
Lorsqu’il a signé les papiers de vente de sa Ferrari 308 GTSi, ce propriétaire américain n’avait probablement aucun regret. À l’époque, au début des années 2010, le marché des Ferrari « accessibles » était morne, et vendre son exemplaire pour environ 35 000 dollars représentait même une bonne affaire. Dix ans plus tard, l’histoire a pris une autre tournure. En parcourant les résultats des enchères actuelles, on découvre que la même voiture vaut aujourd’hui parfois plus du double, voire presque trois fois plus selon l’état et la version. Un simple calcul suffit à faire grincer des dents : en vendant trop tôt, il est peut-être passé à côté d’une plus-value de 50 000 dollars.
Une Ferrari sous-estimée
La Ferrari 308 est longtemps restée dans l’ombre des modèles V12 plus prestigieux. Produite entre 1975 et 1985, elle embarque un V8 de 2,9 litres développant environ 250 chevaux, une mécanique aussi brute qu’attachante, typique des Ferrari des années 1980. Dans les années 2010, ce charisme ne faisait pas rêver les investisseurs. La 308 était vue comme une Ferrari d’entrée de gamme vieillissante, coûteuse à entretenir et peu désirable face aux modèles plus modernes. Résultat : les prix s’effondraient.


Entre 2014 et 2015, les ventes aux enchères montrent des résultats parfois étonnamment bas. Certaines Ferrari 308 GTSi se vendaient à moins de 40 000 dollars, tandis que quelques exemplaires très bien conservés dépassaient occasionnellement 90 000 dollars, mais restaient des exceptions. Voici une synthèse représentative de cette période de creux :
| Année | Prix observés |
|---|---|
| 2014 | de 38 500 $ à 92 400 $ |
| 2015 | de 33 376 € à 71 500 $ |
À cette époque, son prix de vente à 35 000 $, de particulier à particulier, n’avait donc rien d’absurde. Il collait parfaitement au marché.
Dix ans plus tard : le réveil des collectionneurs
En 2025, le tableau est radicalement différent. La Ferrari 308 est redevenue une icône à part entière. Elle incarne désormais une époque disparue, celle des Ferrari légères, sans aides électroniques, au design italien pur et sans filtre. La nostalgie, couplée à une offre qui se raréfie (avec des modèles bien entretenus), a relancé la demande. Sur les plateformes d’enchères spécialisées, les résultats parlent d’eux-mêmes. En 2025, même un exemplaire standard se négocie fréquemment autour de 60 000 à 80 000 dollars, tandis que les versions Quattrovalvole restaurées ou faiblement kilométrées atteignent régulièrement des sommets. En voici un aperçu :
| Date | Année | Version | Kilométrage | Prix |
|---|---|---|---|---|
| 27 jan. 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 26 000 miles | 100 000 $ |
| 23 mars 2025 | 1982 | GTSi | 84 000 km | 68 000 € |
| 26 mars 2025 | 1984 | GTSi Quattrovalvole | 24 000 miles | 90 000 $ |
| 5 avr. 2025 | 1982 | GTSi | 43 000 miles | 82 500 $ |
| 10 avr. 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 23 000 miles | 76 000 $ |
| 22 avr. 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 33 000 miles | 60 000 $ |
| 24 avr. 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 105 000 miles | 58 000 $ |
| 1 mai 2025 | 1980 | GTSi | 16 000 miles | 67 500 $ |
| 11 mai 2025 | 1984 | GTSi Quattrovalvole | 63 000 miles | 77 000 $ |
| 3 juin 2025 | 1984 | GTSi Quattrovalvole | 40 000 miles | 95 000 $ |
| 13 juin 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 54 000 miles | 67 500 $ |
| 20 juin 2025 | 1982 | GTSi | 39 000 miles | 76 000 $ |
| 27 juin 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 31 000 miles | 95 000 $ |
| 10 juil. 2025 | 1982 | GTSi | 55 000 miles | 71 000 $ |
| 15 juil. 2025 | 1980 | GTSi | 63 000 miles | 47 000 $ |
| 26 juil. 2025 | 1980 | GTSi | 59 000 miles | 57 000 $ |
| 4 août 2025 | 1981 | GTSi | 2 000 miles | 50 000 $ |
| 4 août 2025 | 1982 | GTSi | 691 miles | 57 500 $ |
| 5 août 2025 | 1982 | GTSi | 55 000 miles | 52 500 $ |
| 11 août 2025 | 1983 | GTSi Quattrovalvole | 4 000 miles | 93 500 $ |
| 20 août 2025 | 1980 | GTSi | 21 000 miles | 78 000 $ |
| 3 sept. 2025 | 1980 | GTSi | 30 000 miles | 54 500 $ |
| 28 sept. 2025 | 1982 | GTSi | 22 000 miles | 71 000 $ |
Un propriétaire américain a par exemple vendu son modèle pour 100 000 dollars en janvier 2025. D’autres exemplaires comparables partent aujourd’hui entre 75 000 et 95 000 dollars selon leur état. Face à ces chiffres, l’ancienne transaction à 35 000 dollars ressemble désormais à une erreur de timing douloureuse.


“Time in the market”
Cette mésaventure illustre parfaitement un dicton bien connu dans l’investissement : « le temps passé sur le marché est plus important que le moment où l’on entre ». Autrement dit, il vaut souvent mieux conserver un actif de qualité sur le long terme que d’essayer de vendre au moment idéal. Avoir raté 50 000 dollars n’est jamais agréable. Dans le monde de la collection automobile, cette histoire est presque banale. Des propriétaires ont perdu bien davantage en revendant des Ferrari F40 à une époque où personne n’imaginait qu’elles atteindraient plusieurs millions d’euros ou dollars.

Les prix des voitures fluctue, et c’est normal. Personne n’est devin et ne peut savoir quelle sera la cote d’une Ferrari, ou de toute autre voiture sortant de l’ordinaire.
A une échelle beaucoup plus modeste j’aurais pu gagner du fric si j’avais conservé une Abarth 695 biposto, qui a pris de la valeur. Je l’ai vendue sensiblement le même prix que son prix d’achat, après l’avoir gardée 3 ans. Mais garder des voitures demande d’avoir des parkings, de payer l’entretien, l’assurance, etc…
I sold my 1982 Ferrari 308gtsi in 2015 after being laid off from work for US$38,100. Having the pleasure of owning it for 13 years and paying just $25,500 for it in 2002 makes it the best automotive investment of my lifetime. It’s all about what life throws at you. I now own 20 year old Maseratis because they, like the 308 was in 2002, are at the bottom of the depreciation curve. My Gransport and Spyder are much faster, more practical, more comfortable than any 308, and are just as drop dead gorgeous.