
Quand Mat Armstrong avait publié le précédent épisode de sa Ferrari 296 GTB reconstruite en version course homologuée route, l’histoire semblait bloquée dans une impasse totale. La voiture ne démarrait toujours pas, Ferrari refusait de la prendre en charge telle quelle, et le projet ressemblait de plus en plus à un gouffre technique et financier. Cette fois, il y a bien un tournant. La marque italienne a enfin répondu. Oui, elle accepte désormais d’intervenir. Mais à une condition très claire : la voiture devra être complète avant même de franchir les portes du réseau.
Et c’est là que tout se complique… à nouveau.
Une Ferrari 296 toujours muette malgré des mois de travail
Sur le papier, Mat Armstrong n’est plus très loin du but. Sa Ferrari 296 GTB, achetée lourdement endommagée, a déjà été reconstruite dans des proportions impressionnantes. Entre-temps, elle a même changé de nature : au lieu de simplement remettre sur route une supercar hybride de 830 ch, le YouTubeur britannique a décidé d’en faire un exemplaire totalement unique, habillé avec un kit de Ferrari 296 Challenge, la version de course.


Le problème, c’est qu’une Ferrari moderne n’est pas juste une mécanique qu’on réassemble pour entendre un moteur reprendre vie. La 296 est un assemblage d’électronique, de sécurité, de gestion haute tension et de protocoles verrouillés. Et malgré tous les efforts menés jusqu’ici, la voiture refuse encore de démarrer.
Dans cette nouvelle vidéo, Mat revient justement avec une obsession : avant de passer à autre chose, il veut absolument faire démarrer cette Ferrari. Car tant qu’elle reste immobile, tout le reste n’est qu’un décor spectaculaire autour d’un problème non résolu.
Ferrari répond enfin… mais ne veut pas d’une voiture inachevée
La nouveauté importante de cet épisode, c’est que Ferrari a finalement répondu à son email. Après avoir opposé un refus dans la vidéo précédente, le constructeur ouvre donc une porte. Mais ce n’est pas un feu vert sans réserve.
Le message est simple : Ferrari peut travailler sur la voiture, à condition qu’elle soit complète. En clair, pas question d’amener une 296 partiellement remontée, avec des éléments en attente, un circuit de climatisation inachevé ou un avant modifié. La marque veut une voiture terminée, ou en tout cas entièrement remontée, prête à être contrôlée et diagnostiquée dans des conditions normales.

Pour Mat Armstrong, cela change tout. D’un côté, il n’est plus totalement exclu du réseau Ferrari. De l’autre, il se retrouve face à une nouvelle montagne de travail avant même de pouvoir espérer une aide concrète. Et il sait déjà que, même une fois la voiture amenée chez Ferrari, rien ne garantit une intervention simple ni bon marché.
Le pari à 20 000 € pour tenter de la réveiller
Très vite, Mat en revient à l’hypothèse qui l’obsède depuis quelque temps : la batterie du moteur hybride. Sur la Ferrari 296, c’est elle qui joue un rôle central dans la mise en route du véhicule. Et selon lui, après un gros accident, elle pourrait tout simplement se mettre en sécurité de manière irréversible, un peu comme cela avait déjà été observé sur sa précédente Lamborghini Revuleto passée dans son atelier.
La conséquence : il décide de remplacer purement et simplement la batterie haute tension. Prix de l’opération : 18 000 livres sterling, soit environ 20 000 €. Alors la batterie est déposée, remplacée, reconnectée. Tout est remis en place avec l’espoir d’un dénouement enfin positif. C’est le moment où le projet aurait pu basculer du bon côté.
Au moment de rebrancher la batterie 12 V, l’équipe sait qu’elle sera fixée immédiatement. Si les warnings se remettent à clignoter, c’est mauvais signe. Et c’est exactement ce qui se passe…



Le message affiché change, mais la situation n’est pas résolue. La Ferrari signale désormais un risque de “battery thermal runaway”, autrement dit un emballement thermique de la batterie, avec un message invitant à stopper immédiatement le véhicule et à l’évacuer. Sauf que le véhicule ne roule pas, ne démarre toujours pas, et ne semble pas réellement en train de prendre feu. Le tableau de bord, lui, commence pour la première fois à s’animer un peu plus qu’avant. L’allumage vient enfin, mais impossible d’aller au bout de la procédure.

C’est un progrès, mais un progrès frustrant. La 296 reste incapable de démarrer. L’outil de diagnostic relève alors plusieurs défauts liés à la batterie, notamment autour des capteurs de température. L’équipe vérifie le câblage, contrôle les connexions, mais rien d’évident n’apparaît. Tout ramène à la même conclusion : sans l’outil Ferrari adéquat, il devient extrêmement difficile d’aller plus loin.
Le vrai verrou n’est plus mécanique, il est logiciel
C’est probablement la partie la plus révélatrice de cette reconstruction. Sur une Ferrari récente, surtout hybride, la difficulté n’est plus seulement de remplacer les pièces ou de réparer les dommages. Le vrai verrou, c’est l’accès au système électronnique.
Mat et son technicien arrivent à un point où ils soupçonnent qu’un passage par l’outil constructeur est devenu incontournable. Autrement dit, même en ayant acheté une batterie neuve à 18 000 livres, même en ayant remplacé ou réparé une multitude d’éléments, même en ayant réussi à éliminer certains défauts, la voiture reste dépendante d’une validation que seul Ferrari maîtrise vraiment.
En théorie, la porte est donc entrouverte. Ferrari accepte désormais de voir la voiture. En pratique, Mat Armstrong redoute déjà ce qui l’attend si la 296 arrive un jour complète en concession. Parce qu’une fois sur place, Ferrari pourrait très bien considérer que certaines réparations réalisées hors procédure ne sont pas acceptables. Un connecteur réparé artisanalement ? Il faudra peut-être remplacer le faisceau complet. Un élément jugé non conforme ? Il faudra peut-être revenir à une solution d’origine. Et sur une voiture de ce niveau, chaque décision peut faire exploser la facture.
En attendant, la Ferrari 296 de Mat Armstrong reste ce qu’elle est depuis plusieurs semaines : probablement l’une des 296 les plus improbables du moment. Une GTB sauvée après un gros crash, transformée avec des pièces de 296 Challenge, reconstruite à force d’acharnement, mais toujours incapable de prendre la route.
