Maserati en 2025 : une année noire, tout est à reconstruire

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Pendant longtemps, les États-Unis ont été le pilier de Maserati. Comme pour Lamborghini et Ferrari, le marché américain représentait le premier débouché mondial de la marque au trident. En 2025, ce pilier s’est fissuré au point de faire vaciller l’ensemble de l’édifice.

Les États-Unis, symbole d’un effondrement brutal

Les chiffres américains résument à eux seuls la gravité de la situation. En décembre 2025, Maserati n’a immatriculé que 132 voitures aux États-Unis, dont 109 Maserati Grecale. Sur l’ensemble de l’année, la marque totalise 2 838 immatriculations, soit une chute vertigineuse de 41 %. La comparaison est cruelle : en décembre 2023, Maserati immatriculait encore 1 146 véhicules sur un seul mois…

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À court terme, le seul espoir identifié sur ce marché est le lancement d’une version V6 du Grecale, proposée au prix du quatre cylindres. Aux États-Unis, il est désormais possible d’accéder à un Grecale V6 à partir de 84 500 dollars, certes avec une puissance volontairement dégonflée. Une stratégie qui rappelle celle du Maserati Levante, autrefois décliné en plusieurs niveaux de V6, avant de culminer avec un V8. Avec le recul, enrichir la gamme plus tôt avec différentes puissances aurait sans doute permis de mieux amortir le choc.

L’Europe ne joue plus son rôle de refuge

On aurait pu penser que l’Europe, et en particulier l’Italie, amortirait la chute. Il n’en est rien. Sur son marché domestique, Maserati affiche 1 716 immatriculations en 2025, en baisse de 23 %. Même dans un pays historiquement attaché aux motorisations thermiques et aux marques nationales, la demande se contracte.

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Le Japon suit la même trajectoire, avec un recul de 31 % sur l’année, malgré 80 immatriculations en décembre. Le Royaume-Uni signe un mois de décembre étonnamment solide avec 52 livraisons, mais cela ne suffit pas à masquer une année à -21 %, pour un total de 372 unités.

La Suisse, souvent perçue comme un terrain favorable au luxe automobile, s’effondre à son tour : 225 immatriculations sur l’année, soit -46 %. L’Australie recule de 30 %, la Turquie de 34 %, l’Espagne de 13 %, avec un mois de décembre entièrement porté par le Grecale.

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Quelques marchés font figure d’exception. L’Allemagne progresse de 17 % sur l’année avec 635 immatriculations, mais même là, décembre 2025 est le pire mois de l’année, avec seulement 21 voitures livrées, dont 20 Grecale et une seule Maserati GranTurismo. La France progresse modestement de 12 %, à une échelle très réduite, avec 109 immatriculations sur l’année. L’Autriche et les Pays-Bas, eux, plongent respectivement de 52 % et 13 %.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Au total, sur ces marchés clés, Maserati totalise 7 347 immatriculations en 2025, en baisse de 31 %. Le constat est implacable : la marque vend désormais presque deux fois moins que Lamborghini et Ferrari, alors qu’il y a encore quelques années, la situation était strictement inverse. J’avais commencé à rédiger un paragraphe exprimant ma colère face à la gestion de Maserati ces dernières années. Je l’ai finalement effacé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et ils sont bien plus sévères que n’importe quel commentaire.

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PaysImmatriculations 2025Evolution
Etats-Unis2838-41%
Italie1716-23%
Japon756-31%
Allemagne63517%
Royaume-Uni372-21%
Australie264-30%
Suisse225-46%
Espagne250-13%
Turquie182-34%
France10912%
Pays-Bas26-13%
Autriche12-52%
7347-31%
Données Italpassion

La dernière chance du cycle 2026–2030

Nous voici en 2026, avec une marque à reconstruire presque intégralement. Jean-Philippe Imparato, nouveau CEO de Maserati, a promis un retour à la rentabilité sous deux à trois ans. Sa feuille de route repose sur un principe clair : produire au plus près de la demande et limiter drastiquement les stocks chez les concessionnaires. Une philosophie qui rappelle les méthodes de Ferrari ou même de Lamborghini, avec quelques véhicules de démonstration, mais très peu de voitures dormant sur les parcs. Début décembre 2025, Maserati a également accueilli Cristiano Fiorio au poste de directeur marketing et communication. Un nom qui n’est pas anodin, tant son expérience récente sur le projet Alfa Romeo 33 Stradale a montré sa capacité à redonner de la désirabilité et du sens à une marque italienne. Simonetta Cerruti a aussi rejoint la marque comme directeur commerciale, après une longue expérience chez Fiat, Alfa Romeo et Lancia.

Malgré tout, je conserve une forme d’espoir. Je suis persuadé que les équipes travaillent dur en coulisses. Je ne serais d’ailleurs pas surpris que Maserati planche sur une voiture « hommage », dans l’esprit de ce qu’Alfa Romeo a réalisé avec la 33 Stradale. Mais le cycle 2026–2030 sera celui de la dernière chance. On ne peut pas éternellement invoquer la transformation du marché automobile pour expliquer les difficultés, quand dans le même temps Ferrari et Lamborghini affichent une santé insolente. Maserati doit retrouver une vision claire, une gamme complète et cohérente et surtout une désirabilité à la hauteur de son histoire.

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3 avis sur « Maserati en 2025 : une année noire, tout est à reconstruire »

    • S’il y a bien deux choses que je peux reconnaitre à Imparato c’est : 1- la rentabilité d’Alfa Romeo (même avec de petits volumes…), 2- l’Alfa Romeo 33 Stradale.

      Répondre
  1. Bof Maserati c‘est une marque du passé maintenant. Faut arrêter les frais .. ou revendre . Ni FCA ni stelltruc ne sont en capacité de vendre du luxe. Le directeur dans ma boîte qui en a une me disait „ autant acheter chinois!!!“.

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