Bilan des ventes de l’Alfa Romeo Giulia : un succès de berline

Le site Jato, qui analyse les ventes et les dynamiques de l’industrie automobile, a livré il y a quelques jours des chiffres très intéressants concernant la très désirable Alfa Romeo Giulia, face à ses concurrentes. Face à des rumeurs, des forumeurs du net qui se chamaillent, voire un véritable talibanisme entre pro et anti-Alfa, il s’avère plus que jamais nécessaire de remettre les pendules à l’heure et de se livrer à un premier bilan.

Quels premiers chiffres de ventes ? Quel marché ?

Tout d’abord, en Europe, sur les deux premiers mois de 2017, la Giulia a enregistré un peu moins de 4 000 unités écoulées ( 3 899 selon mes sources de BSCB, 3 892 selon Jato, (soit seulement 6 unités d’écart)). Des chiffres proches et fiables qui iraient a priori dans le sens d’un optimisme frêle. En effet, cela peut paraître peu face à l’étendue du marché européen en question (Russie et Turquie exclus).

En réalité, il ne faut pas oublier 3 choses qui ont tendance à reconsidérer ces chiffres de manière plus positive.

1- La Giulia arrive sur un créneau longtemps resté en friche par le groupe FCA (la 159 ayant disparu en 2011), avec des clients partis ailleurs.

2- La montée en gamme et en prix n’a pu drainer à la Giulia tous les clients habituels d’Alfa Romeo. Il a donc fallu partir à la conquête de nouveaux clients de marques bien établies pour compenser ce déficit.

3- Alfa Romeo souffre encore pour certains d’un problème d’image et de fiabilité qui peut freiner le bon de commande. Elle a donc tout à (re)prouver.

Beaucoup diront que l’Italie constitue son principal réservoir de voix. D’après Jato, ce n’est pas si simple car l’Italie représente 39 % des ventes de Giulia. Un chiffre important sans être trop dépendant de son marché national. Signe que la Giulia sait séduire à l’international…

Alors que la Giulia débarque tout juste en Amérique du Nord et sur le marché à conduite intérieur à droite, les chiffres semblent continuer à être flatteurs. Ainsi, sur le seul mois de mars 2017, au Royaume-Uni, marché friand de voitures premium, la Giulia s’est écoulée à 500 unités, malgré la piètre réputation de la marque sur le sol anglais. Signe que la Giulia pourrait ouvrir une brèche. D’ailleurs, sur ces 500 unités, 90 étaient des versions Quadrifloglio, la version la plus chère et la plus puissante de la gamme. L’image de la marque au Trèfle serait-elle en passe de changer ?

Alfa Romeo Giulia QV

Et sur le segment D-Sedan Premium ?

C’est sur ce segment au nom un peu barbare qu’évolue en effet la Giulia. Il s’agit du segment des berlines premium à 4 portes, c’est-à-dire qu’il exclue aussi bien les généralistes (type 508, Talisman…) que les déclinaisons break (dans lequel n’évolue pas la Giulia). Voici donc un premier état des lieux, moins d’un an après son début de commercialisation en Europe.

La marque représente entre 12 et 12,5 % du segment. Elle est derrière le trio allemand, à savoir, dans l’ordre :

1- Mercedes-Benz Classe C avec 31% du segment à elle seule ;

2- BMW Série 3 avec 22 % du segment ;

3- Audi A4 avec 18 % du segment.

La Giulia est donc juste derrière les références de la catégorie, en particulier à faible distance de l’Audi A4, véritable institution, malgré une architecture et une philosophie différente (propulsion sportive contre traction confortable).

On observera qu’elle devance la Jaguar XE (9 % du segment), la Volvo S60 (en fin de vie, avec 4 % du segment), la Lexus IS (3 %) et l’Infiniti Q50 (1 %).

Un segment des berlines premium à malle qui représente plus de 31 000 unités sur 2 mois et un peu moins de 32% du total du segment premium de segment D (incluant cette fois breaks, coupés…)

source : JATO

Et sur le segment du premium toutes carrosseries confondues ?

Si l’on inclue toutes les carrosseries du premium, à savoir les berlines, les breaks, les coupés, les cabriolets, les 5 portes, alors la part de marché de la Giulia tombe à 4 %. Un chiffre qui s’explique évidemment par son absence d’autre carrosserie, en particulier le break, là où les concurrents l’offrent souvent.

Comme on le voit sur le schéma ci-dessous (issu de Jato), le segment des berlines premium à 4 portes ne représente, comme nous l’avons vu que 32 % du total, alors que les breaks (SW), en représentant près de la moitié (42 %). Une carrosserie presque nécessaire sur le marché européen. Mais moins sur les marchés internationaux (Amérique du Nord, Chine). D’où le choix d’Alfa, qui comptabilise ses moyens et ses dépenses, de se déposséder d’un segment européano-centré pour miser sur l’international. Un choix, un pari.

On remarquera que les versions Hatchback (HB), à 5 portes, telles les DS 5, BMW Série 4 GranCoupé, BMW Série 3 GT et autres Audi A5 Sportback comptent pour 13% du total, un chiffre en recul sur un an et une niche. De même que les coupés et cabriolets, respectivement 8% et 4 % du segment D Premium. Pas sûr qu’ Alfa ait raison d’y investir, en dehors du break, improbable néanmoins.

source : JATO

On notera de toute façon que ce segment des berlines de segment D, toutes carrosseries confondues, représente 19,2 % du total du marché premium. Preuve qu’Alfa doit donc investir sur d’autres segments premium pour percer. Ainsi, si le segment en question a augmenté de 5,3 % sur un an d’après les chiffres de Jato, c’est + de 28 % d’augmentation pour celui des SUV premium du segment D. Un marché dynamique sur lequel compte  miser Alfa Romeo avec le Stelvio. Mais cela, c’est une autre histoire…

source : JATO

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marmotte31
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marmotte31

Nous sommes montés dans un STELVIO (en statique), nous déplorons toujours l’absence de version SW, nous trouvons le STELVIO bien trop gros et trop haut

Laurent69
Invité
Laurent69

Enfin un article qui repose sur une vraie analyse et non des approximations !

Gasnier
Invité
Gasnier

A quand une Giulia Hybride ? J’achète 😎😎😎

Alexandre F.
Administrateur

Dans ma boule magique je vois…. pas avant 2020 ! 🙂

RAMA
Invité
RAMA

Dommage qu’il n’existe pas de version essence d’entrée de gamme (150 Cv, mois de 30.000 euros), car je n’aime pas le diesel, et n’ai pas l’utilité ni l’envie de 200 Cv…

Arnaud Campion
Editor

Bonsoir Rama, La version 200 ch en finition Giulia sans aucune option est à 37 000 €, il ne faut pas compter sur une version 150 ch et surtout pas sous les 30 000 €. Le positionnement d’alfa est premium et l’image reste entièrement à construire, celà passe par un positionnement plus haut de gamme. La version 136 ch diesel représente moins de 3 % des ventes pour te donner un exemple