, un peu comme les japonais qui achètent les GT86 de base pour les envoyer chez les préparateurs.
Ils ont fait l’erreur avec la Viper et on en a hélas vu le résultat désastreux avec des prix totalement hallucinants sur la dernière.
Même si c’est la 300 a servie de mettre au point les 4WD et la Quattroporte 5 qui ont servie de mulet pour la mise au point des moteurs, transmission que l’on voyait dans les magazines à l’époque.
On voit même les systèmes 4WD n’a rien en commun.