
Ce week-end, la Ferrari 296 GT3 Evo a remporté sa première victoire. Et la Lamborghini Temerario a effectué des débuts encourageants.
C’était le week-end des premières. A l’occasion des 12 Heures de Sebring, deuxième manche du championnat nord- américain IMSA, Ferrari et Lamborghini peuvent afficher un bilan positif.
Côté Maranello, la 296 GT3 Evo a remporté sa première victoire en compétition dans la catégorie GTD, deux mois après ses débuts à Daytona. Côté Sant’Agata, la Temerario GT3 a terminé une course solide, pour ses premiers tours de roues en course.
12 Heures de Sebring 2026
- Porsche n°7 (Andlauer, Heinrich, Nasr)
- Porsche n°6 (Campbell, Estre, Vanthoor)
- Cadillac n°31 (Aitken, Bamber, Vesti)
Vainqueurs LMP2 : Oreca-United n°2 (Fayer, Jensen, McElrea)
Vainqueurs GTD Pro : Porsche n°911 (Bachler, Feller, Preining)
Vainqueurs GTD : Ferrari n°21 (Fuoco, Mann, Wadoux)
Fuoco au sprint
La 296 GT3 Evo, version modifiée de la berlinette engagée depuis 2023, a remporté à Sebring sa première victoire. Simon Mann, Lilou Wadoux et Antonio Fuoco se sont imposés d’un souffle au volant de la n°21 exploitée par l’équipe AF Corse USA.
Le parcours de cette voiture n’a pas été un long fleuve tranquille. La 296 GT3 occupait la première place aux trois quarts de l’épreuve. Dans les trois dernières heures de course, sous le soleil déclinant puis de nuit, la voiture a été retardée par trois pénalités.
Pilote officiel Ferrari en Hypercar comme en GT, Antonio Fuoco a reçu une première sanction pour un contact avec la Ford Mustang n°64 de Ben Barker. L’équipage a ensuite été sanctionné pour une infraction aux procédures de ravitaillement. Il a enfin été retardé par une dernière sanction après un contact avec une autre Ferrari 296 GT3 Evo pilotée par Miguel Molina.
7e à 30 minutes de l’arrivée, Antonio Fuoco a remonté le peloton avant de parvenir au 2e rang à l’abord du dernier tour. L’Aston Martin n°27 pilotée par Tom Gamble occupait alors le premier rang. Mis sous pression par Fuoco, le Britannique partit à la faute à moins de 3 km de l’arrivée, ouvrant la porte à la Ferrari en vue du drapeau à damier.

Quelques minutes après son exploit, le pilote calabrais apparaissait tout sourire au micro de NBC Sports :
« C’était vraiment une course chaotique, avec des petites erreurs, mais à la fin on a réussi à tout mettre ensemble, je veux remercier parce qu’on a poussé et cru dans cette course »
« J’ai vu une petite erreur dans le dernier tour, au virage 10. J’ai vu l’opportunité et j’ai essayé d’aller vers l’extérieur. C’était une course dure mais amusante ».
Wadoux victorieuse
Pilote officielle Ferrari, la Française Lilou Wadoux est la première femme à s’imposer aux 12 Heures de Sebring depuis Christina Nielsen. Cette dernière avait remporté la course en catégorie GTD en 2016 à bord d’une Ferrari 488 GT3.
« En essais libres, nous avons rencontré quelques soucis. Nous n’étions pas vraiment prêts pour la course, a expliqué Lilou Wadoux à nos confrères d’Endurance Info. Mais au final, l’équipe a fait un travail incroyable, tout comme mes coéquipiers. Nous avions une très bonne voiture pour la course dans l’ensemble, pas seulement la nuit ».
« Après les débuts de la voiture à Daytona en janvier, nous avons obtenu un résultat remarquable à Sebring dans la très compétitive catégorie GTD, s’est félicité Antonello Coletta, responsable mondial de l’endurance et de Corse Clienti chez Ferrari. Nos pilotes ont réalisé une performance extraordinaire jusqu’aux derniers tours pour atteindre ce cap historique ».

Satisfaction chez Lamborghini
Ce samedi marquait également les débuts en compétition de la Lamborghini Temerario GT3. L’exemplaire unique, exploité par Pfaff Motorsports, était confié dans la catégorie GTD Pro à trois pilotes « usine » de la marque.
La voiture n°9 a bouclé les 12 Heures au 10 e rang dans la catégorie GTD Pro, à un tour de la Porsche victorieuse dans cette classe très relevée.
Andrea Caldarelli, Franck Perera et Sandy Mitchell se sont partagés le volant sans rencontrer de souci majeur sur un circuit bosselé, réputé intraitable pour les mécaniques.
Seul un léger problème de freins a été signalé dans le sprint final sur les antennes de NBC Sports, diffuseur de la course aux Etats-Unis. La voiture est restée 4 minutes et 30 secondes à son box en fin d’épreuve. Un problème mineur qui ne met pas en doute la nature encourageante de ces débuts.
Sur les longs relais, la Lamborghini tournait à environ 1 seconde des meilleures, malgré une balance de performances (BoP) plutôt défavorable. Rappelons que ce système doit équilibrer les chances de voitures très différentes.
Les organisateurs tendent à se montrer prudents sur des nouvelles voitures, comme ce fut le cas en début d’année pour la Ferrari « Evo » lors de la manche d’ouverture à Daytona.
Ce week-end « Lambo » pesait ainsi 1 351 kg contre 1 335 kg à la Ferrari 296 GT3 Evo, ou 1 323 kg pour l’Aston Martin Vantage GT3 Evo.
La nouvelle voiture a été largement conçue en interne quand l’Huracan GT3, sa devancière, partageait nombre de composants avec l’Audi R8. La voiture avait bouclé 15 000 km à Vallelunga, Monza, Imola, Daytona et Sebring avant ce premier engagement en compétition.

Parmi les enjeux des prochains mois figurera l’adaptation de la nouvelle voiture à ses pneumatiques. En IMSA, Michelin dispose d’un partenariat avec les organisateurs courant jusqu’à 2035. Dans d’autres championnats, la Lamborghini exploitera d’autres marques de pneumatiques.
Cette année, Bibendum a lancé sa gamme pneumatique évoluée nommée Pilot Sport Pro GT H1+ destinée aux catégories GTD et GTD Pro du championnat nord-américain.
La marque devra donc travailler sur le comportement de sa nouvelle voiture avec cette monte. Températures, constance, dégradation seront attentivement surveillées et alimenteront
les modèles de simulation en vue des prochaines sorties.
Lamborghini a profité de l’épreuve pour annoncer l’arrivée à la tête de son département sport mécaniques d’Andrea Reggiani. Sa première mission – faire de la Temerario GT3 une référence côté compétition-client – semble bien partie.
