
L’Alfa Romeo Monza est l’une des voitures les plus victorieuses de l’histoire de la marque milanaise, dans toutes les configurations : Sport, Endurance et Grand Prix. Lancée en 1931, elle est dotée d’un moteur huit cylindres en ligne suralimentées de 2,3 litres, délivrant dans les 175 chevaux. La mécanique dispose de deux blocs et culasses en alliage léger, avec deux soupapes par cylindre et deux arbres à cames en tête entraînés par engrenages. Faisant environ 920 kilos, la bête est capable d’atteindre 210 Km/h.
Dès sa première année, la voiture s’impose à la Targa Florio, avec Tazio Nuvolari, aux 24 heures du Mans avec le duo Lord Howe – Sir Henry Birkin, et au grand prix d’Italie, avec le duo Giuseppe Campari – Tazio Nuvolari. C’est cette victoire sur le circuit lombard qui donne alors le nom “Monza” à la machine de course.
Veni, vidi, vici!
En 1932, grande première : Alfa Romeo participe pour la première fois officiellement au grand prix de Monaco, dont la première édition s’est tenue en 1929. Son directeur d’équipe, Aldo Giovannini, engagea trois Alfa Romeo Monza rouges 2,3 litres spécialement préparées pour Tazio Nuvolari, Giuseppe Campari et Mario Umberto Borzacchini. Une quatrième voiture, une Monza blanche, était destinée à l’Allemand Rudolf Caracciola, qui n’était pas encore membre de l’équipe d’usine officielle. Caracciola avait néanmoins signé un contrat avec Alfa Romeo pour 1932, suite au retrait de Daimler-Benz de la compétition fin 1931. Les relations entre le trio italien et l’Allemand ne sont pas simples au début, solidarité nationale oblige, mais aussi car on soupçonnait les pilotes Italiens d’avoir fait une entente pour se partager les primes !

Lors de la course, c’est d’abord le monégasque Louis Chiron, sur Bugatti, qui mène la danse. Nuvolari, parti seulement 11ème, remonte comme une flèche et pointe en seconde position après seulement une demi-heure de course ! Au 30e tour, Chiron commet une erreur à la chicane et part en tonneaux, heureusement sans gravité, mais il abandonne ! Nuvolari hérite de la tête, puis doit faire face en fin de course à la remontée de Carraciola, qui s’est rapidement adapté à la Monza ! Nuvolari connaît aussi des problèmes d’allumage, mais il tient bon et l’emporte avec seulement 2.8 secondes d’avance sur la Monza blanche !
Un tour de trop !
En 1933, la cylindrée de la Monza est désormais de 2.6 litres, portant la puissance de 165 à 180 ch et la vitesse de pointe à 225 km/h, en attendant que la Scuderia Ferrari recoive les nouvelles P3. Nuvolari revient et se livre à une lutte acharnée pour la victoire avec son grand rival, Achille Varzi, qui dispose d’une Bugatti Type 51. Les deux hommes ne se lâchent pas d’une semelle et prennent à tour de rôle la tête. A l’entame du 99e et dernier tour, après plus de 3 heures de course, Nuvolari et Varzi sont roues dans roues, se frôlant dangereusement dans le virage du Casino, mais le moteur de la Monza rend l’âme dans le tunnel et le “mantouan volant” doit abandonner, laissant la victoire à Varzi. Ayant même été aidé de quelques spectateurs et mécaniciens pour pousser sa voiture, il est même disqualifié. Ce nouveau souci de fiabilité va tendre un peu plus les relations déjà conflictuelles que Nuvolari entretenait avec Enzo Ferrari, et l’Italien finit même par claquer la porte et partir chez Maserati.
Dans le détail
Nous avons pu approcher cette Alfa Romeo 8C lors du Grand Prix historique de Monaco 2026 pour en admirer les détails.








On apprend ainsi qu’il s’agit du châssis n°28 et du moteur n°28. Voici ce que l’on peut lire sur une plaque située dans le compartiment moteur, témoignant de la précision des mécaniques et de la rigueur nécessaire pour les entretenir :
AVERTISSEMENTS
L’ordre d’allumage en partant du radiateur est le suivant : 1 3 6 8 4 2 7 5
Le jeu entre les cames et les soupapes d’admission et d’échappement doit être au minimum de 0,45 mm et au maximum de 0,50 mm. (Contrôler le réglage tous les 2000 km parcourus).
Vérifier que l’écartement des électrodes des bougies soit d’environ 0,4 mm.
De même, l’écartement des contacts du distributeur doit être d’environ 0,35 mm.”
De l’autre côté, une plaque donnant les instructions pour la lubrification :
LUBRIFICATION DU MOTEUR
Maintenir l’huile dans le réservoir au-dessus du niveau minimum.
Avec un moteur neuf ou venant d’être révisé, changer l’huile après les 500 km.
Ensuite, faire la vidange :
- en été : tous les 2000 km
- en hiver : tous les 1000 km
Les huiles recommandées sont les suivantes :
- Été : Oleoblitz Sport Semi-denso ou Gargoyle Mobiloil BB
- Hiver : Oleoblitz Sport Fluido ou Gargoyle Mobiloil A
Pour des températures inférieures à 0°C, utiliser :
Oleoblitz Fluido Bis ou Gargoyle Mobiloil Arctic
Oui, nous sommes loin des batteries !
