
Une Ferrari qui a appartenu à un pilote de Fofrmule 1, cela fait toujours rêver. Encore plus lorsqu’il s’agit d’une Ferrari SF90 Stradale, ancien fleuron hybride de Maranello, affichée aujourd’hui à 570 000 € sur le marché de l’occasion italien. Particularité majeure : cette voiture a été la propriété de Carlos Sainz. Une provenance prestigieuse, certes. Mais suffit-elle à justifier un tarif équivalent, voire supérieur, à celui d’une SF90 neuve à l’époque ?
Une SF90 pas comme les autres… mais déjà bien utilisée
Mise en circulation en mars 2021, cette Ferrari SF90 Stradale totalise aujourd’hui près de 13 900 km. Un chiffre loin d’être négligeable dans l’univers des supercars de collection, où certaines autos changent de mains avec moins de 1 000 km au compteur.




Techniquement et esthétiquement, l’auto est irréprochable. Configuration Rosso Corsa, habitacle noir, abondance de carbone apparent, échappement et visserie en titane, jantes forgées, film de protection intégral, sièges électriques, système hi-fi premium, lift avant et arrière… Sans oublier un entretien constructeur couvert jusqu’en 2027. Sur le papier, c’est une SF90 très haut de gamme, exactement le type de configuration que l’on attend d’une Ferrari commandée par un pilote officiel. Mais l’élément central de cette annonce se cache ailleurs : la signature de Carlos Sainz apposée dans le compartiment moteur.

L’option « célébrité » face à la réalité du marché
À 570 000 €, cette SF90 se situe tout en haut de la fourchette actuelle. Et même au-delà de ce que montre le marché récent. Les données des ventes aux enchères sont sans appel : ces derniers mois, des SF90 Stradale se sont échangées entre 400 000 et 500 000 €, parfois moins, parfois plus, selon l’année, le kilométrage et la présence du pack Assetto Fiorano. Aussi, il y a un an, une SF90 affichant un kilométrage supérieur (environ 14 000 miles, soit 22 500 km) s’est vendue 410 000 $, tout en disposant du pack Assetto Fiorano, pourtant absent sur la voiture de Carlos Sainz. Même des exemplaires très récents, faiblement kilométrés, dépassent rarement les 530 000 à 550 000 $. En clair, le supplément demandé ici ne repose pas sur la fiche technique, mais bien sur l’histoire de l’auto.

C’est là que le débat devient intéressant. Contrairement à certaines Ferrari qui prennent de la valeur parce qu’elles sont en édition limitées ou une configuration particulière, celle-ci est simplement une Ferrari personnelle, utilisée par Carlos Sainz durant son passage à Maranello. Cela lui confère une aura particulière, mais aussi une limite évidente. Dans l’univers de la collection automobile, la valeur émotionnelle liée à un nom dépend fortement de la trajectoire de ce nom dans l’histoire. Aujourd’hui, Carlos Sainz est un pilote reconnu, respecté, vainqueur de courses en F1… mais pas encore une légende absolue du sport.
Et si tout se jouait sur l’avenir ?
La vraie question est peut-être là. Cette SF90 vaut-elle son prix aujourd’hui ? Objectivement, non, si l’on se base uniquement sur le marché, le kilométrage et l’équipement. Elle est affichée au prix d’une SF90 quasi neuve, alors qu’elle a déjà 14 000 km et sans pack Assetto Fiorano. Mais demain ? Si Carlos Sainz devenait un jour champion du monde de Formule 1, cette Ferrari pourrait alors changer de statut. Elle ne serait plus simplement une simple SF90, mais un objet de l’histoire automobile, figé dans un moment précis de l’histoire de Ferrari et de la F1 moderne. Comme les Ferrari F355 GTS de Michael Schumacher, Ferrari F40 d’Alain Prost ou Ferrari 365 GT4 de Niki Lauda. Dans ce cas précis, la signature sous le capot pourrait, effectivement, valoir le prix d’une voiture neuve.
Cette SF90 ex-Carlos Sainz n’est donc pas une mauvaise affaire au sens strict, mais un pari. Un pari sur l’histoire, sur la carrière d’un pilote, et sur la capacité du marché à continuer de valoriser les Ferrari à forte charge symbolique. Pour l’amateur de supercars cherchant le meilleur rapport prix/prestations, le choix est clair : le marché regorge de SF90 plus récentes, moins chères, parfois plus exclusives techniquement.
