
Difficile de rester indifférent face à cette Lamborghini Murciélago LP640. À l’origine, il s’agit d’un exemplaire de 2007 livré neuf aux États-Unis, avant de prendre une trajectoire inattendue : exporté au Japon en 2012, puis profondément transformé par le célèbre préparateur Liberty Walk.
Et comme souvent avec Liberty Walk, la discrétion n’est pas au programme. Cette Murciélago reçoit le kit Silhouette Works GT Evo, une transformation radicale qui la fait basculer dans un autre univers… presque celui d’une Batmobile.
Le résultat est spectaculaire : une face avant totalement redessinée inspirée de la Reventón, des ailes élargies à l’extrême, un énorme aileron arrière, un diffuseur surdimensionné et même une prise d’air sur le toit. Une vision très japonaise de la supercar italienne, mêlant culture JDM et ADN Lamborghini.

Une “œuvre d’art” pour certains, un sacrilège pour d’autres
C’est précisément ce mélange qui divise. Pour les puristes, transformer une Murciélago, modèle déjà devenu iconique, est presque une hérésie. Et pourtant, d’autres y verront une pièce unique. L’auto conserve d’ailleurs une base technique solide : un V12 atmosphérique de 6,5 litres développant 632 chevaux, une transmission intégrale et seulement 20 000 miles au compteur.


L’intérieur reste relativement proche de l’origine, avec du cuir noir, des inserts en carbone et quelques touches modernes comme un rétroviseur digital ou un système audio Pioneer. À l’extérieur, en revanche, tout est pensé pour choquer… ou fasciner.


Une vente à 344 000 $ qui relance le débat
Malgré son style extrême, cette Murciélago pas comme les autres vient de trouver preneur pour 344 000 dollars lors d’une vente aux enchères sans prix de réserve. Un chiffre qui peut surprendre. Car si les valeurs des Murciélago sont en forte hausse, notamment pour les versions les plus originales et en boîte manuelle, les modèles modifiés restent généralement moins recherchés.

Sur le marché actuel, une Murciélago LP640 classique se négocie très largement selon sa configuration :
- Certaines versions dépassent les 500 000 $, notamment les modèles peu kilométrés ou en boîte manuelle
- D’autres tournent autour des 250 000 à 400 000 $ pour des versions plus “standards”
- Les modèles les plus rares ou spécifiques peuvent atteindre des sommets, jusqu’à 900 000 $ pour certains exemplaires exceptionnels
Dans ce contexte, les 344 000 $ de cette version Liberty Walk ne sont pas absurdes. Mais ils restent révélateurs d’un marché à deux vitesses : d’un côté, les collectionneurs puristes, de l’autre, ceux qui recherchent des pièces uniques, quitte à s’éloigner de l’origine.

Au final, cette “Batmobile” sur base de Murciélago illustre parfaitement une tendance actuelle : la valeur ne dépend plus uniquement de l’authenticité, mais aussi de la singularité. Cette Lamborghini n’est ni la plus pure, ni la plus recherchée sur le papier. Mais elle est unique, radicale, et surtout impossible à ignorer.
Et c’est peut-être exactement ce qui a convaincu son acheteur. Et dans 20 ans, sera-t-elle considérée comme une aberration… ou comme une pièce de collection ?
