
Dans le monde de Ferrari, il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour acheter les modèles les plus exclusifs. Certains clients doivent patienter des années, parfois des décennies, avant d’être considérés comme dignes d’accéder aux hypercars les plus rares.
C’est exactement ce qu’a vécu Paul Bailey. Ce collectionneur britannique, aujourd’hui à la tête d’une collection impressionnante de 89 voitures, explique sans détour : il lui a fallu 22 ans pour atteindre le sommet de la fameuse “liste”.
« Vous ne pouvez pas simplement entrer dans une concession et acheter une Ferrari comme la F80. Il faut être sur la liste. Et ça m’a pris 22 ans pour arriver en haut. » Un parcours qui illustre parfaitement la stratégie de Ferrari : fidéliser, observer, et récompenser les clients les plus engagés.
Une collection à plus de 60 millions d’euros
Aujourd’hui, Paul Bailey possède 89 voitures, pour une valeur estimée à plus de 60 millions d’euros. Mais ce chiffre n’est qu’une photographie à un instant T. Comme il le souligne lui-même, la valeur peut évoluer du jour au lendemain. Sa collection comprend certaines des Ferrari les plus mythiques jamais produites, dont la Ferrari LaFerrari, la Ferrari Enzo ou encore la Ferrari F50. À cela s’ajoutent des modèles tout aussi emblématiques chez d’autres constructeurs. « Je n’ai aucune voiture dans ma collection qui soit juste là pour faire joli. Chacune a une signification. »
Posséder la “Sainte Trinité” des hypercars
Parmi ses exploits les plus marquants, Paul Bailey fait partie des rares collectionneurs à avoir possédé simultanément les trois hypercars hybrides les plus emblématiques du début des années 2010 : la Ferrari LaFerrari, la McLaren P1 et la Porsche 918 Spyder.
« Elles sont arrivées la même semaine. On est allés chercher les trois le même jour. C’était une expérience incroyable, impossible à revivre. » Contrairement à certains collectionneurs, il ne voit pas ces voitures comme des objets à conserver sous cloche. Sa LaFerrari, par exemple, affiche plus de 23 000 miles (37 000 km), un chiffre important pour ce type de modèle.
Acheter des Ferrari… pour pouvoir acheter les autres
L’un des aspects les plus intéressants de son témoignage concerne le fonctionnement interne de Ferrari. Pour accéder aux modèles les plus exclusifs, il faut acheter… beaucoup d’autres Ferrari. Parfois des modèles moins désirés. « Vous devez jouer le jeu. Acheter les voitures qu’ils vous proposent, même si ce ne sont pas celles que vous voulez vraiment. »
Il reconnaît d’ailleurs avoir parfois perdu de l’argent sur certains modèles, mais considère cela comme un investissement stratégique. « J’ai peut-être perdu 70 000 € sur une Ferrari Roma, mais derrière, ma F80 vaut un million de plus que son prix d’achat. »
Contrairement à beaucoup d’investisseurs, Paul Bailey insiste : il n’achète pas des voitures pour spéculer. « Je les achète parce que je les aime. Si leur valeur double, tant mieux. Si elle baisse, ça ne change rien pour moi. » Et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après une réévaluation de sa collection, il estime avoir généré plus de 14 millions de profit sur ses voitures. Son raisonnement est simple : certaines voitures sont à la fois des objets de passion… et des actifs.
Le rêve ultime : une Ferrari 288 GTO
Malgré une collection déjà hors norme, il lui manque encore une pièce essentielle : la Ferrari 288 GTO. « C’est la seule qui me manque dans la lignée des Ferrari mythiques. Et je suis convaincu qu’elle atteindra un jour les 100 millions. »
Au-delà des millions et des hypercars, Paul Bailey défend une idée simple : une voiture doit être utilisée. « Personne ne sait ce que demain nous réserve. Si vous avez la chance d’avoir une voiture que vous aimez, utilisez-la. »
