La Lamborghini Temerario GT3 vient de faire ses débuts en course… mais elle cache une première historique pour la marque

La première Lamborghini 100 % développée en interne effectue ce week-end ses débuts en compétition à l’occasion des 12 Heures de Sebring.

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Un nouveau chapitre s’ouvre pour le Taureau en compétition. Lamborghini engage pour la première fois ce week-end sa Temerario GT3 en course, à l’occasion des 12 Heures de Sebring, l’une des classiques de l’endurance nord-américaine.

Un exemplaire sera engagé ce samedi en Floride. Il sera piloté par trois pilotes usine de la marque, à savoir l’Italien Andrea Caldarelli, le Britannique Sandy Mitchell et le Français Franck Perera. L’exploitation sera confiée à l’équipe canadienne Pfaff Motorsport, habituel partenaire de Lamborghini dans le championnat IMSA.

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V8 plutôt que V10

L’arrivée de la Temerario GT3 traduit évidemment l’évolution de la gamme routière. La structure en aluminium est reprise tandis que la carrosserie est constituée de panneaux en fibre de carbone.

L’iconique et sonore V10 de l’Huracan laisse la place à un V8 suralimenté de 4 litres de cylindrée. Le système hybride de la Temerario de route est abandonné et les deux turbos remplacés par des dispositifs plus compacts. Leur température élevée a réclamé des modifications côté aérodynamique, avec davantage de besoins en refroidissement. Les blocs avant et arrières ont été redessinés pour faciliter les remplacement express en course.

Internalisée

La Temerario GT3 est aussi la première voiture de course entièrement conçue en interne par le département
compétition maison. Lancée en 2015, l’Huracán GT3 partageait son moteur avec l’Audi R8 GT3. Elle était aussi le fruit d’une collaboration avec Dallara pour son aérodynamique. Le châssis de la récente Lamborghini SC63 était basé sur un squelette Ligier.

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« La voiture fonctionne dans une plage de performances légèrement différente de celle de sa devancière, détaillait, il y a quelques mois, Rouven Mohr, directeur des technologies de Lamborghini, notamment vis-à-vis de la balance chargée d’équilibrer des voitures très différentes. Nous sommes convaincus qu’elle sera compétitive en termes de temps au tour. »

Depuis, Rouven Mohr a été nommé directeur technique d’Audi.

Déjà 2 400 km à Sebring

La voiture a effectué l’été dernier ses premiers tours de roues sur le circuit de Vallelunga, en Italie. Le programme a depuis accumulé plus de 15 000 kilomètres de roulage.

Le département compétition a notamment organisé une première session de familiarisation pour les équipes clientes sur le circuit de Misano, en Italie. Les mécaniciens des clients ont pu explorer les faisceaux ou procédures de démarrage quand les ingénieurs ont dégrossi les cartes aérodynamiques.

« Quand une voiture de course a une base solide, cela se sent immédiatement, expliquait récemment Marco Mapelli, l’un des pilotes chargés de la mise au point. Dès les premiers tests, la Temerario GT3 a montré une fiabilité forte et une sensibilité très claire aux changements de setup. »

« Un des objectifs clés, poursuivait le pilote, était la facilité de conduite. L’Huracán GT3 n’était extrêmement compétitive, mais pas toujours facile à la limite. Avec la Temerario, nous nous sommes concentrés sur l’accessibilité, surtout pour les gentlemen drivers. »

Avec ses redoutables bosses, le tracé floridien de Sebring est considéré comme l’un des plus durs avec les voitures. Le département compétition de Lamborghini a déjà testé sa voiture dans ces conditions extrêmes, avec 2 400 kilomètres parcourus lors d’une séance d’essais privés.

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C’est plus que la distance de course attendue ce samedi. La marque assure n’avoir rencontré « aucun problème majeur ». Prometteur.

Rappelons que les États-Unis sont – de loin – le premier marché pour le constructeur de Sant’Agata Bolognese. Ce qui justifie d’ailleurs l’accent porté sur l’IMSA par Lamborghini. Or, les conditions commerciales sont actuellement difficiles pour l’entreprise italienne, avec l’établissement de droits de
douane par l’administration du président des États-Unis, Donald Trump.

Des débuts réussis de la Temerario dans la juteuse niche de la compétition-client aideraient sans doute le modèle économique de Lamborghini sur ce continent. En dix ans de carrière, l’Huracán de compétition avait été produite à plus de 450 exemplaires dans ses configurations GT3 et Super Trofeo. Ce qui est loin d’être minime pour un constructeur de niche comme Lamborghini.

Une course pas comme les autres côté pneus

À Lamborghini, les pilotes et ingénieurs de la Temerario devront aussi se familiariser avec les pneumatiques Michelin.

Le manufacturier clermontois est en effet le fournisseur officiel de l’IMSA pour les dix prochaines saisons. Bibendum a lancé en janvier à Daytona sa gamme pneumatique évoluée nommée Pilot Sport Pro GT H1+, destinée aux catégories GTD et GTD Pro du championnat nord-américain.

L’équipe devra donc travailler sur le comportement de sa nouvelle voiture avec cette monte. Températures, constance, dégradation seront attentivement surveillées et alimenteront les modèles de simulation.

Rappelons ici que les voitures répondant à l’homologation GT3, comme cette nouvelle Temerario, rouleront en Pirelli dans les compétitions organisées par SRO (comme les GT World Challenge). Lamborghini ne sera pas présent cette année en championnat du monde d’endurance (WEC), où les LMGT3 sont chaussées de Goodyear.

Parallèlement, Bibendum fournit la catégorie reine GTP (l’équivalent de nos Hypercars), où Lamborghini courait jusqu’à l’an dernier avec sa SC63. La gamme pneumatique 2026 connaît ainsi sa deuxième sortie en compétition après les 24 Heures de Daytona en janvier. Et Sebring, c’est un circuit très spécial :

« Entre les bosses, le revêtement asphalte et béton, l’adhérence n’arrête pas de varier, avance Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport. Ce caractère instable devient un test en soi. Ça va être une mise à l’épreuve pour voir comment le pneu s’adapte à ces conditions particulières. »

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