
Certaines voitures sont dans la culture populaire. C’est exactement le cas de la Ferrari 308 GTS rendue célèbre par la série Magnum P.I.. Quarante ans après avoir sillonné les routes d’Hawaï sous les traits de Thomas Magnum, incarné par Tom Selleck, l’un des exemplaires les plus emblématiques de la série s’apprête à être vendu aux enchères.
Ce modèle de 1979 sera proposé lors de la vente Barrett-Jackson de Palm Beach, du 16 au 18 avril 2026. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle Ferrari utilisée pour le tournage : c’est celle du tout premier épisode, le pilote intitulé “Don’t Eat the Snow in Hawaii”, ainsi que des débuts de la première saison.
Une voiture de cinéma
Dans l’univers des voitures de cinéma, les répliques sont nombreuses. Ici, on parle d’un modèle parfaitement authentifié. Son numéro de châssis, le VIN 28251, est bien connu des spécialistes et confirme qu’il s’agit de l’une des trois Ferrari 308 GTS à carburateurs utilisées dès la première saison.
Au total, environ quinze Ferrari 308 ont été mobilisées durant les 163 épisodes de la série, mais très peu peuvent revendiquer un tel pedigree. Celle-ci fait partie des plus précieuses, notamment parce qu’elle a été conduite par Tom Selleck lui-même dans les premières scènes devenues cultes.


Autre détail qui renforce son statut d’icône : la voiture était initialement peinte en Fly Yellow avant d’être repeinte en Rosso Corsa pour les besoins du tournage. Cette modification est officiellement documentée par Ferrari, un élément extrêmement recherché par les collectionneurs.
Ferrari 308 dans son jus, entre patine et histoire
Sous le capot, on retrouve le V8 atmosphérique de 2,9 litres, associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Selon les sources, la puissance varie autour de 205 à 237 chevaux selon la configuration, avec ses célèbres carburateurs Weber. Une mécanique typique de la fin des années 70, brute et sans filtre.

L’exemplaire affiche aujourd’hui plus de 150 000 kilomètres (ou environ 93 000 miles), preuve qu’il ne s’agit pas d’une pièce figée mais d’une voiture qui a réellement vécu. L’intérieur, initialement beige Crema, a été restauré dans sa teinte d’origine après avoir été modifié en noir. On note également quelques éléments non d’origine, comme un autoradio plus récent ou un pommeau en aluminium.


Mais loin de diminuer sa valeur, cette patine participe à son authenticité. On est ici face à une voiture qui raconte une histoire, et non à un objet restauré à outrance.
Le marché encore hésitant malgré le mythe
Malgré son statut mythique, la valeur de cette Ferrari reste difficile à cerner. En mars 2025, elle a été vendue pour 115 000 dollars lors d’une vente en ligne, avant de ne pas trouver preneur à 120 000 dollars lors d’une enchère suivante.
À titre de comparaison, une Ferrari 308 GTS classique de la même année se négocie généralement autour de 70 000 à 130 000 dollars selon son état. Le facteur “Magnum P.I.” apporte donc une prime indéniable, mais pas toujours suffisante pour stabiliser son prix.
Cette nouvelle vente aux enchères, sans prix de réserve, pourrait donc être décisive pour déterminer la véritable valeur de cette pièce d’histoire.
Au-delà des chiffres, cette Ferrari pose une question intéressante : jusqu’où les collectionneurs sont-ils prêts à aller pour posséder une part de culture populaire ? Posséder cette 308 GTS, ce n’est pas seulement acquérir une voiture. C’est s’offrir un morceau de télévision, une part des années 80, et peut-être même un rêve d’enfant. Celui de conduire, comme Magnum, une Ferrari rouge sous le soleil.
La vente de Palm Beach s’annonce donc comme bien plus qu’une simple transaction. Elle sera un véritable test du marché, à la frontière entre passion automobile, nostalgie et logique d’investissement.

J’aimerais bien l’avoir dans ma collection.😍👌