FCA : et si l’avenir passait par la Corée ?

Nouvel épisode de la série « Sergio recherche alliance désespérément » et nouveau rebondissement. [ à lire avec second degré, tel un feuilleton qui nous tient néanmoins en haleine…)

Résumé des épisodes précédents…

Après l’épisode de danse du ventre infructueuse envers Mary Barra, sa bien-aimée et compatriote américaine, à retrouver ici,  puis une vaine tentative envers la toute puissante famille régnante d’Europe, la Volkswagen (à relire sur le même lien), nous nous étions arrêtés à un moment de doute qui laissait la future mariée FCA livrée à elle-même, en proie à l’incertitude au point d’être prête à se laisser dévorer ou dépecer vivante par un ogre chinois (à relire ici).

Alors, FCA, en proie à un trouble quasi-suicidaire qui la laisserait tomber dans les mains d’un quelconque et obscur milliardaire chinois à l’appétit féroce ?

FCA et Hyundai ? Une histoire sérieuse ?

Que nenni ! Notre feuilleton rebondit aujourd’hui avec l’arrivée dans la course de la belle, riche, puissante et fière princesse de la maison Hyundai. Orgueilleuse, fière de ses origines, farouchement attachée à son indépendance nationale, la belle Hyundai, 5ème puissance de ce monde automobile avec sa soeur jumelle Kia, ne faisait pas figure de potentielle union. La Corée du Sud, ce lointain pays, protectionniste à l’envi, à l’image des puissantes maisons japonaises voisines, de culture si différente bien que désireuse d’apprendre des autres, capable de rivaliser et de dépasser en un rien de temps les grandes gloires européennes ou américaines, cette puissante maison indépendante en toutes circonstances, serait-elle la partenaire idéale d’un Sergio qui cherche à marier sa chère FCA à tout prix, dans le but tout à fait avoué de diminuer les frais de recherche et développement, partager les coûts et rester dans la compétition mondiale ? C’est en tout cas la rumeur (et l’épisode) du jour…

On apprend en effet que, tout à la recherche de profits, d’économies et de retours rapides sur investissement pour des actionnaires toujours plus impatients et gourmands, notre Sergio bien-aimé aurait pour projet de casser les codes et de renverser la table en étant prêt à faire ce que d’aucuns n’auraient jamais imaginé : la fusion avec Hyundai !

On apprend par des sources proches du dossier que notre éternel Casanova de l’automobile utiliserait le chinois Great Wall comme d’un moyen de harcèlement envers des partenaires beaucoup plus intéressants. Alors, les Chinois dindons de la farce ? Les mêmes sources assurent en effet que c’est Marchionne lui-même qui aurait lancé ces rumeurs de potentiels compagnons de route chinois après avoir été évincé par Mary Barra puis la firme de Wolfsburg.

Malgré tout, les Coréens n’auraient pas tardé à faire démentir le projet, par la voix de Jim Trainor, porte-parole de Hyundai aux États-Unis, qui a déclaré que la société n’a pas à commenter « les rumeurs du marché ». Alors, simple « circulez, y a rien à voir » ? ou bien démenti trop rapide et trop mou pour véritablement être convaincant ? Nul ne le sait sauf les protagonistes principaux.

La fin des soupirants chinois ?

Une source proche du dossier (c’est bien pratique, ces sources !) a déclaré que Marchionne – qui est chez lui dans les salles du Congrès américain comme dans les capitales européennes de Rome, Paris et Berlin – était pleinement conscient que toute fusion entre un groupe automobile chinois et FCA serait bloquée par les États-Unis et la très protectionniste administration Trump, qui sourcille à la moindre évocation du mot « Chine » !

Alors, puisqu’il ne faut pas fâcher l’un des hommes les plus puissants du monde, capable de faire la pluie et le beau temps dans bien des domaines, notre entremetteur attitré aurait décidé de vues plus tactiques.

La notion d’une entreprise chinoise reprenant une telle icône américaine que la Jeep soulève des [hoquets] non seulement de l’administration Trump, mais de presque tous les membres de la délégation du Congrès du Michigan », a déclaré un avocat de la Washington M & A (fusions et acquisitions).

Mais Marchionne en aurait été très conscient dès le début et, en bon joueur de poker qu’il est et à toujours été, il se serait servi des cris d’orfraie poussés à l’idée d’un rachat chinois d’un groupe en partie américain, pour pousser la direction politique américaine à davantage consentir à un rapprochement avec un coréen. Entre deux maux, le moindre ?

Quel intérêt pour la discrète Hyundai  ?

A la différence de son rival japonais Toyota, la belle et discrète Hyundai est en retard relatif sur le marché américain et, plus avantageux surtout, pourrait prendre en charge le réseau de distribution de Chrysler et acquérir la marque emblématique Jeep pour combler ce léger retard et surtout renforcer sa puissance sur le continent américain et même dans le monde où la firme asiatique est de toute façon présente (Europe, Amérique du Sud, Asie…).

Quel intérêt pour FCA la célibataire ?

On le sait, pour Marchionne, la mariée FCA est belle mais encore loin d’être totalement désirable. Héritière d’une maison aristocratique qui s’est ruinée en investissements hasardeux et en stratégie erronée, il a fallu tout le talent du puissant directeur général pour éponger les dettes, assainir les finances, relancer la machine et sauvegarder le blason illustre d’une entreprise familiale en quasi-ruine. Fidèle au darwinisme et à sa « survie du plus apte », Marchionne  a fait rénover la maison Fiat et a cherché toutes les opportunités lui permettant de rester dans la course, de grossir et de maintenir sa position, pour financer les lourds investissements demandés et offrir un rapide retour aux actionnaires non-philanthropes.  Mission en partie réussie avec les premières noces avec Chrysler. Mais l’affaire digérée, il faut désormais poursuivre le travail et chercher encore ailleurs de quoi satisfaire à ces hautes dépenses.

La poursuite agressive de Marchionne d’un partenaire de fusion pour FCA s’explique aussi par la surcapacité de l’industrie automobile et la pression exercée par les actionnaires majoritaires. Le président de FCA et le patriarche de la famille John Elkann s’intéressent d’ailleurs beaucoup plus aux médias qu’à l’automobile.

Quel intérêt pour chacun des deux ?

Contrairement à une fusion avec GM, qui entraînerait une casse sociale énorme en Amérique du Nord, où avec la puissante famille VW, avec les mêmes effets en Europe, ce qui soulèverait des vagues de protestation en Allemagne comme en Italie,  Hyundai et FCA, s’ils convolaient ensemble, seraient confrontés à un nombre restreint de chevauchements d’usines et de produits manufacturés aux États-Unis et en Europe. Hyundai n’y possède que deux domaines de production : à Montgomery, en Alabama pour Hyundai (Hyundai Santa Fe, Sonata et Elantra) et à West Point, en Géorgie (Santa Fe, Sorento) pour sa soeur Kia.

De surcroît, Etats-Unis et Corée du Sud ont d’intenses échanges économiques et commerciaux. En effet, il existe un accord de libre-échange entre les États-Unis et la Corée du Sud (KORUS FTA), sans compter les liens politico-militaires très étroits entre ces deux Etats depuis 1945. (notamment à cause des risques de prolifération nucléaire de la Corée du Nord). Ainsi, pour Marchionne pousser en avant les Chinois pour exciter les mécontentements politiques et ensuite rendre une fusion Hyundai-FCA plus agréable à l’administration Trump ?

En tout cas, un proche du pouvoir a déclaré : « Je ne veux pas paraître trop cynique, mais tout le staff de la direction de Hyundai, doit faire annoncer plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles usines automobiles et des milliers de nouveaux emplois américains dans les États de Virginie-Occidentale, Michigan, Ohio. . Alors, les Sud-coréens seraient-ils davantage complices dans cette union qu’ils n’osent le dire ?

Marchionne, redoutable joueur de poker ? En tout cas, sa poursuite agressive de Mary Barra de GM serait censée montrer la détermination de FCA à trouver un bon partenaire de fusion. Une affaire qui rebondira visiblement bientôt dans un nouvel épisode de « Sergio cherche alliance désespérément »

 

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