
Le Grand Prix Historique de Monaco 2026 a permis d’admirer et surtout d’entendre de nombreuses monoplaces de F1, des années 50 aux années 80. Parmi elles, quelques Ferrari, qui se font en général assez rares dans les plateaux de courses. Le coût d’entretien n’est pas anodin…
Hommage à Villeneuve l’intrépide
La série F, qui accueille les F1 à moteur 3 litres construites entre 1977 et 1980, se nomme “Gilles Villeneuve”. Il aurait donc été incongru qu’aucune voiture du canadien ne soit présente. Tant mieux, dans ce plateau dominé par des voitures anglo-saxonnes (Hesketh, Williams, Lotus, etc), une ex-Ferrari de Villeneuve était alignée : la 312 T5 de 1980, pilotée dans les rues de la Principauté par Juergen Boden.

La série 312T, la machine à gagner
Quand on parle de la série des 312T (le T faisant référence à la position transversale de la boîte de vitesses), on évoque l’une des périodes les plus fastes de l’histoire de la Scuderia en F1 : titre constructeur en 1975, 1976, 1977 et 1979, ainsi que les titres pilotes en 1975 et 1977 pour Niki Lauda, puis 1979 pour Jody Scheckter. Les Ferrari peuvent aussi s’appuyer sur une arme absolue, le fabuleux 12 cylindres à plat (180°) qui développe plus de 500 ch à 12.500 tours/min, dépassant largement le V8 Cosworth. Sauf qu’en 1980, c’est la catastrophe !

Une approche trop conservatrice
La T5 conçue par Mauro Forghieri n’est qu’une simple évolution de la T4 de 1979, le travail s’étant limité à une révision de suspensions et des freins, tandis que les autres écuries, comme Williams et Ligier, ont fait considérablement évoluer leurs monoplaces. Le châssis, composé de treillis en alliage léger et de panneaux en alliage d’aluminium commence à dater alors que les matériaux composites se généralisent.
Ferrari est aussi gênée par l’architecture du moteur, le 12 cylindres à plat, qui empêche d’exploiter pleinement le phénomène d’effet de sol, introduit par Lotus quelques années plus tôt. De plus, Michelin focalise le développement de ses gommes sur les monoplaces à moteur Turbo, comme la Renault.




Une année de transition
Résultat ? La pire saison de l’histoire de la Scuderia ! Gilles Villeneuve ne marque que 6 points et Scheckter 2 points, avec même une non-qualification aux USA ! Ferrari termine 9ème et avant-dernière du classement des constructeurs ! La 312T5 n’a connu quasiment aucun développement, mais pour cause : l’année 1980 a surtout été dédiée à la conception de la 126CK, la première monoplace Ferrari dotée d’un moteur turbo. Le succès de Renault avec cette technologie a convaincu Ferrari de s’y jeter à corps perdu, sacrifiant ainsi la 312T5. La 126CK est testée à Monza pendant les essais du grand prix et se montre rapide, annonçant un début de rédemption pour les rouges.
