
Milano Works a été fondée en 2017 par Carlo Milano, qui est né et a grandi à North Vancouver. Un nom prédestiné pour travailler sur le modèle dont nous parlons aujourd’hui ! Après ses études secondaires, Carlo a commencé à travailler chez MCL Porsche à Vancouver tout en préparant sa certification de technicien. Une fois sa certification en poche, il a travaillé pendant plus de cinq ans dans un garage, où il a acquis une expérience considérable sur tous les types et modèles de véhicules, avant de se lancer dans sa propre aventure.
75, la dernière vraie Alfa ?
L’Alfa Romeo 75, commercialisée de 1985 à 1992, est pour certains puristes la dernière véritable Alfa Romeo « indépendante », avant l’intégration complète du Biscione dans le groupe Fiat en 1986-1987. C’est aussi la dernière propulsion arrière de la marque avant la Giulia de 2015. En Europe, elle porte le nom 75 (en hommage aux 75 ans de la marque), tandis qu’aux États-Unis et au Canada, elle s’appelle Milano pour éviter toute confusion avec l’âge anniversaire.

Son architecture est unique : moteur avant, propulsion arrière avec transaxle (boîte de vitesses et différentiel placés à l’arrière), ce qui donne une répartition des masses presque parfaite à 50/50. La suspension arrière De Dion contribue à son équilibre et à son comportement routier légendaire, souvent considéré comme l’un des meilleurs des berlines sportives des années 80.
Si l’Europe a eu droit à des 4-cylindres Twin Cam de 1.6 à 2.0 litres ainsi que les V6 Busso 2.5 et 3.0 litres, aux États-Unis et au Canada, presque toutes les voitures furent équipées du V6 Busso 2.5 litres (154 ch) ou 3.0 litres (183-188 ch). Celle-ci, version Verde/Quadrifoglio, est la plus recherchée avec environ 900 exemplaires produits, kit carrosserie, différentiel à glissement limité, sièges Recaro et jantes Speedline « téléphone”.
Si le son rauque et magique du V6 Busso, la conduite pure sans assistances électroniques envahissantes et la direction précise furent plébiscitées, d’autres furent déçus par un look cunéiforme, mais surtout une corrosion marquée (bas de caisse, longerons, arches de roues), des synchros de boîte fragiles et, pour la version Nord-Am, des pare-chocs gros et disgracieux, règlementation oblige.
La préparation turbo par Milano Works
L’Alfa Romeo 75 de Milano Works, équipée d’origine avec un V6 Busso 3.0 litres atmosphérique, a été convertie en version turbo. Révélée sur Instagram à partir de 2021, elle est décrite comme un « Alfa 75 3.0 V6 turbo build » et qualifiée par Carlo de « l’une des plus belles Milano » qu’il ait vues. D’autres prépérations Busso “turbo” ont déjà été évoqués précédemment, notamment en Time Attack, car le célèbre moteur V6 est connu pour bien encaisser la turbocompression.


Un turbo seul massif a été installé, avec un compresseur aluminium poli visible (probablement Garrett GT28/GT30 ou équivalent, mais l’information était difficile à trouver). Admission et charge : gros filtre conique style K&N, piping en alu poli et durites siliconées bleu vif très épaisses (pipes d’admission et de charge), intercooler monté à l’avant. Échappement : en alu poli, collecteurs custom (teinte dorée/or), wrap thermique argenté sur la partie chaude.
Culasse et distribution : ressorts de soupapes renforcés (visibles dorés ou chromés). Gestion du moteur : ECU standalone (boîtier visible avec faisceau custom bleu/jaune/rouge), sonde large bande pour un réglage précis du mélange air/carburant. Refroidissement : réservoirs auxiliaires, durites haute performance, refroidisseur d’huile additionnel probable.

Esthétique globale : culasses repeints rouge vif, accents bleu dominant partout, isolation thermique tissée beige/marron, présentation très propre façon “show-car”.
Un look supertourisme
Du bel ouvrage ! Alors que les versions V6 Busso “stock” étaient données pour 183-188 ch, ce setup est estimé aux alentours des 300-400 chevaux, avec un couple qui doit frôler les 400-500 Nm possiblement. La fiabilité ne pose pas de souci, pour un usage piste également, si le boost reste modéré (<1,2 bar), avec intercooler performant et alimentation carburant renforcée. À plus haut niveau, des pistons et bielles forgés deviennent nécessaires en général.



La bête a également été “coursifiée” en reprenant le design de la 75 WTCC aux ailes élargies : roll cage, portes allégées, spoiler avant et gros spoiler arrière avec écussons QV, mais aussi un capot en carbone spécifique, avec les fixations course.


Cette préparation est un magnifique exemple de ce qu’un petit atelier passionné peut accomplir sur le mythique V6 Busso : transformer une berline déjà racée à l’origine en machine performante, visuellement agressive et fidèle à l’esprit Alfa. La video ci-dessous, tournée il y a plusieurs mois, montre la préparation moteur dans la voiture, avant les modifications de carrosserie.
