Stellantis produira moins de Fiat 500 hybride que prévu : la facture pourrait dépasser les 170 millions d’euros !

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Fiat 500 hybride dans l’usine de Mirafiori. Photo italpassion.

Après avoir incarné le renouveau industriel de Mirafiori, la Fiat 500 hybride pourrait finalement produire moins que prévu en 2026. Officiellement, Stellantis maintient son objectif de 120 000 unités annuelles (électriques et hybrides confondues) sur le site turinois. En coulisses, la réalité serait plus prudente : selon plusieurs sources citées par Milano Finanza, la production totale pourrait plafonner autour de 85 000 unités, soit près de 30 % de moins que les projections initiales.

Un objectif revu à la baisse, malgré le discours officiel

L’an dernier, le plan était clair : 100 000 Fiat 500 hybrides et environ 20 000 versions électriques, pour relancer durablement Mirafiori. Le redémarrage a bien eu lieu. La fin du chômage partiel au 31 janvier, l’arrivée de plus de 400 nouvelles recrues et le lancement progressif d’un second poste ont marqué un tournant symbolique pour l’usine turinoise.

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Mais la montée en cadence prend du temps. Aujourd’hui, la production tourne encore sur un seul poste, avec environ 220 à 240 Fiat 500 hybrides assemblées chaque jour, auxquelles s’ajoutent 20 à 40 électriques sur la même ligne. Atteindre un rythme supérieur à 400 unités quotidiennes nécessitera encore plusieurs semaines, le temps d’intégrer les nouveaux salariés et de retrouver des automatismes industriels perdus après des années d’activité réduite.

Dans ce contexte, certains observateurs estiment que l’objectif des 120 000 unités annuelles paraît optimiste. Même si le second poste démarre comme prévu, 85 000 véhicules sur l’année 2026 semble aujourd’hui une estimation plus réaliste.

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Le facteur caché : les émissions et les amendes européennes

Derrière cette prudence industrielle se cache un autre sujet, plus sensible : celui des émissions de CO₂. La Fiat 500 hybride affiche environ 117 g/km. Or, pour la période 2025-2027, la marque Fiat doit respecter un objectif moyen de 99,1 g/km en Europe.

Le dépassement théorique entraîne une pénalité de 95 euros par gramme excédentaire et par véhicule vendu. Dans le cas de la 500 hybride, cela représenterait environ 1 700 euros d’amende potentielle par voiture. À 100 000 unités vendues en Europe, la facture pourrait dépasser les 170 millions d’euros.

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Produire et vendre quelques milliers de 500 hybrides en moins « pourrait être avantageux pour Stellantis ». Moins de volumes signifierait mécaniquement moins d’exposition aux pénalités européennes, surtout si la part des versions électriques reste modeste.

Officiellement, Stellantis ne lie pas une éventuelle révision des volumes à cette question réglementaire. Mais dans un groupe qui a récemment enregistré plus de 22 milliards d’euros de dépréciations, chaque variable financière est scrutée avec attention.

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Mirafiori entre renaissance et fragilité

Même avec 85 000 unités, 2026 marquerait une nette amélioration par rapport aux années précédentes. En 2024 et 2025, Mirafiori n’avait produit que 26 000 puis 30 000 véhicules, en incluant les Maserati depuis transférées à Modène. Il faudrait remonter à 2023 pour retrouver un niveau supérieur à 80 000 unités.

La dynamique reste donc positive. Les premières recrues ont déjà rejoint les lignes. Le second poste doit démarrer à la mi-mars. Mais les syndicats rappellent que la ligne actuelle de la 500 ne peut pas dépasser environ 120 000 véhicules par an et qu’un second modèle à fort volume serait indispensable pour sécuriser l’avenir du site. L’équation est délicate : produire suffisamment pour assurer l’emploi et rentabiliser l’usine, sans pour autant alourdir la facture réglementaire liée aux émissions.

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Mirafiori est ainsi passé en quelques mois d’un site en sous-activité chronique à une usine scrutée pour ses cadences, ses volumes… et désormais son impact carbone. La Fiat 500 hybride devait être la sauveuse. Elle le reste, mais son succès pourrait être mesuré avec plus de retenue que prévu. Paradoxalement, en 2026, vendre un peu moins pourrait s’avérer stratégiquement plus rentable. Un système hybride plus performant et compatible Euro 7 serait donc bienvenu pour les années à venir.


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