Stellantis pourrait remplacer tous les moteurs Peugeot par des moteurs Fiat : le Puretech trop fragile ?

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Depuis plusieurs semaines, la stratégie moteurs de Stellantis semble évoluer à grande vitesse. Retour du diesel, prolongation du moteur FireFly italien, investissements prolongés au-delà de 2030… À chaque annonce, un même signal apparaît : le groupe abandonne progressivement l’idée d’un moteur unique pour toute l’Europe. Mais en coulisses, les discussions iraient beaucoup plus loin que ce que la communication officielle laisse entendre. Selon plusieurs informations provenant de l’industrie, Stellantis envisagerait désormais un basculement industriel majeur : remplacer progressivement les moteurs d’origine PSA, dont le célèbre 1.2 PureTech, par des motorisations italiennes issues de Fiat. Et cette fois, il ne s’agirait plus seulement d’une rumeur.

Derrière Euro 7, une bataille de budget

Officiellement, l’arrivée de la norme Euro 7 impose une modernisation générale des moteurs thermiques. Officieusement, elle oblige surtout les constructeurs à choisir dans quoi investir, et dans quoi ne plus investir.

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Adapter une famille complète de moteurs à cette norme représente des millions d’euros. Or, d’après plusieurs sources internes au secteur, Stellantis aurait fait un choix clair : concentrer ses budgets sur les moteurs italiens plutôt que poursuivre le développement profond des moteurs PureTech et BlueHDi.

Ce n’est pas seulement une question d’image industrielle ou de politique interne. C’est d’abord un arbitrage technique et financier. Le groupe estime que moderniser les moteurs français coûterait très cher pour un résultat incertain sur le long terme, notamment en matière de fiabilité et de durabilité sous contraintes Euro 7.

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Le problème du PureTech ne serait pas qu’une courroie

Depuis des années, le 1.2 PureTech traîne une réputation difficile autour de sa courroie. Mais selon des informations techniques issues du secteur, le problème serait plus profond. Le moteur serait considéré en interne comme mécaniquement plus fragile, avec une usure plus rapide de certains composants fondamentaux et un risque de casse plus élevé sur de forts kilométrages. La mise à niveau Euro 7 pourrait même accentuer ces contraintes, en augmentant les températures et les pressions internes.

À l’inverse, le moteur Fiat FireFly (GSE) serait jugé plus robuste structurellement. Sa conception plus récente et ses composants dimensionnés plus largement offriraient une meilleure marge de durabilité, ce qui en ferait une base plus saine pour la prochaine décennie thermique. Autrement dit, le débat ne serait plus seulement industriel, mais purement mécanique.

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Le basculement aurait déjà commencé

Certaines informations internes évoquent même un calendrier déjà acté. Le moteur 1.6 JTD (présent dans l’Alfa Romeo Tonale) serait en préparation pour équiper une large partie de la gamme européenne : Peugeot 208, 308, 2008, 3008, 4008, 5008, mais aussi Opel Corsa, Astra, Mokka ou Grandland, sans oublier de nombreux modèles Citroën.

D’autres cylindrées suivraient, notamment les 2.0 et 2.2 adaptés aux normes futures. Ironie industrielle, le 2.2 litre serait d’ailleurs une ancienne collaboration PSA-FCA… mais reviendrait désormais sous bannière italienne. Si ces éléments se confirment, cela signifierait un renversement historique : pendant des années, les marques italiennes ont adopté des moteurs français dans le groupe. L’équilibre pourrait désormais s’inverser.

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Une stratégie cohérente avec les dernières décisions

Pris séparément, chaque événement pouvait sembler isolé : le sauvetage du FireFly, le retour du diesel, l’investissement à Termoli, les nouvelles boîtes eDCT… Pris ensemble, ils racontent une autre histoire : Stellantis prépare une nouvelle base thermique commune pour l’Europe, mais différente de celle prévue à la création du groupe.

Le plan initial reposait sur les moteurs PSA comme colonne vertébrale avec les 1.2L EB2 et 1.6L EP6. Le plan actuel pourrait reposer sur les moteurs Fiat. La logique devient claire : plutôt que développer deux familles complètes compatibles Euro 7, le groupe choisit celle jugée la plus durable techniquement.

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Ce choix aurait aussi une portée symbolique importante. Lors de la fusion PSA-FCA, beaucoup avaient considéré que la technologie française deviendrait dominante. Pendant plusieurs années, ce fut effectivement le cas.

Mais la transition énergétique plus lente que prévu change les priorités : la robustesse et la longévité redeviennent essentielles pour amortir les coûts de développement. Stellantis pourrait finalement s’appuyer sur l’héritage mécanique italien pour traverser la dernière décennie du thermique en Europe.

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Rien n’a encore été officiellement confirmé. Mais l’orientation industrielle apparaît désormais cohérente :

  • un diesel Fiat électrifié pour les longs trajets,
  • un FireFly Fiat électrifié pour l’essence hybride,
  • et l’électrique pour le reste.

Si cette stratégie se concrétise, elle marquerait un tournant majeur dans l’histoire du groupe. Non seulement le PureTech ne serait plus le moteur central de Stellantis, mais Peugeot pourrait rouler demain… avec un cœur Fiat, comme c’est déjà le cas au Brésil.

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15 avis sur « Stellantis pourrait remplacer tous les moteurs Peugeot par des moteurs Fiat : le Puretech trop fragile ? »

    • Conséquences pour les emplois en France : au moins 2000 licenciements, comprenant les non renouvellements de CDD et sauvegarde où créations d’environs 2000 emplois en Italie.
      Beau travail in fine !

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    • Oui et on se demande bien pourquoi le puretech n’a pas été mis bien plus tôt au cimetière des catastrophes industrielles et remplacé par les excellents moteurs italiens Fire fiables et peu couteux

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  1. Bonne nouvelle!
    Je regrette juste que ces choix ne se fassent que pour des raisons financières comme pour l’adoption du Puretech lors de la fusion et non pour des raisons intelligentes de fiabilité. Mais qu’importe. Cette fois les bonnes décisions sont prises…

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  2. Ouf plus de puretech… mais c’est pas du tout simple de passer aux moteurs Fiat car il y a de gros retard sur le développement/industrialisation de ces moteurs . Et le 1,6 l lui est déjà en développement terminal chez Opel . Et comme déjà dit le 1.2 était près il y a 4ans pour être vite installé.

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    • Il n’y a aucun retard puisque le Firefly est plus récent que le Puretech , donc techniquement il est plus moderne et aurra aucun mal à être adapté a l,euro 7 et prévu pour l’ hybridation.
      Et il ne faut pas oublié que Firefly est déjà adapter sur la base CMP en Amérique du sud , 208 , C 3 , futur Argo etcc…

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    • Pas de rumeurs puisque sur Termoli c’est annoncé. Ce qui ne colle pas c’est le nombre. Le moteur EB c’est 1 millions par an . Le GSE (Fiat) c’est au max 300000 possible actuellement.

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      • Le chiffre de 300000 c’est pour Termoli uniquement? Car il y a d’autres usines qui fabriquent des moteurs en Europe. Peut-être qu’elles fourniront aussi des Firefly. Comme celle de Hongrie qui produit également les EP6 Gen3.

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  4. Contrairement a ce qui été dit le 2.2 multijet Fiat n’est pas collaboration avec Peugeot , puisque la cylindrée du Fiat est de 2,184 l qui dérive du mjtd 1,956 l alors que le Peugeot hdi est 2,178 l qui dérive hdi 1,997 l.
    Peugeot a collaboré avec Ford pour moteur diesel Puma sur les gros utilitaires 2,198 l qui est remplacé par 2,2 l Multijet euro 7

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  5. Le Puretech 1,2L a été aussi choisi car adapté aux plates-formes, le Firefly a été adapté à la CMP en Amérique du Sud en partie à cause de l’éthanol mais aussi avec des normes de sécurité un peu plus permissives

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  7. C’est bien de solder l’héritage de la catastrophe industrielle Tavares.
    Mettre le PureTech dans des Alfa Romeo et des Fiat aura été une honte, c’est un moteur fragile et sans caractère. Ceux qui ont acheté des Alfa Junior, des Fiat 600, des Jeep Avenger, des Lancia Ypsilon équipées du PureTech se sont fait avoir.
    Le retour des moteurs FireFly est évidemment une bonne nouvelle.

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  8. Comme dit l’adage, « il faut s’attendre à tout pour n’être surpris de rien ! ».
    Quelle gifle pour l’industrie automobile française et notamment pour Peugeot.
    On en a définitivement fini de l’ère Tavares.
    A suivre donc…

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  9. Buongiorno, io sono italiano ma seguo spesso italpassion perché da sempre sono appassionato di motori. È logico che il cuore per ognuno di noi rimarrà sempre nazionale ma è un piacere vedere la tecnica di ognuno. Io, personalmente, sono felice di questo cambio perché so che i motori fiat sono sempre stati performanti e affidabili, sinceramente sono dispiaciuto perché comunque nel gruppo si poteva fare una distinzione di marchi e tenere ognuno con le sue peculiarità e pregi.

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