Cette Ferrari LaFerrari à 2,3 millions de dollars se dégrade depuis un an sur un parking des douanes des philippines… et attend toujours son propriétaire

C’est une histoire qui semble presque irréelle dans l’univers feutré des hypercars de collection. Une Ferrari LaFerrari, vendue plus de 2,3 millions de dollars lors d’une vente aux enchères en Arabie Saoudite, est aujourd’hui immobilisée depuis plus d’un an… à ciel ouvert, sur un parking des douanes aux Philippines.

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Loin des garages climatisés des collectionneurs du Moyen-Orient, cette pièce d’ingénierie italienne, produite à seulement 499 exemplaires, traverse désormais une lente descente aux enfers sous le soleil et les pluies tropicales de Manille.

Une hypercar passée du prestige aux scellés judiciaires

L’exemplaire concerné n’est pas anodin. Il s’agirait selon thelaferrariregistry du châssis 204219, une LaFerrari destinée à l’origine au marché du Moyen-Orient. Livrée à un client basé aux Émirats arabes unis, cette configuration se distinguait par une peinture Rosso Corsa associée à un toit noir Nero, des éléments en carbone apparent et un habitacle en cuir brun clair avec surpiqûres rouges.

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Son histoire prend un tournant en 2019, lorsqu’elle est vendue aux enchères à Riyad pour 2 354 000 dollars. Une transaction cohérente avec le marché de l’époque… et qui ferait aujourd’hui presque figure de “bonne affaire”, certaines LaFerrari comparables s’échangeant désormais entre 3 et 5 millions d’euros.

Mais le 14 février 2025, tout bascule. Ce jour-là, le bureau des douanes des philippines mène une opération coup de poing contre des importations de voitures de luxe jugées illégales. Deux entreprises sont visées : TopCar Specialist and Trading Inc. et AC Che Gong Miao. Sur place, les autorités découvrent un véritable trésor automobile : McLaren Senna, Bugatti Chiron, Ferrari SF90… et cette LaFerrari. Toutes sont immédiatement saisies.

Un an d’abandon sous le climat tropical

Depuis cette opération, la situation est restée figée. Faute de preuves de paiement des taxes exigées dans le délai légal de quinze jours, les véhicules sont passés sous le contrôle de l’État philippin, dans l’attente d’une éventuelle vente aux enchères. En attendant, la LaFerrari ne dort pas dans un entrepôt sécurisé.

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Elle est stationnée à l’extérieur, entourée de rubans, exposée en permanence aux éléments. Les images apparues récemment sur Instagram montrent une voiture recouverte de poussière, dont les surfaces vitrées ont perdu leur éclat.

Dans un climat chaud et humide comme celui de Manille, ce type d’immobilisation prolongée n’est jamais anodin. Les UV fatiguent les vernis, l’humidité menace les cuirs et les mousses de l’habitacle, tandis que les composants électroniques et mécaniques souffrent d’un arrêt prolongé sans précaution particulière. Même les freins carbone-céramique et les pièces en fibre de carbone, pourtant conçus pour des performances extrêmes, ne sont pas faits pour rester à l’abandon sous la pluie.

Chaque mois passé dehors éloigne cette LaFerrari de l’état concours attendu par les collectionneurs. Et si une vente aux enchères est bien envisagée par les autorités philippines, aucun calendrier n’a encore été communiqué. Une chose est sûre : lorsqu’elle quittera enfin ce parking, le futur acheteur n’acquerra peut-être plus seulement une hypercar de collection… mais aussi un chantier de restauration.

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