
Il y a quelques mois, nous vous parlions d’une collection hors norme, celle de Fritz Neuser, ancien cycliste allemand devenu figure incontournable du commerce de voitures de prestige. À 93 ans, celui qui considérait ses voitures comme « l’œuvre de toute une vie » avait pris une décision radicale : tout vendre. Le 15 mars 2026, à Paris, la promesse est devenue réalité.
Une vie entière résumée en quelques heures d’enchères
Dans une salle d’Artcurial pleine à craquer, les regards étaient tournés vers ces voitures italiennes patiemment réunies pendant des décennies. Ferrari, Alfa Romeo, Lancia… mais aussi quelques modèles inattendus, tous racontaient une histoire.

Fritz Neuser n’était pas un collectionneur comme les autres. Ancien champion cycliste dans l’Allemagne d’après-guerre, il s’était reconverti dans l’automobile dès les années 1960, devenant concessionnaire puis véritable ambassadeur de marques comme Ferrari et Alfa Romeo. Au fil du temps, il avait accumulé des modèles emblématiques, souvent rares, parfois uniques. Le 15 mars, tout s’est joué en quelques heures.
Ferrari au cœur de la tempête… mais pas toujours au sommet
Sans surprise, les Ferrari ont attiré tous les regards. Une Ferrari 365 GTB/4 Daytona de 1970 a ainsi atteint 602 000 €, confirmant son statut de pièce maîtresse de la collection.

D’autres modèles iconiques ont suivi : une 365 GT4 BB vendue 367 220 €, une 575 Superamerica à 355 180 €, ou encore une plus récente Ferrari Roma adjugée 168 480 €.

Mais tout n’a pas flambé. Certaines estimations n’ont pas été atteintes, comme la 512 BBi de 1983, partie à 180 600 €, bien en dessous de sa fourchette haute. Preuve que même les Ferrari ne sont pas à l’abri d’un marché devenu plus sélectif.

Alfa Romeo et Lancia, les passionnés étaient au rendez-vous
Si Ferrari dominait en valeur, les Alfa Romeo racontaient une autre facette de cette collection : celle du pur passionné.
La très attendue Alfa Romeo GTAm de 1970 a trouvé preneur à 201 068 €, confirmant son statut de pièce rare. À l’inverse, d’autres modèles plus accessibles, comme la Giulia 1300 Super ou la Fulvia, sont restés sous les radars avec des prix plus modestes, parfois même sous estimation.


Des surprises et quelques déceptions
Comme souvent lors de ce type de vente, certaines surprises ont marqué les esprits.
La De Tomaso Pantera GT5S a dépassé les attentes à 198 660 €, tandis que des modèles plus atypiques, comme les créations Sbarro, ont eu plus de mal à convaincre. Une Alcador Roadster estimée jusqu’à 400 000 € n’a atteint que 132 440 €.

Même constat pour certaines voitures pourtant prestigieuses, à l’image de la Mercedes 220 Cabriolet de 1953, vendue 101 136 €, ou encore de plusieurs Porsche restées sous leurs estimations.
Alors, combien a vraiment rapporté la collection Neuser ?
Au total, la vente des principaux lots automobiles présentés lors de cette journée atteint environ 4,3 millions d’euros.
Un chiffre impressionnant… mais qui reste en réalité mesuré au regard de l’ampleur de la collection et des estimations globales. Certaines voitures n’ont pas atteint leur prix attendu, et cela a mécaniquement limité le total final.
Avec cette vente, Fritz Neuser ne s’est pas simplement séparé de voitures. Il a tourné la page d’une vie entière dédiée à la passion automobile. Le marteau est tombé. Les voitures ont changé de mains. Mais l’histoire, elle, continuera.