Essai de l’Alfa Romeo Stelvio 2020 280 ch essence : le meilleur SUV sportif ?

A l’aise pour rédiger l’essai de l’Alfa Romeo Giulia 2020 car c’est une voiture que je connais très bien ayant roulé avec pendant plus de 3 ans, j’ai eu un peu de mal à démarrer la rédaction de l’essai de l’Alfa Romeo Stelvio. N’étant pas un grand consommateur de SUV, je n’ai qu’en titre de comparaison pu essayer sur un long kilométrage une Fiat 500X, une Lexus UX, une Seat Arona et plus récemment une Audi Q3 2020. Etant habitué aux berlines, il m’a fallu un peu de temps pour comparer, pour comprendre les atouts et les défauts du Stelvio avec le plus d’objectivité. Je précise de suite que de tous les SUV que j’ai pu essayer, le Stelvio est bien plus du niveau de l’Audi que des autres marques citées plus haut. C’est déjà une bonne chose. La Seat est plus à comparer à une Fiat. La Lexus… c’est encore à part. Bref, que vaut ce SUV annoncé comme sportif ? Allons-y !

Prise en main, un beau SUV (dans tous les sens du terme)

« Beau » car il a de la gueule, et « beau » car ce n’est pas un SUV compact. C’est un D-SUV, donc à comparer à un Audi Q5, BMW X3, Mercedes GLC et, pourquoi pas, un Porsche Macan, ils sont du même gabarit. C’est clairement celui qui a le design le plus « latin ». En plus, avec le Bleu Misano dont profite le Stelvio de l’essai, impossible de rester indifférent à son passageAlfa Romeo sait toujours faire de belles voitures…

A bord, même habitacle, même confort que dans la berline Giulia, légèrement plus spacieux, légèrement plus haut et coffre forcément plus grand. C’est d’ailleurs parfois pour cette raison qu’à défaut de proposer une Giulia SW, de nombreux clients se sont tournés vers le Stelvio.

Toujours concernant l’habitacle, j’adore l’intérieur du Stelvio. Il est différent de la concurrence. Il n’est pas chargé, pas austère, pas taillé à la serpe, il est élégant, avec des matériaux premium et un peu de « racing ».

Au niveau de l’info-divertissement, comme sur la Giulia, cette cuvée 2020 apporte une grande mise à jour. L’interface se rapproche de ce qui se fait de mieux mais je dois être honnête, reste en deçà de que j’ai pu essayer sur les dernières Mercedes ou Audi. L’écran tactile est bien mais n’est pas au niveau de fluidité des ces allemandes que ce soit au niveau de l’interface ou bien de la navigation sur la carte. Toutefois, c’est un grand pas en avant par rapport à la précédente génération..

Le Stelvio propose également une nouvelle fonctionnalité que j’ai apprécié utiliser, un chargeur sans fil à induction pour smartphone situé au niveau de la console centrale. Pratique. Enfin, concernant le multimédia, le Stelvio propose l’audio Harman Kardon (comme c’était déjà le cas sur ma Giulia de 2016) et le son est très bon mais pas au niveau du prix de l’option. Je pense qu’il y aurait encore un travail à faire au niveau de l’ampli audio. J’ai comparé, Lexus et Audi font mieux à ce niveau là.

Je démarre le moteur, et me lance. Est-ce qu’à la conduite le gabarit du Stelvio impressionne ? Et bien non. Le SUV Stelvio est tout aussi agile que la berline Giulia au quotidien. Malgré sa taille, que ce soit en ville ou sur routes sinueuses, je ressens la même sensation de voiture « passe partout » grâce à la précision de la direction. C’est vraiment la meilleure de sa catégorie à ce niveau là. L’angle de braquage est aussi très important, pratique dans certaines situations.

Petit bémol, pas de camera 360. Je le précise car pour un véhicule de cette taille, c’est une fonctionnalité que j’apprécie avoir lorsqu’il faut se garer (ou aller dans un parking avec des trottoirs hauts, ou encore au McDrive…). C’est rassurant. C’est une option bien présente chez Audi ou Lexus par exemple… dommage. Le Stelvio a quand même la reconnaissance des panneaux, la détection active des angles morts, l’aide au maintien dans la trajectoire, la détection de fatigue, etc.

Sensation à bord : SUV vraiment sportif ?

Pour cet essai, j’avais vraiment hâte d’essayer le Stelvio Q4 280 ch essence par rapport à ma Giulia 200 ch essence. Qu’est-ce que ça donne à l’accélération ? Dans les courbes ? Essayons…

J’accélère : ce qui surprend c’est la stabilité du véhicule. Il va théoriquement plus vite (5,7 sec pour le 0 à 100 km/h) mais j’ai moins de sensations qu’avec ma Giulia 200 ch essence propulsion pourtant annoncée à 6,6 sec pour le 0 à 100 km/h. Le Stelvio est extrêmement stable, il accroche la route à l’accélération. En entrée et sortie d’un rond point ou encore sur les routes sinueuses (pour ne pas dire montagneuses) que j’ai pu prendre lors de l’essai j’arrive à percevoir une différence de comportement qu’avec la Giulia. Je sens que je suis dans un SUV. Cela est certainement lié au centre de gravité plus haut et au poids plus lourd. Rappelez-vous, je suis habitué aux berlines… Mais est-ce que le Stelvio est quand même un SUV Sportif ? Et bien oui ! Quelques semaines après cet essai, j’ai pu rouler un bon moment avec une Audi Q3 2020 S-Line et c’est là que je vois la différence… Le Stelvio est bien plus précis au niveau de la direction (j’appuie là-dessus car Alfa Romeo a vraiment fait fort avec la Giulia et le Stelvio), le moteur 280 ch essence est très disponible et la boite ZF 8 vitesses réagit à merveille. C’est vraiment un SUV « plaisir de conduite » même si vous ne trouverez pas autant de sensations que dans une berline plus légère, plus basse… logique.

D’ailleurs, l’Alfa Romeo Stelvio 280 ch essence, sur le papier, est très performant avec son 0 à 100 km/h annoncé en 5,7 sec. A titre de comparaison l’Audi Q5 252 ch le fait en 6,3 sec, Mercedes GLC 245 ch en 6,5 sec, le Porsche Macan 252 ch en 6,7 sec et la BMW X3 252 ch en 6,3 sec.

Prix d’un SUV premium, malus de millionnaire en essence


Si le 280 ch essence est probablement la meilleure motorisation de ce SUV, il faut maintenant vous annoncer la douloureuse vérité. Avec la norme NDEC les émissions de CO2 étaient de 158 gr/km, avec la norme WLTP, il passe à 208 gr/km en version TI soit 16 810 € de malus, et 211 gr/km en version Veloce, soit 18 905 € de malus… Qui acceptera de payer sérieusement cette somme quand le SUV est affiché à partir de 62 000 € avec cette motorisation ?

Vous vous dites : mais ils sont fous ces italiens à faire des voitures qui émettent autant de CO2. Je me suis renseigné et voici le malus écologique en Italie :

  • 1 100 euros de 161 à 175 g / km
  • 1 600 euros de 176 à 200 g / km,
  • 2 000 euros de 201 à 250 g / km,
  • 2 500 euros à partir de 250 g / km et plus.

Finalement, je ne sais pas qui est le plus fou…

Conclusion : oui l’Alfa Romeo Stelvio 2020 280 ch essence est surement le meilleur SUV sportif du marché. Look, performances, finitions… Mais, à cause du malus français, il est hors de prix. Le salut de cette motorisation essence sera l’hybride mais ça, pas avant 2021 au moins.

En attendant, la solution sera donc de vous tourner vers les motorisations 160 ch ou 190 ch diesel, beaucoup moins malusées en WLTP (environ 1 000 €). Un Stelvio Q2 160 ch diesel démarre à 41 500 €, un Q4 190 ch diesel démarre à 51 600 € et un Q4 210 ch diesel démarre à 60 400 €. C’est dans les prix du marché. Un Audi Q5 S-Line Q4 160 ch diesel c’est à partir de 58 000 €, un Q5 S-Line Q4 204 ch diesel c’est à partir de 60 000 €.

L’Alfa Romeo Stelvio a de nombreux atouts et est au bon prix ! Vous pouvez l’acheter… en diesel si vous le souhaitez, en essence si vous le pouvez.

Bonus : pour votre souvenir, cette superbe publicité de 2016 de l’Alfa Romeo Stelvio. J’adore.

Encore une fois merci à Johan pour les photos, découvrez son compte instagram.

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