
Cinq voitures à l’arrivée, mais pas de victoire ou de podium. La toute première sortie en compétition de la nouvelle Ferrari 296 GT3 Evo a eu lieu ce week-end, à l’occasion des 24 Heures de Daytona, première manche du championnat d’endurance nord-américain IMSA. « Comme prévu avant la course, la première manche duchampionnat IMSA SportsCar 2026 s’est avérée difficile pour les voitures de Maranello » explicite le communiqué publié par Ferrari après la classique floridienne.
A l’arrivée, Maranello peut s’enorgueillir de quelques places d’honneur. En catégorie GTD, la Ferrari n°21 engagée par l’écurie AF Corse se classe au 5 e rang après deux tours d’horloge. En GTD Pro, la 296 GT3 Evo exploitée par l’équipe Triarsi Competizione figure au 8 e rang final.
Décevant en GTD Pro
Dans cette classe aussi relevée que serrée, les Ferrari n’ont pas paru en mesure de s’immiscer dans la lutte pour les premières places face aux Chevrolet Corvette, Ford Mustang, Mercedes-AMG GT3 ou autres BMW M4. Rappelons ici que la Balance de performance (BOP), chargée d’équilibrer les voitures, faisait ce week-end de la 296 GT3 Evo la voiture la plus légère du plateau (1 323 kg). Mais la puissance était plafonnée, avec 88,9 % de la cavalerie disponible sous les 190 km/h et 85 % au-delà de 200 km/h.
La tâche n’était donc pas facile dans les sections rapides du fameux « banking » ou au moment de chercher une ouverture dans le trafic. Or, cet aspect est toujours primordial dans une course qui se joue souvent dans les deux dernières heures. « Sur un tour, on l’a vu en qualifications, on est là. En course,
c’est plus dur », jugeait Lilou Wadoux, pilote officielle de la marque et ici engagée sur la n°21 en GTD, auprès de nos confrères d’Auto Hebdo.
La malchance s’en est mêlée avec l’accrochage entre deux voitures au Cheval cabré. Après deux heures de course, Daniel Serra (Ferrari Risi n°62) a traversé le gazon longeant le circuit, percutant une autre 296 GT3 alignée par l’équipe Triarsi. « Nous avons dû quitter la course suite à une touchette qui a provoqué un accident », expliquait le Brésilien sur ses réseaux sociaux.
Toujours dans cette catégorie GTD Pro, la Ferrari n°033 (Triarsi Competizione) a tenté plusieurs coups de poker stratégiques pour se mêler à la lutte en tête. Ce fut le cas à l’occasion de la dernière neutralisation, à 2h30 de l’arrivée. James Calado resta en piste quand le gros du peloton ravitailla. Le champion du monde en titre occupait ainsi le 2 e rang au drapeau vert. Quand les voitures furent libérées, la 296 GT3
fut néanmoins impliquée dans une action litigieuse avec la Corvette n°4 de Nico Varrone. Jugé responsable, Calado écopa d’un drive through, qui mit fin aux chances de podium de la Ferrari.
Prometteur en GTD
Pour Ferrari, il y eut pourtant quelques éclaircies dans cette course marquée par une neutralisation derrière les voitures de sécurité de plus de 6 heures, provoquée par un épais brouillard nocturne. Ce fut notamment le cas en catégorie GTD. La n°70 de l’équipe Inception pilotée par Frederik Schandorff occupa à
plusieurs reprises la tête de la course au cours des deux premières heures. Puis la n°21, engagée par AF Corse, demeura dans le top 5 le dimanche matin.
On notera au passage la bonne performance de Lilou Wadoux. La Française – qui a renouvelé son bail de pilote officielle Ferrari cet hiver – figure parmi les meilleurs pilotes classés « silver » par la Fédération internationale dans le très surveillé indice B-Pillar. Il faudra donc attendre des circonstances plus favorables
pour juger du potentiel de la Ferrari 296 GT3 Evo. Peut-être dès les 12 Heures de Sebring, mi-mars.
Premiers retours de Michelin
Voilà un autre sujet qui intéresse Ferrari. Manufacturier officiel de l’IMSA, Michelin faisait débuter deux nouvelles gammes pneumatiques à Daytona. En GTD et GTD Pro, le week-end a permis de tirer les premiers enseignements sur les Pilot Sport Pro GT H1+, largement révisés. Leur bon usage sera déterminant en IMSA.
Parallèlement, Bibendum faisait débuter dans la catégorie reine (dite GTP) son inédit Pilot Sport Endurance. Or, celui-ci sera aussi utilisé en Championnat du monde (WEC), dès le mois de mars. Cette monte concernera donc très bientôt la Ferrari 499P, engagée en Hypercar.
Le principal changement concerne les premiers tours bouclés à froid, ont constaté les techniciens du manufacturier clermontois : « La nouvelle gamme apporte une amélioration extraordinaire en termes de mise en régime, explique Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport. Le tour de sortie des stands est en moyenne 5 à 8 secondes plus rapide avec le pneu médium 2026 par rapport à la génération
précédente, toutes voitures confondues ». Au siège du programme endurance du Cheval cabré, on est
sans doute déjà en train d’alimenter la base de donnée avec ce type d’informations…