
À première vue, le décor ressemble davantage à une ferme américaine ordinaire qu’au repaire d’un collectionneur de supercars. Il y a des poules, des œufs, un chien qui veille sur le terrain, des bâtiments agricoles, un tracteur… et puis, au milieu de tout cela, des Ferrari, des Lamborghini, des McLaren, des Audi R8 ou encore une Ferrari 599 en pleine renaissance.
Ce mélange entre vie rurale et passion automobile extrême est justement ce qui rend son histoire si singulière. Car derrière l’image amusante du fermier entouré de poules se cache en réalité un passionné capable d’acheter des supercars accidentées, de les démonter, de les reconstruire et de leur offrir une seconde vie. Et au fil des années, ce drôle de terrain agricole s’est transformé en véritable caverne d’Ali Baba pour amateurs de mécaniques d’exception.
Une ferme, des poules… et un champ rempli de supercars
Le plus étonnant, chez Sam, c’est sans doute le décalage permanent entre le cadre et les voitures. D’un côté, il parle avec naturel de ses poules, explique combien d’œufs elles pondent par semaine et raconte comment le chien protège le terrain contre les prédateurs. De l’autre, quelques mètres plus loin, on tombe sur des jantes de Ferrari 360 posées près des arbres, un moteur de Ferrari qui attend sur son support, des pièces éparpillées issues d’anciens projets, et plusieurs voitures de prestige stationnées comme si tout cela était parfaitement normal.



Ici, les supercars ne sont pas alignées dans un showroom aseptisé sous des néons impeccables. Elles vivent dehors, parfois démontées, parfois encore cabossées, en attendant d’être réparées.
Sam n’a pas bâti sa collection comme un collectionneur classique. Il ne cherche pas simplement à accumuler des modèles rares ou à acheter des voitures parfaites. Ce qui l’intéresse, c’est le défi. Il aime les autos abîmées, celles que beaucoup jugeraient trop compliquées, trop risquées ou trop coûteuses à sauver. Pour lui, une supercar accidentée n’est pas une fin de parcours, mais le début d’un projet.

C’est aussi ce qui avait déjà marqué les esprits avec sa Ferrari 360 Spider verte, un exemplaire particulièrement rare qu’il refusait de vendre. Chez Sam, certaines autos comptent pour leur rareté, d’autres pour leur potentiel, et beaucoup pour l’histoire qu’elles permettent de raconter.
La Lamborghini Gallardo Spyder, l’exemple parfait de sa méthode
Parmi les voitures qui résument le mieux son approche, il y a cette Lamborghini Gallardo Spyder de 2010. Lorsqu’il l’a achetée, l’auto était loin d’être présentable. Accidentée à l’avant, touchée sur un quart arrière, elle avait tout de la voiture que beaucoup auraient laissée tomber. Et pourtant, Sam y a vu une opportunité.

Le prix d’achat donne déjà une idée du pari : environ 45 000 dollars pour une Gallardo accidentée affichant seulement 12 000 miles. Aujourd’hui, un tel montant paraît presque irréel pour ce type de Lamborghini, même avec un lourd passif. Mais tout l’intérêt d’un projet comme celui-ci ne se limite pas au prix d’entrée. Derrière, il faut trouver les bonnes pièces, faire les bons choix, accepter de passer des mois sur une auto, et surtout confier certaines étapes à des spécialistes capables d’obtenir un résultat digne du modèle.
Dans son cas, la restauration a été poussée très loin. Il a préféré réparer certains éléments plutôt que les remplacer, notamment une partie de carrosserie que d’autres auraient changée sans hésiter. Certaines pièces ont été achetées d’occasion, comme les rétroviseurs carbone de Superleggera, d’autres neuves quand il n’y avait pas d’alternative, comme un phare particulièrement coûteux. Au total, il évoque environ 15 000 dollars de pièces pour l’extérieur, puis une facture bien plus lourde pour la carrosserie et la peinture. La voiture, initialement noire, a été repeinte dans un spectaculaire violet. La seule peinture et le travail de finition auraient coûté autour de 30 000 dollars.


Des supercars pas toujours parfaites
Et c’est un peu la philosophie de toute sa flotte automobime. Chez lui, les voitures existent dans un entre-deux permanent : certaines roulent, d’autres roulent “plus ou moins”, d’autres attendent une pièce, un diagnostic, un remontage final ou simplement du temps. Une AMG GTS est là avec un souci mécanique étrange. Une McLaren 12C a beau être la voiture “propre” de la collection, elle garde elle aussi ses petites bizarreries. Une Ferrari 599 continue doucement sa reconstruction. Plusieurs Audi R8 attendent leur tour. Une Aston Martin DBS résiste au diagnostic. Une Ferrari 430, déjà passée entre ses mains, approche de la fin du chantier. Rien n’est vraiment terminé, mais tout est vivant.




Là où beaucoup de collectionneurs veulent des autos statiques, impeccables, presque intouchables, Sam construit une collection de projets, de voitures sauvées, qui ont déjà vécu et qui continuent d’écrire leur histoire.
Une Ferrari 599 modifiée
S’il y a une auto qui attire immédiatement l’attention sur le terrain, c’est bien la Ferrari 599. Elle n’est pas encore parfaite, loin de là. Les nouvelles roues lui vont déjà très bien, l’échappement Armytrix lui donne une voix spectaculaire, et malgré les pièces encore à remplacer, on devine sans mal ce que pourrait devenir cette GT une fois totalement achevée.



L’intérieur, avec ses sièges carbone et sa planche de bord en carbone, renforce encore cette impression d’un projet qui deviendra spectaculaire.
Des poules d’un côté, des Ferrari de l’autre
Sam ne collectionne pas ses voitures pour impressionner. Il collectionne parce qu’il aime comprendre, démonter, réparer, chercher des solutions, faire revivre des autos que d’autres considèrent comme condamnées. Le terrain avec les poules n’est pas un décor marketing. C’est presque le symbole parfait de son univers : un endroit sans prétention.
L’image résume à elle seule le personnage : d’un côté, un champ, des poules et une ambiance de ferme ; de l’autre, des Ferrari, des Lamborghini, des McLaren et toute une série de projets improbables. Et c’est sans doute pour cela que son univers plaît autant. La passion automobile n’est pas toujours propre, lisse et parfaitement rangée, elle peut aussi sentir la poussière, la graisse, la peinture fraîche… et parfois même le poulailler.
