Il vient de payer 5,2 millions de dollars pour une Ferrari F40 quasi neuve… et apprend qu’elle pourrait être confisquée par la justice

Acheter une Ferrari F40 est déjà un événement en soi. Mais lorsque l’exemplaire est quasiment neuf et vendu plus de 5 millions de dollars, l’histoire ressemble à un rêve pour collectionneur. Pourtant, pour l’acheteur d’un exemplaire vendu récemment aux États-Unis, ce rêve pourrait rapidement tourner au cauchemar juridique.

Publicité

Quelques semaines seulement après la vente, cette Ferrari F40 exceptionnelle pourrait être réclamée par la justice suédoise dans le cadre d’une procédure de faillite.

Une F40 exceptionnelle vendue à prix record

La voiture au cœur de l’affaire est une Ferrari F40 de 1992, l’un des derniers exemplaires produits à Maranello. Présentée en 1987 pour célébrer les 40 ans de Ferrari, la F40 est devenue l’une des supercars les plus mythiques de l’histoire. Sous sa carrosserie dessinée par Pininfarina se cache un V8 biturbo de 2,9 litres développant 478 chevaux, associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Fidèle à la philosophie de l’époque, la F40 ne possède ni ABS, ni contrôle de traction, ni assistance électronique : tout repose sur le pilote.

Publicité

L’exemplaire concerné est particulièrement remarquable. Il affiche seulement 1 418 kilomètres au compteur, un chiffre exceptionnel pour une voiture vieille de plus de trente ans. Conservée dans un état proche du neuf, avec son châssis, son moteur et sa boîte d’origine, la voiture a même reçu en 2025 le Cavallino Platinum Award lors du Cavallino Classic de Palm Beach, une distinction prestigieuse dans le monde Ferrari.

C’est donc sans surprise que cette F40 a atteint 5,23 millions de dollars lors d’une vente organisée par RM Sotheby’s à Miami. Mais peu après l’adjudication, un problème inattendu est apparu.

Une supercar liée à une faillite en Suède

L’histoire de cette F40 remonte au début des années 1990. Produite en mai 1992, elle est livrée neuve à Rome en 1993 avant de rester plusieurs années en Italie. En 1999, la voiture est exportée en Suède où elle passera plus de deux décennies entre les mains de collectionneurs locaux.

Publicité

Ce n’est qu’en 2024 qu’elle quitte la Scandinavie pour rejoindre les États-Unis, où elle finit par apparaître sur le catalogue de la maison RM Sotheby’s.

Mais pendant ce temps, en Suède, les administrateurs chargés de gérer la faillite du groupe immobilier Kvalitena AB examinent les actifs liés à la procédure. Et c’est là que le dossier prend une tournure inattendue. En analysant les registres de propriété, ils identifient une Ferrari F40 dont le numéro de châssis correspond précisément à celui du modèle vendu aux États-Unis.

Une vente peut-être illégale

Selon l’administratrice judiciaire suédoise Hedvig Mårstad, la voiture pourrait faire partie des actifs du groupe en faillite, dont les dettes atteindraient environ 85 millions d’euros.

Si cela se confirme, la Ferrari n’aurait jamais dû être vendue, car elle devrait appartenir à la masse de la faillite destinée à rembourser les créanciers. La découverte est intervenue peu après la vente américaine. Les administrateurs suédois ont alors pris contact avec la maison de vente afin de comprendre comment la voiture a pu quitter la Suède et être proposée aux enchères.

Publicité

Pour l’instant, plusieurs zones d’ombre subsistent : on ignore encore qui a autorisé la vente et comment le véhicule a pu être exporté avant d’apparaître aux États-Unis.

L’acheteur pourrait devoir rendre la voiture

Si la justice suédoise conclut que cette F40 fait bien partie des actifs du groupe en faillite, la situation pourrait devenir très délicate pour l’acheteur. Dans ce cas, la voiture pourrait être réclamée et renvoyée en Suède, afin d’être intégrée à la procédure judiciaire et potentiellement revendue au profit des créanciers.

Autrement dit, l’homme qui pensait avoir ajouté à sa collection l’une des Ferrari les plus désirables au monde pourrait finalement devoir se séparer de sa F40 à 5,2 millions de dollars.

L’affaire ne concerne d’ailleurs peut-être pas qu’un seul véhicule. Les administrateurs suédois évoquent l’existence d’une dizaine d’autres voitures de luxe, parmi lesquelles des Ferrari, mais aussi des Rolls-Royce et des Mercedes, potentiellement liées à la même faillite.

Publicité

L’un des exemplaires les plus préservés de la légendaire Ferrari F40 pourrait bien devenir la supercar la plus chère… jamais rendue à la justice.

Publicité

Vous aimez cet article ? Partagez !

Partagez votre avis