
L’histoire de certaines voitures dépasse largement la mécanique. Elle raconte une passion, un parcours et parfois même une obsession. C’est exactement le cas de Jeroen Westerhuis, un Alfiste néerlandais de 46 ans qui, après treize années passées au volant d’une Alfa Romeo 75 1.6, a finalement trouvé la version ultime du modèle : une Alfa Romeo 75 3.0 V6.
Une histoire racontée par Autoweek, qui illustre parfaitement l’attachement que certains passionnés peuvent avoir pour la berline sportive italienne… et pour son moteur le plus mythique.
Treize ans avec une Alfa Romeo 75 avant de viser la version ultime
Pendant treize ans, Jeroen Westerhuis a roulé avec une Alfa Romeo 75 équipée du modeste moteur 1.6. Une voiture qu’il appréciait énormément, mais qui ne représentait pas tout à fait le sommet de ce que la 75 pouvait offrir. Au fil du temps, l’idée d’acquérir la version ultime s’est imposée : la 75 équipée du célèbre V6 Busso, dans sa déclinaison 3.0 litres.
Mais trouver l’exemplaire parfait n’a rien d’évident. Jeroen ne voulait pas n’importe quelle voiture. Il cherchait un modèle dans un état irréprochable et aussi proche que possible de l’origine. Après avoir inspecté plusieurs Alfa Romeo 75 V6, y compris des versions 2.5 plus anciennes, il finit par tomber sur un exemplaire très particulier, livré neuf aux Pays-Bas en 1987. Le coup de foudre est immédiat.
L’auto appartenait à l’origine à un passionné de voitures qui l’a conservée jusqu’en 2010. Elle a ensuite été reprise par un membre de sa famille qui l’a choyée pendant près de quatorze ans. Finalement mise en vente chez un spécialiste Alfa Romeo à Nunspeet, elle n’est restée que peu de temps en showroom avant que Jeroen ne se présente. Pour lui, c’est clair : il vient de trouver une véritable perle rare.
Une passion pour Alfa Romeo née… devant la télévision
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Jeroen n’a pas grandi dans une famille de passionnés d’Alfa Romeo. Son père conduisait une Fiat Uno, une voiture bien plus modeste.
Pourtant, la passion pour les italiennes est apparue très tôt. Enfant, il se souvient avoir vu passer à la télévision une voiture rouge qui l’avait immédiatement marqué. Plus tard, il découvrira qu’il s’agissait d’une Alfa Romeo Giulia Sprint GT. La graine était plantée.
Dans les années 1990, il admire particulièrement l’Alfa Romeo 155 et le Coupé Fiat, rêvant déjà d’une 155 « wide body » comme première voiture. À cette époque, il commence aussi à collectionner des miniatures Alfa Romeo à l’échelle 1/43, une passion qu’il entretient encore aujourd’hui.
Sa première vraie Alfa sera finalement une Alfa Romeo 146, achetée après avoir obtenu son permis et économisé suffisamment d’argent. Depuis, il n’a jamais vraiment quitté la marque : MiTo, Giulietta et aujourd’hui une Giulia moderne servent de voitures du quotidien.
Une seule Alfa Romeo qui l’a déçu
Tous les modèles n’ont toutefois pas laissé un souvenir impérissable. Parmi les Alfa Romeo possédées par Jeroen, une seule ne l’a pas convaincu : une Spider type 916 équipée du V6 et de la traction avant.
Sur le papier, elle avait tout pour plaire. Dans la réalité, la déception a été rapide. Selon lui, la voiture était trop lourde et la rigidité de la carrosserie laissait à désirer. Résultat : il s’en est séparé après seulement trois mois. Une parenthèse qui n’a pas entamé son attachement à la marque.
Une Alfa Romeo 75 presque parfaite
La 75 V6 qu’il possède aujourd’hui est dans un état remarquable. L’extérieur, l’intérieur et même le dessous de la voiture sont quasiment impeccables, comme si elle venait tout juste de sortir du catalogue.


Jeroen a néanmoins réalisé quelques modifications discrètes. Il a notamment repeint les baguettes latérales pour retrouver un noir profond, un travail minutieux réalisé sans démonter les pièces afin d’éviter de casser les clips d’origine.


Les jantes ont également été remplacées par une reproduction fidèle des célèbres Ronal A1, très difficiles à trouver aujourd’hui. Les roues d’origine sont conservées précieusement dans son garage. Autre différence avec son ancienne 75 : celle-ci est restée sur ses ressorts d’origine. Et selon lui, c’est finalement un choix judicieux.


La voiture offre un comportement routier plus équilibré, notamment grâce à la fameuse architecture transaxle, avec la boîte de vitesses et l’embrayage positionnés à l’arrière près du différentiel. Une configuration héritée de l’Alfetta qui permet une excellente répartition des masses.
La dernière « vraie » Alfa Romeo ?
Présentée en 1985 pour célébrer les 75 ans de la marque, l’Alfa Romeo 75 est souvent considérée comme la dernière véritable Alfa Romeo avant l’ère Fiat.
Basée sur la plateforme de la Giulietta, elle conserve l’architecture transaxle chère aux ingénieurs de la marque. Au fil des années, elle sera proposée avec de nombreuses motorisations : des quatre cylindres de 1.6 à 2.0 litres, un diesel, mais aussi plusieurs V6.
La version la plus emblématique reste bien sûr la 3.0 V6, développant jusqu’à 188 ch. Aux États-Unis, elle est même commercialisée sous le nom de Milano Quadrifoglio.
La carrière de la 75 s’achèvera en 1992, remplacée par l’Alfa Romeo 155 à traction avant. Au total, 386 767 exemplaires auront été produits.
Bientôt 40 ans… et toujours prête pour l’Italie
Aujourd’hui, la 75 V6 de Jeroen affiche environ 132 000 km et n’a quasiment nécessité aucun entretien depuis son achat en 2024, preuve du soin apporté par ses précédents propriétaires.
L’année prochaine, la voiture atteindra les 40 ans, ce qui la rendra exonérée de taxe automobile aux Pays-Bas. Mais pour son propriétaire, l’essentiel est ailleurs. Le projet est déjà tout trouvé : prendre la route vers l’Italie, le pays qui a vu naître cette berline devenue culte. Et avec le chant du V6 Busso, le voyage promet d’être mémorable.
