Achetée neuve il y a 40 ans, il hérite de la Lancia Delta HF de son grand-père : “je ne la vendrai jamais”

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Certaines histoires automobiles dépassent largement la fiche technique ou la cote sur le marché des youngtimers. Celle-ci, rapportée par Autocar, en fait clairement partie. En tant que site dédié aux voitures italiennes, il nous paraissait évident de partager ce récit touchant autour d’une Lancia Delta HF Turbo, héritée non pas d’un collectionneur, mais d’un grand-père passionné.

Une Delta HF qui raconte une histoire de famille

Pour Simon Webling, cette Lancia n’est pas une simple voiture ancienne soigneusement conservée. Elle est avant tout un lien direct avec son grand-père. Achetée neuve en 1988, la Delta HF Turbo est entrée dans la famille après que ce dernier a décidé de se séparer de sa Lotus Esprit Turbo, jugée trop coûteuse et peu fiable à l’usage. C’est à bord de cette Delta que Simon a appris à conduire. Des années de souvenirs partagés, de trajets ordinaires devenus précieux avec le temps. Alors, lorsque son grand-père disparaît il y a trois ans, la question de la revente ne se pose même pas. « Je ne pouvais pas la voir partir. Elle contient trop de souvenirs », confie-t-il simplement.

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Une survivante étonnamment bien conservée

Immatriculée en 1988 et affichant seulement 56 000 miles (90 000 km) au compteur, la Delta HF Turbo a passé l’essentiel de sa vie à l’abri, ce qui explique son état globalement remarquable… du moins selon les standards d’une Lancia de cette époque. Quelques cloques de rouille apparaissent sur le bas d’une porte et autour de la trappe à carburant, mais rien de dramatique. Comme souvent avec les italiennes des années 80, certains détails rappellent leur caractère bien trempé. Les moteurs de lave-phares ont disparu après une réparation inachevée, laissant des ouvertures visibles dans la calandre. Les vitres électriques avant ne fonctionnent plus. « Mais bon, c’est une italienne », lâche Simon avec indulgence.

Photo Autocar

Avant l’Integrale, la HF Turbo était au sommet

Avant l’arrivée de la HF 4WD et surtout de la légendaire Integrale, la HF Turbo représentait le sommet de la gamme Delta. Sous son capot, on trouve un quatre-cylindres 1.6 turbo développant 138 chevaux. Sur le papier, cela reste respectable, même si Simon admet que la voiture lui semblait plus vive autrefois. Ces derniers temps, le moteur paraît un peu fatigué. Un passage chez un spécialiste britannique de la Delta est prévu pour lui redonner sa pleine forme. Rien d’inquiétant, plutôt une étape logique pour une voiture qui approche des quatre décennies.

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Lancia Delta HF Turbo

Une Delta pas tout à fait comme les autres

Les célèbres bandes Martini pourraient laisser croire à une personnalisation tardive. En réalité, il s’agissait bien d’une option d’usine, introduite dès 1984 pour célébrer les succès de Lancia en championnat du monde des rallyes avec la 037. Jupes latérales, logo HF rouge sur la calandre, puis restylage en 1986 avec une nouvelle grille intégrant les antibrouillards et des jantes alliage à huit trous. Mais tout n’est pas fonctionnel. Certaines prises d’air sont purement décoratives, comme la grille inférieure qui ne refroidit pas le moteur ou l’une des deux entrées d’air du capot, tout simplement condamnée.

Photo Autocar

En revanche, l’habitacle réserve une surprise : la voiture a été convertie en conduite à droite par un concessionnaire Lancia. Une opération loin d’être parfaite. Les faisceaux électriques n’ayant pas été rallongés correctement, certains câbles se sont retrouvés tendus ou coincés, causant des soucis électriques connus sur plusieurs modèles modifiés de la sorte.

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Malgré tout, le plaisir est intact

Simon ne manque pas de belles machines au quotidien. Il roule en Mercedes-Benz C350e, s’amuse sur circuit avec une Subaru Impreza Turbo et possède une Ducati 848. Pourtant, la Delta conserve une place à part. Certes, la suspension d’origine accuse son âge et la voiture tremble un peu sur ses appuis. Oui, l’habitacle vibre et résonne, d’autant plus depuis que Simon a retiré les morceaux de mousse que son grand-père avait glissés entre les panneaux pour calmer les bruits. Mais c’est justement cela qui fait son charme. « Elle est bruyante, elle bouge, elle vit… et c’est exactement ce que j’aime », résume-t-il.

Alors que certaines Delta HF se négocient aujourd’hui à prix d’or, celle-ci n’est pas à vendre. Plus qu’une youngtimer désirable, cette Delta HF Turbo est devenue un héritage familial, un témoin roulant d’une époque où les voitures avaient une âme, et parfois même une histoire à raconter. Et c’est précisément pour cela que, même quarante ans plus tard, certaines Lancia comptent encore autant.

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