
Dans l’univers très spéculatif des supercars ultra limitées, certaines voitures deviennent de véritables machines à profit. D’autres rappellent que même les modèles les plus exclusifs ne garantissent pas toujours une plus-value rapide. La Lamborghini Countach LPI 800-4, hommage moderne à l’icône des années 1970-1980, vient justement d’en faire la démonstration.
Un exemplaire quasiment neuf vient en effet d’échouer à atteindre son prix de réserve aux enchères, révélant une réalité moins glamour pour les spéculateurs.
Une Countach moderne vendue… puis déjà revendue
La voiture concernée est une Lamborghini Countach LPI 800-4 de 2022, l’une des 112 unités produites dans le monde. Elle avait été achetée neuve chez Lamborghini Austin en février 2023 avant d’être revendue une première fois en septembre 2024 sur la plateforme Bring a Trailer.

À ce moment-là, la supercar avait déjà parcouru seulement 85 miles (137 km) et s’était vendue 2,5 millions de dollars. Un prix déjà inférieur à son tarif d’origine, qui atteignait 2 836 528 dollars avec les nombreuses options choisies par son premier propriétaire.
Moins d’un an et demi plus tard, la même voiture est réapparue aux enchères, toujours dans un état quasi neuf avec 142 miles au compteur. Mais cette fois, la réalité du marché s’est révélée plus brutale : l’enchère la plus élevée s’est arrêtée à 2,2 millions de dollars, sans atteindre le prix de réserve. En seulement 18 mois, la voiture a donc perdu 300 000 dollars de valeur.

Un hommage à l’icône des années 70
Dévoilée en août 2021, la Countach LPI 800-4 était conçue comme un hommage moderne à la mythique Countach des années 1970. Son design, signé par le responsable du style Lamborghini Mitja Borkert, reprend plusieurs éléments emblématiques de la LP400 et de la LP500 : lignes anguleuses, prises d’air NACA, arches de roues hexagonales et silhouette en forme de coin typique de l’époque.



La production de 112 exemplaires n’avait d’ailleurs rien d’un hasard : elle faisait référence au nom de code LP112, utilisé lors du développement de la Countach originale dans les années 70. Sous la carrosserie en fibre de carbone se cache en réalité la base technique d’une autre Lamborghini très exclusive : la Sián FKP 37, elle-même dérivée de l’Aventador.
Techniquement, la Countach moderne reste très proche des dernières Aventador. Elle est animée par le célèbre V12 atmosphérique de 6,5 litres de la marque italienne. Ce moteur développe 770 chevaux, auxquels s’ajoute un moteur électrique de 34 chevaux alimenté par un système 48 volts et un supercondensateur. L’ensemble délivre ainsi un total d’un peu plus de 800 chevaux.

Cette technologie hybride légère permet d’améliorer les performances tout en conservant le caractère du V12 atmosphérique. Mais elle ajoute aussi du poids et de la complexité, ce qui a parfois suscité des critiques chez certains collectionneurs.
L’exemplaire récemment mis aux enchères se distinguait par une configuration particulièrement spectaculaire : peinture Ad Personam Oro Eleos, jantes dorées, intérieur cuir Nero Ade avec surpiqûres or, ainsi que de nombreuses pièces en fibre de carbone. À lui seul, le pack carbone extérieur représentait plus de 100 000 dollars d’options.


Quand les Ferrari limitées explosent… et pas la Lamborghini
Ce cas illustre surtout une différence frappante entre les stratégies de Lamborghini et de Ferrari dans l’univers des modèles ultra limités.
Au même moment où la Countach LPI 800-4 peine à maintenir sa valeur, certaines Ferrari produites en série limitée connaissent l’effet inverse. La Ferrari Daytona SP3, par exemple, affichait un prix neuf d’environ 2,2 millions de dollars. Pourtant, un exemplaire s’est vendu 6,8 millions de dollars l’année dernière.

Un phénomène que l’on observe aussi sur d’autres modèles de Maranello comme la 812 Competizione A dont la valeur a triplé, souvent réservés aux clients les plus fidèles et vendus uniquement sur invitation. Ce système crée un filtre très sélectif à l’achat, qui contribue à maintenir une forte demande sur le marché secondaire.
Une leçon pour les spéculateurs
L’histoire de cette Countach montre qu’une production limitée ne suffit pas toujours à garantir une plus-value rapide. Même dans le monde des hypercars à plusieurs millions de dollars, la perception du marché et la stratégie de la marque jouent un rôle déterminant. Pour les spéculateurs qui espéraient retourner rapidement leur exemplaire, la Countach LPI 800-4 vient donc de rappeler une règle simple : toutes les supercars exclusives ne deviennent pas automatiquement des investissements gagnants.
