Ferrari recule en 2025 pour la première fois depuis près de dix ans, plombée par les États-Unis et le Royaume-Uni

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Après presque une décennie de croissance continue, Ferrari marque le pas. Selon nos chiffres, en 2025, Ferrari enregistre un recul de –3,43 % sur un panel représentatif de marchés clés, totalisant 8 755 immatriculations. Hors année Covid, la marque de Maranello n’avait plus connu de baisse globale depuis près d’une décennie. Une rupture discrète, mais révélatrice, dans une trajectoire jusque-là presque linéaire.

Les États-Unis, premier marché… et principal frein

Avec 3 394 immatriculations sur l’année, les États-Unis restent de très loin le premier marché mondial de Ferrari. Mais c’est aussi là que la baisse pèse le plus lourd. Le recul atteint –3,77 % par rapport à 2024, malgré une fin d’année solide avec 324 immatriculations en décembre. Le Purosangue y joue toujours un rôle central, avec plus de 100 unités livrées rien que sur le mois de décembre 2025.

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Faut-il y voir un plafond de verre ? Un marché arrivé à maturité ? Ou les effets indirects d’un contexte politique et économique incertain, marqué par les menaces récurrentes sur les droits de douane sous l’ère Donald Trump ? Ferrari, en tout cas, affiche une sérénité assumée. L’annonce d’un second centre Tailor Made aux États-Unis, cette fois à Los Angeles, montre que la priorité reste la montée en valeur plutôt que la fuite en avant sur les volumes.

Allemagne : une baisse qui en dit long sur le cycle produit

Deuxième marché mondial, l’Allemagne termine 2025 avec 1 746 immatriculations, en recul de –4,43 %. Le mix produit reste pourtant solide, dominé par le Purosangue, la 296, la Roma et la SF90. Des modèles toujours très désirables, mais dont aucun n’est réellement nouveau. Cette situation illustre un phénomène bien connu chez Ferrari : le décalage temporel entre la présentation d’un modèle, sa production effective et sa livraison finale. En clair, les chiffres de 2025 reflètent davantage les choix industriels faits plusieurs années plus tôt que l’actualité produit immédiate.

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Le Japon confirme son statut de marché passion

À contre-courant, le Japon continue de surprendre. Troisième marché mondial de Ferrari, il progresse de +5,40 % en 2025, pour atteindre 1 523 immatriculations. Une performance remarquable, qui confirme l’attachement profond du public japonais à la marque italienne. Ce dynamisme explique pourquoi la direction de Ferrari a officiellement annoncé l’ouverture prochaine d’un centre Tailor Made à Tokyo. Là encore, la stratégie est claire : accompagner une clientèle passionnée vers toujours plus de personnalisation et de rareté.

Italie et France : deux trajectoires positives mais différentes

Sur son marché domestique, Ferrari signe une très belle année. L’Italie totalise 819 immatriculations en 2025, soit une progression de +10 %. Une performance qui confirme la solidité de la demande locale, malgré un contexte économique européen loin d’être idéal. La France poursuit quant à elle sa montée en puissance progressive. Avec 388 immatriculations sur l’année, le marché français progresse de +11,8 %. Une croissance régulière, presque méthodique. Et contrairement aux déclarations de Cécile Duflot, une femme politique française affirmant que la majorité des Ferrari seraient des voitures de fonction, les chiffres racontent une autre histoire : 62 % des immatriculations françaises en 2025 concernent des particuliers, loin devant les sociétés, la location courte durée et les véhicules de démonstration.

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Royaume-Uni : la chute se confirme

Le Royaume-Uni reste le point noir de cette photographie mondiale. Avec seulement 665 immatriculations sur l’année, le marché britannique s’effondre de –29 %. Une baisse structurelle, déjà bien identifiée, liée notamment à la suppression d’une niche fiscale qui bénéficiait à certains résidents fortunés. Ferrari n’y est pas seule concernée, mais l’impact est particulièrement visible sur une marque de luxe.

Marchés secondaires : fortes disparités

Derrière les grands marchés, les écarts sont saisissants. L’Australie recule de –6,78 % avec 220 immatriculations, un volume modeste mais symbolique. À l’inverse, la Belgique réalise une performance spectaculaire avec +33,77 % et 202 immatriculations, au point de se rapprocher dangereusement de l’Australie. Les Pays-Bas progressent de +24,73 % à 116 unités, l’Espagne bondit de +36,25 % à 109 immatriculations, tandis que l’Autriche décroche nettement avec –23,23 % et seulement 76 Ferrari livrées sur l’année.

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Pas encore une alerte rouge

Certains marchés importants comme le Canada, la Suisse, le Luxembourg ou Monaco ne figurent pas dans ce suivi. Mais même partielle, cette photographie est riche d’enseignements. En 2025, Ferrari recule légèrement, rompant une dynamique de croissance continue installée depuis près de dix ans. Les deux principaux responsables sont clairement identifiés : les États-Unis et le Royaume-Uni. Pour autant, difficile d’y voir (pour l’instant) une inquiétude majeure. Le carnet de commandes reste plein, et Ferrari semble plus que jamais assumer une stratégie orientée vers la valeur. La marque a d’ailleurs choisi d’étaler volontairement la production de sa F80 afin d’optimiser ses résultats financiers plutôt que de maximiser les volumes livrés. L’année 2026 s’annonce intéressante. Ferrari prépare plusieurs nouveautés majeures, dont la première Ferrari 100 % électrique de son histoire. Un modèle aussi attendu que controversé, dont l’accueil reste pour l’instant très mitigé.

PaysImmatriculations 2025Evolution
Etats-Unis3394-3,8%
Allemagne1746-4,4%
Japon15235,4%
Italie81910%
Royaume-Uni665-29,2%
France38811,8%
Australie220-6,8%
Belgique20233,8%
Pays-Bas11624,7%
Espagne10936,2%
Autriche76-23,2%
8755-3,4%
Données Italpassion

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