
Acheter une Ferrari à plusieurs millions d’euros pour la revendre encore plus cher quelques années plus tard : sur le papier, l’opération peut sembler séduisante. Mais pour cet entrepreneur espagnol, qui a mis pratiquement tout son argent dans une Ferrari Monza SP2, l’investissement s’est transformé en véritable source d’angoisse. Au point de le réveiller chaque nuit à trois heures du matin.
Tout commence avec une Ferrari Monza SP2, l’un des modèles les plus exclusifs jamais produits par la marque italienne. Une voiture que les collectionneurs s’arrachent et dont la valeur a considérablement augmenté depuis sa commercialisation. Pour un professionnel spécialisé dans les voitures de luxe, l’occasion était trop belle pour être manquée. Mais encore fallait-il trouver les fonds nécessaires. Car cette Ferrari représente un investissement colossal : près de 4 millions d’euros, taxes et frais compris. Une somme qui a obligé son acquéreur à prendre des risques financiers inhabituels.
Il emprunte de l’argent partout pour acheter cette Ferrari
L’histoire a été racontée dans une vidéo publiée sur Facebook par Emprendimiento Clip. Lors d’un échange avec l’entrepreneur José Elías, un professionnel de l’automobile explique avoir réalisé la plus grosse opération de sa carrière. Pour réunir la somme nécessaire, il n’a pas hésité à mobiliser pratiquement toutes ses ressources. « J’ai demandé des prêts à tout le monde », confie-t-il, évoquant également plusieurs hypothèques contractées pour financer l’achat. Son objectif n’est pourtant pas de profiter de cette Ferrari sur les routes. Il s’agit d’un investissement destiné à générer une importante plus-value.

Et les caractéristiques de cette Monza SP2 expliquent en partie ce pari. Présentée en 2018, cette barchetta biplace appartient à la prestigieuse famille Icona. Produite à seulement 499 exemplaires avec la SP1, elle embarque un V12 atmosphérique de 810 ch, capable de l’expédier de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes. Initialement commercialisée autour de 1,6 million d’euros, elle vaut aujourd’hui bien davantage.
Un investissement qui l’empêche de dormir
Seulement voilà, posséder une Ferrari aussi rare ne garantit pas de trouver immédiatement un acheteur. Avec seulement 30 kilomètres au compteur, l’exemplaire acquis est particulièrement désirable. Mais plusieurs millions d’euros restent immobilisés tant que la transaction n’est pas finalisée.
« Je ne dors toujours pas la nuit », reconnaît l’entrepreneur. « Je me réveille à trois heures du matin en pensant au stock. » Une situation d’autant plus stressante que les sommes engagées dépassent largement celles qu’il avait l’habitude de manipuler. Pour justifier son investissement, il compare cette Ferrari à une œuvre d’art : « C’est un Picasso. »
Deux millions d’euros de bénéfice dans cinq ans ?
Selon ses estimations, conserver cette Monza SP2 pendant cinq ou six ans pourrait lui permettre de réaliser une plus-value proche de 2 millions d’euros. Mais le marché des Ferrari de collection reste imprévisible. Les dernières transactions recensées par Italpassion illustrent d’ailleurs d’importants écarts de prix.

Une Monza SP2 de 2021 a ainsi trouvé preneur pour 4,95 millions de dollars aux États-Unis en mars 2026, tandis qu’un autre exemplaire de 2022 s’est vendu 2,53 millions de dollars à Abu Dhabi en décembre 2025. Mais la rareté ne suffit pas à garantir une plus-value. L’état, le kilométrage, la configuration et surtout la présence d’un acheteur prêt à payer le prix demandé restent déterminants. L’entrepreneur espère donc avoir réalisé l’affaire de sa vie. Mais en attendant de trouver un acquéreur, sa Ferrari à plusieurs millions d’euros lui coûte déjà quelque chose de précieux : son sommeil.