Stellantis : l’Italie produit aujourd’hui moins de voitures qu’en 1955, pendant que l’Espagne explose les records

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Il y a des chiffres douloureux. En 2025, les usines italiennes de Stellantis ont assemblé 213 706 voitures. Un niveau si bas qu’il faut remonter à 1955 pour trouver une production inférieure. Cette année-là, l’Italie fabriquait encore près de 231 000 automobiles. Soixante-dix ans plus tard, le pays qui a donné naissance à Fiat, Alfa Romeo, Lancia ou Maserati se retrouve à produire moins qu’au sortir de la reconstruction d’après-guerre. Pendant ce temps, à quelques centaines de kilomètres de là, l’Espagne n’a jamais autant accéléré.

Décrochage historique confirmé par les chiffres de 2025

Les données publiées début janvier par la Fim-Cisl ne laissent aucune place à l’interprétation. En incluant les véhicules utilitaires, la production totale de Stellantis en Italie s’est établie à 379 706 unités en 2025, en baisse de 20 % sur un an. En deux ans seulement, les volumes ont été divisés par deux par rapport à 2023, lorsque les usines italiennes dépassaient encore les 750 000 véhicules. Le cœur du problème reste les vehicules pour particuliers. Avec un recul de près de 25 % sur un an, ce segment retombe à un niveau que même les syndicats qualifient désormais d’« inédit depuis soixante-dix ans ». L’Italie est sortie du top 20 des pays producteurs mondiaux de voitures, et près de la moitié des salariés de Stellantis dans le pays sont aujourd’hui concernés par des dispositifs de chômage partiel.

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Mirafiori, seule éclaircie dans un paysage industriel assombri

Dans ce tableau très sombre, un site fait figure d’exception : Mirafiori. L’usine turinoise est la seule à afficher une progression en 2025, avec une hausse de 16,5 % par rapport à l’année précédente. Mais là encore, le chiffre mérite d’être contextualisé. Mirafiori n’a produit qu’environ 30 000 voitures sur l’ensemble de l’année, très loin du seuil de viabilité industrielle estimé à 200 000 unités. Cette amélioration relative tient presque exclusivement au lancement tardif de la Fiat 500 hybride. En deux mois, environ 6 000 exemplaires ont été assemblés, permettant au site de repasser symboliquement en positif. Stellantis vise désormais 100 000 unités par an dès 2026, avec une seconde ligne de production et plusieurs centaines de recrutements annoncés. Un signal encourageant.

Cassino, Melfi, Pomigliano : à l’arrêt

Ailleurs, la situation est nettement plus préoccupante. Cassino signe la pire année de son histoire, avec à peine 19 000 véhicules produits. Les Alfa Romeo Giulia et Stelvio arrivent en fin de cycle, les projets sur plateforme STLA Large sont repoussés, et l’avenir du site reste suspendu à un plan industriel attendu… mais toujours pas dévoilé.

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Melfi enregistre un effondrement spectaculaire de 47 % sur l’année, même si le démarrage progressif de la nouvelle Jeep Compass sur STLA Medium laisse entrevoir un rebond en 2026. Pomigliano, pourtant porté par la Fiat Panda, recule lui aussi de plus de 20 %. Même le modèle le plus produit d’Italie n’échappe plus à l’érosion des volumes.

À Atessa, la baisse des utilitaires accentue encore la pression sur l’emploi. Quant à Termoli, son avenir reste l’un des dossiers les plus sensibles du groupe, la gigafactory promise étant toujours sans calendrier clair ni garanties industrielles. Stellantis assure pourtant qu’elle reste un pilier majeur industriel du groupe.

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L’Espagne, l’autre visage de Stellantis en Europe

Le contraste est d’autant plus brutal lorsque l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées. L’usine de Vigo a frôlé les 600 000 véhicules produits en 2025. À elle seule, elle assemble presque deux fois plus de voitures que l’ensemble des sites italiens réunis. Une performance rendue possible par une cadence élevée, des coûts énergétiques maîtrisés et une gamme de modèles parfaitement alignée avec la demande du marché européen. Et l’Espagne ne compte pas s’arrêter là.

À Saragosse, Stellantis prépare déjà la suite. Avec l’intégration progressive de la marque Leapmotor dans son dispositif industriel européen, l’usine espagnole vise à terme une production annuelle de 200 000 véhicules supplémentaires. Un volume qui, à lui seul, représenterait presque l’ensemble de la production automobile italienne actuelle. Au sein de Stellantis Europe, l’Espagne est devenue un pilier industriel central, tandis que l’Italie glisse vers un rôle périphérique.

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Rendez-vous mi-2026

L’Italie industrielle attend désormais le plan promis par Antonio Filosa pour le premier semestre 2026. Il devra répondre à une question simple mais fondamentale : quelle place Stellantis veut-il réellement accorder à son berceau historique ? Sans décisions fortes, sans nouveaux modèles clairement attribués et sans volumes crédibles, la comparaison avec 1955 pourrait cesser d’être un simple symbole pour devenir une trajectoire durable.


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4 avis sur « Stellantis : l’Italie produit aujourd’hui moins de voitures qu’en 1955, pendant que l’Espagne explose les records »

  1. Où sont produites l’Alfa Romeo Junior, ou la Fiat Grande Panda?
    En Pologne et en Serbie. Quand on délocalise la production, la production de voitures en Italie chute forcément. A ceci s’ajoute une gamme famélique de plusieurs des marques italiennes, et des modèles vieillissants ou non remplacés.

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    • L’ancienne 500 vendue à des millions d’exemplaires était fabriquée en Pologne, comme l’ancienne Ypsilon et Panda II qui étaient de grands succès. Ces belles réussites commerciales permettaient d’investir dans des modèles à plus fortes marges fabriquées en Italie. L’erreur monumentale de FIAT à été de rapatrier les 500 et Panda en Italie. Tous les constructeurs Européens fabriquent leur citadines à l’étranger car trop peu rentable sur leur sol nationaux (VW, PSA, Renault…).
      Fiat aurait pu générer plus de cash pour attribuer en Italie des modèles à plus forte marge…

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  2. J’ai peu d’espoirs pour la 500 hybride. C’est pas elle pour moi qui va relancer FIAT. Au pire ça fera des ventes en Italie. Et encore… Elle est déjà dépassée sur tous les domaines, même niveau tarifs elle ne rivalise pas avec la concurrence. C’est vraiment son capital sympathie qui peu faire mouche.

    Je mise plutôt sur Melfi perso. La DS8, le Compass, Gamma et une future Opel. Des véhicules à fortes marge qui même si ils se vendent moins que la 500, rapporteront beaucoup plus au groupe et à l’économie locale.

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