
Fin janvier 2026, Paris va devenir, le temps d’une journée, l’épicentre mondial de la collection automobile. À l’occasion de la 50ᵉ édition de Rétromobile, la maison Gooding Christie’s organisera sa toute première vente européenne. Un événement très attendu, organisé à Paris Expo Porte de Versailles, avec un catalogue à la hauteur de l’ambition affichée : des Ferrari, Bugatti et Talbot-Lago parmi les plus désirables du marché. Mais ce sont bien les Ferrari qui attirent notre regard. Quinze modèles, estimés au total à près de 50 millions d’euros, seront proposés aux enchères. Et parmi elles, deux voitures que les lecteurs les plus assidus reconnaîtront immédiatement.
Une vente historique pour Gooding Christie’s à Paris
Cette Rétromobile Paris Auction, prévue le jeudi 29 janvier 2026 à 13h, est un événement pour Gooding Christie’s. Jusqu’ici très implantée aux États-Unis, la maison d’enchères fait de Paris sa porte d’entrée sur le marché européen, profitant de l’aura incomparable de Rétromobile. L’exposition publique, accessible aux visiteurs du salon, permettra d’approcher ces voitures d’exception de très près. Un privilège rare, car certaines d’entre elles ne sont habituellement visibles que dans des collections privées ou lors d’événements ultra-confidentiels.
Quinze Ferrari, soixante-quinze ans d’histoire et une cote vertigineuse
Le catalogue Ferrari couvre plus de sept décennies de production, des premières Ferrari de l’après-guerre aux programmes XX contemporains. On y croise des icônes absolues comme la Ferrari 250 GT SWB Berlinetta, estimée entre 8 et 9 millions d’euros, ou encore une Ferrari 288 GTO, véritable Graal des années 80, attendue autour de 6 à 7 millions d’euros. Les amateurs de Ferrari classiques ne seront pas en reste avec plusieurs déclinaisons de 250, une Ferrari 400 Superamerica rarissime, ou encore une Ferrari Dino 246 GT, toujours aussi convoitée pour son équilibre parfait et son V6 chantant. À l’autre extrémité du spectre, les Ferrari modernes de collection confirment leur statut d’investissements majeurs, comme la Ferrari Monza SP1, estimée jusqu’à 3 millions d’euros.

Détail (valeurs hautes) :
- Ferrari 512 BBi : 300 000 €
- Ferrari 250 GT Lusso : 1 750 000 €
- Ferrari 330 GTC : 550 000 €
- Ferrari 458 GTE : 1 450 000 €
- Ferrari 250 GT LWB California Spider : 6 500 000 €
- Ferrari FXX K Evo : 6 500 000 €
- Ferrari FXX Evo : 5 500 000 €
- Ferrari 250 GTE Series III : 420 000 €
- Ferrari Dino 246 GT : 600 000 €
- Ferrari 400 Superamerica Series I : 3 250 000 €
- Ferrari 250 GT SWB Berlinetta : 9 000 000 €
- Ferrari 512 TR Speciale : 600 000 €
- Ferrari 288 GTO : 7 000 000 €
- Ferrari Monza SP1 : 3 000 000 €
- Ferrari 166 Inter Coupé : 800 000 €
Total fourchette haute : 47,22 millions d’euros
Les Ferrari XX : celles que vous aviez déjà vues… et qui arrivent officiellement sur le marché
Il y a quelques jours, l’histoire avait tout d’une scène volée : quatre Ferrari d’exception surprises devant un centre Ferrari à Lyon, comme posées là « par hasard », et immédiatement devenues virales. Parmi elles, deux voitures impossibles à confondre, noires, radicales, strictement interdites de route : une Ferrari FXX Evo et une Ferrari FXX K Evo. À l’époque, cela ressemblait à une apparition furtive. Aujourd’hui, on comprend mieux : ces deux machines figurent noir sur blanc au catalogue de la Rétromobile Paris Auction, avec des estimations à la hauteur de leur statut et, détail rare, sans prix de réserve.

La Ferrari FXX Evo (Lot 41) n’est pas une Ferrari « spéciale » au sens marketing du terme. C’est une voiture-outil, une plateforme de développement née du tout premier programme XX lancé en 2005. Environ trente FXX ont été produites entre 2005 et 2008, et celle-ci fait partie des exemplaires les plus désirables car elle est née directement en spécification Evoluzione, et non convertie plus tard. Sous sa carrosserie signée Pininfarina, son V12 atmosphérique délivre 860 ch, associé à une boîte F1 dont les passages de rapports tombent à 60 millisecondes. Son historique renforce cette aura : un seul propriétaire, une utilisation mesurée et documentée dans l’écosystème Corse Clienti, avec des kilomètres enregistrés sur Mugello, Nürburgring, Fiorano et Vallelunga, et un retour récent à Fiorano en mai 2025. Surtout, la voiture a reçu une grosse révision usine en juin 2025, chiffrée à plus de 24 800 €, comme pour arriver à Paris au sommet de sa forme. Estimée entre 4,5 et 5,5 millions d’euros, elle représente la version la plus aboutie de la première génération XX, celle qui a servi de matrice aux Ferrari de développement suivantes.


En face, la Ferrari FXX K Evo (Lot 40) est l’expression moderne de la même philosophie, mais transposée à l’ère hybride. Ici, la base intellectuelle s’appelle LaFerrari, et le résultat dépasse tout ce que Ferrari autorise habituellement à ses clients. Le V12 de s’appuie sur l’assistance HY-KERS pour atteindre environ 1 050 ch au total : ce n’est pas une hybridation « verte », c’est un amplificateur de performance. L’aérodynamique aussi change d’échelle : Ferrari revendique 640 kg d’appui à 200 km/h pour la version Evo, et un gain d’environ 23 % d’appui par rapport à la FXX K standard. Mais ce qui rend cet exemplaire encore plus fascinant, c’est son caractère presque “neuf”. Cette FXX K Evo est une factory-born Evo (née Evo à l’usine, pas une conversion), et surtout, elle n’a pratiquement pas vécu : 95 km au compteur, réalisés uniquement à Fiorano, et conduite exclusivement par des techniciens Ferrari. Elle n’a jamais participé aux événements XX Son entretien raconte la même histoire : passage à Maranello en mars 2025, puis une révision très lourde en juillet 2025, facturée plus de 145 000 €. Estimée entre 5,5 et 6,5 millions d’euros, elle fait partie d’une famille produite à environ 40 exemplaires (FXX K de 2015 à 2018), proposée uniquement à une poignée de clients triés sur le volet.


Paris, théâtre d’un marché Ferrari au sommet
Avec près de 50 millions d’euros de Ferrari réunies en un seul lieu, cette vente Gooding Christie’s à Rétromobile s’annonce comme l’un des grands rendez-vous automobiles de l’année 2026. Elle illustre aussi l’excellente santé du marché Ferrari, capable de faire cohabiter des voitures de course ultra-modernes, des supercars mythiques et des chefs-d’œuvre des années 50 et 60. Pour les passionnés comme pour les collectionneurs, une chose est sûre : le 29 janvier prochain, Paris ne sera pas seulement la capitale de l’automobile ancienne. Elle deviendra, le temps de quelques heures, la capitale mondiale de Ferrari.